Guinée : L’Ambassade de Chine forme des cadres aux technologies de production et de transformation des cultures tropicales

CONAKRY- Trente cadres guinéens du secteur agricole viennent de clore un mois de formation intensive organisée par l’Ambassade de Chine et l’Académie Chinoise des Sciences Agricoles Tropicales (CATAS). Entre techniques de pointe, immersion sur le terrain à Kindia et échanges culturels, cette initiative conjointe s’inscrit au cœur des ambitions du programme Simandou 2040 pour transformer l’agriculture locale et viser l’autosuffisance alimentaire.

Les bénéficiaires de ce programme de renforcement de capacités sur les technologies de production et de transformation des denrées alimentaires tropicales et des arbres fruitiers en Guinée ont reçu leurs satisfécits ce mercredi 30 septembre 2026. La cérémonie de remise s’est déroulée dans l’enceinte de l’Ambassade de Chine en Guinée, réunissant des membres du cabinet du diplomate chinois et des représentants du ministère de l’Agriculture.

Cette formation de 30 jours a été financée par l’Ambassade de Chine en Guinée et dispensée par l’Académie Chinoise des Sciences Agricoles Tropicales (CATAS). Les participants sont issus du ministère de l’Agriculture (20 cadres), du ministère du Plan et de la Coopération internationale (5 cadres) ainsi que d’une structure chinoise (5 cadres).

L’équipe d’encadrement dépêchée par la CATAS était composée de cinq experts et d’une interprète. Les contenus dispensés ont été rigoureusement adaptés aux réalités et aux besoins du secteur agricole guinéen, en ciblant des cultures telles que l’ananas, la banane, la mangue, le manioc, la patate douce et le riz.

Les modules ont couvert plusieurs domaines : les itinéraires techniques, la sélection variétale, les cultures normalisées, la gestion de la floraison et de la fructification, ainsi que la protection des cultures et la lutte intégrée et écologique contre les ravageurs et les maladies.

Les volets de la mécanisation et du post-récolte ont également été abordés. Les participants ont été formés à l’utilisation des équipements agricoles, à la réduction des pertes post-récolte, à la conservation, à l’entreposage et au transport. Ils ont en outre acquis des compétences en matière de transformation approfondie et de valorisation des sous-produits agricoles.

« Afin de garantir un apprentissage concret, la formation a combiné diverses méthodes pédagogiques : cours thématiques, tests de connaissances, supports vidéo, travaux de groupe, travaux pratiques et visites de terrain. Une immersion a notamment été organisée à la station expérimentale de Kindia, rattachée à l’Institut de Recherche Agronomique de Guinée (IRAG). Sur les parcelles d’ananas, de bananiers et de manguiers, les stagiaires ont exécuté directement des opérations culturales telles que l’ébourgeonnage, le calage des régimes, l’engainage et le tuteurage. Cette approche pratique a permis de consolider les acquis théoriques sur le terrain », a expliqué le Professeur OU Wenjun, expert en céréales à la CATAS.

Un échange culturel et humain

Au-delà de l’aspect technique, cette session a constitué un véritable espace d’échanges fraternels, selon les formateurs.

« En dehors des heures de cours, plusieurs activités d’immersion culturelle et sportive ont été organisées : pratique du Ba Duan Jin (gymnastique traditionnelle chinoise), cours d’initiation ludique à la langue chinoise, rencontres sportives (football et basket-ball) et ateliers culinaires, incluant la préparation de pains de manioc selon des techniques chinoises. Ces moments partagés ont renforcé la compréhension mutuelle et consolidé les liens d’amitié entre la Chine et la Guinée », a poursuivi le Professeur OU Wenjun, soulignant que cette immersion d’un mois a permis d’appréhender plus finement la situation de l’agriculture guinéenne.

Pérenniser les acquis de la formation

Au terme de ces trente jours d’apprentissage intense, Fanta Kaba a, au nom des participants, exprimé sa gratitude et sa grande satisfaction quant à la qualité de la formation.

