Guinée : Le MATD fixe un ultimatum aux partis politiques, la dissolution menace les retardataires
CONAKRY – Le paysage politique guinéen entre dans une nouvelle phase de turbulences administratives. Ce mercredi 25 février 2026, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), M. Ibrahima Kalil Condé, a fixé un ultimatum de trois mois aux formations politiques pour se conformer à la nouvelle loi organique. À défaut, la sanction sera sans appel : la dissolution pure et simple.
Cette décision fait suite à la promulgation de la loi organique L 2025-035-CNT du 21 novembre 2025. Dans le communiqué lu à la télévision nationale, le ministre a rappelé le caractère impératif de cette transition juridique: « En application expresse de l’article 51 de ladite loi organique, tous les partis politiques légalement constitués à la date de sa promulgation disposent d’un délai transitoire impératif de six mois allant du 25 novembre 2025 au 25 mai 2026 pour se mettre intégralement en conformité avec les nouvelles exigences légales ».
La menace de la « mort juridique »
Le 25 mai 2026 sera une date couperet. Les partis qui n’auront pas déposé leurs dossiers complet de mise en conformité au secrétariat de la direction générale des affaires politiques cesseront d’exister légalement. « À l’expiration de ce délai, tout parti politique n’ayant pas satisfait aux obligations prévues par la loi perd automatiquement son statut juridique sans préjudice des autres sanctions prévues par les textes en vigueur. À cet effet, le ministre rappelle que durant le délai susmentionné, les partis politiques sont tenus de procéder à une mise en conformité complète de leurs textes, structures, organes et pratiques. »
Les nouvelles exigences
Parmi les pièces exigées pour constituer le dossier (en quatre exemplaires), plusieurs points marquent une rupture. Le gouvernement exige désormais une preuve de l’alternance interne, un ancrage territorial prouvé dans les 33 préfectures, et surtout une promotion réelle des femmes.
« Le dossier de mise en conformité doit comprendre obligatoirement […] la liste nominative des membres des organes de direction faisant apparaître un quota d’au moins 30% de femmes dans les organes décisionnels de la base au sommet. […] Les copies des titres de propriété ou des contrats de bail relatifs au siège national et au siège local implanté dans chacune des 33 préfectures », précise le Ministre Kalil Condé.
En plus de ces critères logistiques et de genre, les dirigeants politiques devront montrer patte blanche sur le plan fiscal : « Le dossier doit comprendre […] le quitus fiscal individuel de chacun des membres de l’organe dirigeant (Bureau Exécutif National) et les procès-verbaux des congrès extraordinaires de mise en conformité régulièrement tenus à tous les niveaux de l’organisation du parti, de la base au sommet », ajoute le document.
Vers une « moralisation » de la vie politique
Pour Ibrahima Kalil Condé, cette réforme n’est pas une simple contrainte bureaucratique, mais une étape nécessaire pour assainir l’espace civique.
« Le gouvernement de la République de Guinée réaffirme son engagement à accompagner les partis politiques dans ce processus de mise en conformité en vue de la consolidation d’une démocratie forte, inclusive, responsable et respectueuse des valeurs républicaines. Le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation sait compter sur la bonne compréhension, la responsabilité et la collaboration de l’ensemble des acteurs politiques. »
Alors que l’échéance du 25 mai 2026 approche à grands pas, de nombreux partis politiques vont devoir engager une course contre la montre pour organiser leurs congrès et régulariser leurs baux à l’intérieur du pays.
A suivre!
Africaguinee.com
Créé le 25 février 2026 22:05Nous vous proposons aussi
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