Guinée : Pourquoi le Conseil national des jeunes peine à “se bouger”?
CONAKRY- Le Conseil national des jeunes de Guinée (CNJG), a été mis en place à travers une cérémonie de présentation et d’installation des élus de cette structure, le lundi 25 septembre 2024, dans la salle de l’hémicycle de l’Assemblée nationale au Palais du peuple, en présence de l’ex Premier ministre Bernard Goumou, avec à ses côtés, Lansana Béa Diallo, l’ex ministre de la Jeunesse et des Sports, architecte de cette structure. C’est une plateforme qui a vu jour après plus de vingt ans d’absence. Sa fonction est de mieux défendre les intérêts des jeunes guinéens et pouvoir participer pleinement aux instances de prises de décisions dans le pays.
Un an après son installation et sa présence officielle, le Conseil national des jeunes de Guinée peine à fonctionner normalement. Tenez, de nos jours, la structure n’a même pas de siège social. A cela s’ajoutent d’autres préoccupations et non les moindres : absence d’un décret d’institutionnalisation, manque de budget de fonctionnement, pas de moyens de mobilité pour les agents des 400 bureaux existants dans le pays, etc. Tous ces éléments sont [pourtant] utiles pour l’automatisation de cette structure de jeunes.
Ces préoccupations sont souvent évoquées par des responsables du bureau exécutif du CNJ envers les décideurs, notamment leur département de tutelle, mais à date, aucune suite favorable.
“Nous cherchons à avoir une audience avec le président de la République pour échanger sur certaines choses…”, nous a confié une source au sein du bureau exécutif du conseil national des jeunes, “mais ça n’a pas été possible pour le moment”, poursuit notre interlocuteur.
Tout porte à croire que les démarches relatives à l’obtention d’une audience avec le président Doumbouya, s’inscrivent dans le but de plaider afin d’avoir un décret d’institutionnalisation.
“Effectivement, le bureau exécutif national n’a pas encore de siège, après plus d’un an. Mais cela ne veut pas dire que le ministère a refusé catégoriquement ou que l’État aussi a refusé de le mettre en place… Ils ont même fait des propositions, en disant de nous héberger en attendant qu’on trouve un local. Mais avoir un siège, ça ne dépend pas que du ministère de la jeunesse. Il y a beaucoup de choses qu’il faut voir. Au contraire, il y a des bureaux communaux, régionaux qui ont des sièges. C’est dans des maisons des jeunes que la plupart de ces bureaux se trouvent”, a expliqué Cheick Sékou Berthe, essayant de défendre tacitement le département dirigé par Keamou Bogola Haba.
Toutefois, le ministre de la Jeunesse et des Sports, est le principal accusé pour avoir fait ombrage à l’évolution du CNJG. Une source indique que Keamou Bogola Haba aurait fermé ses portes aux responsables du conseil national des jeunes de Guinée, en vue d’éviter tout échange relatif aux préoccupations soulevées ci-dessus.
Cependant, en ce qui concerne ces cris de cœur des membres du CNJ, le ministère de la Jeunesse et des Sports nous a confié que des efforts sont en train d’être faits et a demandé patience
“A la mise en place du conseil, il était question de créer un environnement adéquat pour qu’il puisse effectivement assumer ses missions. Et pour cela, le ministère a donnés des instructions à notre direction. Alors au niveau national effectivement, puisque c’est une question de représentativité, il fallait trouver un bureau pour pouvoir servir de siège pour eux. Donc pour cela le ministère a écrit un courrier à la direction à la direction générale du patrimoine bâti pour la mise à disposition d’un bâtiment administratif. Mais puisque vous savez, les bâtiments administratifs sont quasiment quasiment tous occupés. Mais c’est les demandes sont examinées au cas par cas. Mais nous avons exploré une seconde alternative. Cétait de trouver un bâtiment et leur donner ce bâtiment. Mais on n’avait pas de ligne budgétaire pour l’année passée dédiée à cela”, a expliqué le directeur national de la Jeunesse.
Il ajoute que le ministère de la jeunesse a conjointement mené des démarches avec le CNJ à la primature et à la présidence au CNT pour pouvoir trouver une ligne budgétaire. Ainsi, cette ligne budgétaire en question a été votée. Elle accorde 1 milliard de francs guinéens au Conseil national des jeunes de Guinée, selon les informations.
Autre préoccupation des membres du CNJ, c’est l’institutionnalisation de leur structure. “Les procédures administratives sont en train de suivre leur cours normal au niveau du circuit financier. Et aujourd’hui, nous avons initié un décret pour institutionnaliser le CNJ, parce que c’est déjà un organe légal, parce qu’ils sont issus des élections et pour donner une certaine force à la chose à l’image des autres pays, nous avons dit que le conseil va être institutionnalisé par un décret. Et ce projet de décret, nous l’avons initié avec le CNJ, pour pouvoir vraiment donner un caractère purement inclusif à la chose. Donc ce projet de décret va être déposé très prochainement à qui de droit, pour que le CNJ soit institutionnalisé”, martèle M.Ibrahima Kalil Kourouma, Directeur national de la Jeunesse.
“ Moi je me dis que c’est vrai, la jeunesse que nous sommes à peu plus de 77,3%. Je vois qu’ils sont élus pour un mandat de 3 ans renouvelable. Donc ils veulent aller vite, ils veulent faire vite les choses. Ils sont dans leur droit, surtout quand on est jeune, on veut tellement bien faire que des fois on veut aller très vite. Mais sauf que l’administration a ses réalités, la vie elle-même des fois a ses réalités. Il faut qu’on accepte de suivre le cours normal des choses pour pouvoir vraiment débloquer les choses”, a conclu M.Kourouma.
Il rassure de nouveau que les portes du ministère de la Jeunesse et des Sports ne sont pas fermées aux membres du CNJ. “Je les invite à se ressaisir…”, a-t-il lancé.
Il faut noter que le bureau exécutif du CNJ compte organiser une conférence de presse la semaine prochaine pour briser le silence sur ses préoccupations, nous a confié notre informateur au sein de ladite structure.
A suivre
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 novembre 2024 18:48
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