Guinée-Enquête Covid-19 : la vaccination a-t-elle diminué les contaminations ?

Dr Sory Condé, responsable du département surveillance de l'Anss

CONAKRY-Pour freiner la propagation de la pandémie de covid-19 en Guinée, les autorités sanitaires ont instauré une batterie de mesures. En plus du confinement  aujourd'hui allégé, des mesures barrières telles que le port de masque, le lavage des mains ont été rendus obligtoires dans les lieux publics. Malgré tout, le pays a connu une seconde vague en début de l'année 2021, alors que la bataille était presque gagné.

Ainsi, pour stopper la chaîne de contamination, l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anss) a, depuis le 5 mars 2021, lancé une campagne de vaccination. Cette opération a-t-elle contribué à diminuer la propagation du virus ? Notre enquête dans certains services de l'administration ?

 « Depuis qu’on a vacciné l’ensemble du personnel de l’Anss, il n’y a pas eu de cas au sein de l’agence. C’est le cas aussi au ministère de la Santé et dans tous les départements. Aujourd’hui, la seule stratégie qui peut arrêter la propagation de la Covid et qui va nous permettre d’enlever les masques c’est la vaccination», explique le directeur de l’Anss (agence nationale de sécurité sanitaire, Dr Sakoba Keita.

La phase pilote de la vaccination a démarré en décembre 2020 avec une vingtaine, explique Sory Condé, chargé d’études au département surveillance de l’Anss. « Au mois de décembre 2020, on a commencé la vaccination pilote. Une vingtaine de personnes a été vaccinée avec le Sputnik V. Nous avons analysé les résultats de cette vaccination qui étaient promoteurs. Finalement, c’est suite à cela que nous avons décidé de lancer la campagne de vaccination au mois de mars passé. Depuis le lancement, nous avons vu que dans ces départements, dont l’Anss, la contamination a presque disparu. Nous n’avons pas détecté de nouveaux cas confirmés. Aujourd’hui, l’espoir est énorme », précise M. Condé.

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La première cible de cette vaccination a été le personnel de l’administration publique. 22 équipes mobiles ont été mises en place, la vaccination se fait en deux temps. Deux doses s'administrent en l'espace de deux semaines. "Nos équipes sont passé donner la première dose de vaccin tant à l’Anss que dans les départements ministériels. Ils ont aussi repassé à partir du 31 avril déjà, pour donner la deuxième dose. La quasi-totalité du personnel de ces départements ou direction ont fini de prendre les deux doses.  Aujourd’hui, nous avons moins de soucis parce que nous n’avons pas de cas de contamination au coronavirus signalés à ce niveau. Même si nous n’avons pas analysé en profondeur les données», ajoute Sory Condé.  

Situation dans les services publics

Au ministère de la jeunesse, des cas ont été enregistrés. En avril, Mouctar Diallo, ministre d’alors a été testé positif. L’actuelle ministre, Assiatou Baldé rassure de la situation dans son département. « Depuis que je suis venue, on n’a pas enregistré de cas. C’est vrai que le ministre Mouctar et tant d’autres, après la campagne, ont attrapé le virus mais depuis que je suis venue on ne m’a pas signalé de cas. Le personnel s’est fait vacciner massivement. Je pense que cela a contribué à faire chuter la contamination. Au ministère ici, le protocole sanitaire est vigoureusement respecté », rassure-t-elle.

Avant la vaccination, deux cas avaient été notifié au département de l’Industrie. « A date, nous avons zéro cas de covid 19», soutient Mme Touré, responsable communication.

En début d’année, le ministère des Affaires étrangères avait été endeuillé, mais de nos jours, la hantise a presque disparus. « A ce jour, je ne suis au courant d’aucun cas de Covid. Au début, il y a eu des cas, le conseil politique du ministre en était mort. Moi-même j’avais été contaminé. Pour l’instant, il n’y a aucun cas avéré de covid-19 à ma connaissance », indique Mohamed Lamine Solano, Conseiller en communication.

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Depuis son lancement officiel le 5 mars, 157 mille 907 personnes ont bénéficié de la première dose de vaccin à Conakry dont 66 mille 776 qui ont eu leur 2e vaccin.  

Le 23 avril dernier, la vaccination a été lancée à l’intérieur du pays. A date, les 33 préfectures sont couvertes avec 49 mille 782 personnes qui ont reçu la première dose dont 164 pour la 2e dose.

Déclaré officiellement le 12 mars 2020, la Guinée totalise 22 853 cas de Covid dont 20 mille 476 guéris et 153 décès hospitaliers. 

 

Aujourd'hui, le Dr Sakoba Keita reste convaincu que seule la vaccination pourra aider la Guinée à finir avec le coronavirus. "Aujourd’hui la seule stratégie qui peut arrêter la propagation de la COVID-19 et qui va nous aider à enlever ces bavettes et de laisser les gens vivre une vie normale c’est la vaccination. Si nous voulons que tout soit libre comme avant, alors vaccinons-nous", appelle l'épidémiologiste.

Depuis le début de l'épidémie, Conakry concentre plus de 80% des malades du pays. Pour couper la contamination, les autorités comptent vacciner plus de 80% des citoyens de la capitale. Le pays a lancé une commande de deux millions de vaccins Johnson&Johnson. Plus de la moitié de ces vaccins, seront utilisés à Conakry, épicentre de l'épidémie. Le pays se fixe comme objectif de finir avec le Covid-19 d'ici mars 2022.

 

Enquête réalisée par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 664-72-76-28

 
Créé le 19 mai 2021 10:01

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