Elle a rappelé que les participants ont bénéficié du savoir-faire des experts chinois dans des domaines clés : production, mécanisation, sélection variétale, conservation post-récolte, transformation et valorisation des produits tropicaux (ananas, banane, manioc, mangue, noix de coco, noix de cajou, patate douce, riz et maïs).

« Ce programme ambitieux constitue pour nous, cadres du secteur agricole, une véritable feuille de route. Il nous interpelle à transformer nos pratiques, à promouvoir l’innovation, à renforcer les chaînes de valeur et à accompagner efficacement les producteurs vers une agriculture moderne, compétitive et durable. Cette formation s’inscrit parfaitement dans la dynamique nationale et représente un investissement stratégique dans le capital humain, indispensable à la réussite des réformes engagées dans le cadre du Programme Simandou 2040 », a déclaré Mme Kaba.

Les participants se sont engagés à pérenniser ces acquis, à contribuer à l’amélioration des rendements, à réduire les pertes post-récolte et à promouvoir les technologies de transformation.

Un partenariat stratégique renforcé

Rappelant l’amitié traditionnelle entre la Chine et la Guinée, le diplomate chinois SUN Yong a souligné que l’agriculture constitue le socle de l’économie nationale et que la sécurité alimentaire touche directement le quotidien de millions de foyers.

« La Guinée dispose d’atouts naturels considérables pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire, voire devenir un pays exportateur de produits agricoles. Grâce à une pluviométrie abondante et à des terres fertiles, la Guinée est un véritable champ d’espoir. Le président Mamadi Doumbouya a placé l’agriculture comme premier pilier du programme Simandou 2040, témoignant de la volonté du gouvernement de moderniser le secteur. En tant que partenaire et pays frère, la Chine soutient fermement le développement agricole guinéen », a affirmé M. Yong.

Le diplomate a également rappelé que depuis le Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine en 2024, la Chine applique un tarif douanier zéro sur l’ensemble des produits guinéens exportés vers son territoire, tout en optimisant le « canal vert » pour simplifier les procédures d’inspection et de quarantaine (notamment pour la noix de cajou et le café).

« Ces mesures réduiront les coûts d’exportation, offriront un marché stable et vaste aux producteurs guinéens, renforceront l’attractivité des investissements agro-industriels et favoriseront la diversification de l’économie. Outre les cultures abordées durant la session, la Chine collabore avec la Guinée sur la riziculture. La Guinée dispose de 2 millions d’hectares de terres propices à la culture du riz. Une exploitation optimale permettra non seulement d’atteindre l’autosuffisance nationale, mais aussi d’exporter vers les pays voisins », a précisé SUN Yong, réitérant la disposition de la Chine à aligner l’initiative « La Ceinture de la Route » sur le programme Simandou 2040.

Une initiative qui vient à point nommé

Pour Félix Lamah, ministre guinéen de l’Agriculture, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision présidentielle plaçant l’agriculture, l’agro-industrie et le commerce au cœur du développement socio-économique du pays.

« Organiser une telle session renforce la dynamique de notre secteur agricole. Nos objectifs sont clairs : atteindre l’autosuffisance en riz à horizon 5 ans, et garantir une autosuffisance alimentaire et nutritionnelle complète d’ici 2040 conformément au programme Simandou 2040 », a déclaré le ministre.

Pour atteindre ces jalons, Félix Lamah a rappelé les cinq enjeux prioritaires :

  1. La recherche agronomique appliquée : développer des semences et variétés améliorées pour accroître les rendements.
  2. L’aménagement et l’irrigation : maîtriser la gestion de l’eau pour produire en toute saison.
  3. Le désenclavement : relier les zones de production aux marchés pour faciliter l’écoulement des récoltes.
  4. Les infrastructures post-récolte : développer les capacités de stockage, de conservation et de transformation pour créer de la valeur ajoutée.
  5. La gouvernance et la structuration : renforcer les capacités de l’ensemble des acteurs des chaînes de valeur.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 30 septembre 2026 19:22

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