Guinée : Conakry accueille la réunion des directeurs du PEV ouest-africain
La capitale guinéenne accueille plus de 200 participants venus de 17 pays du bloc épidémiologique de l’Afrique de l’Ouest pour la réunion des directeurs du Programme élargi de vaccination (PEV). Les travaux ont été lancés ce lundi 24 novembre et se poursuivront jusqu’au 27 novembre 2025. Cet événement de grande envergure vise à faire le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des programmes nationaux de vaccination, à partager les leçons apprises ainsi que les bonnes pratiques pour atteindre les objectifs nationaux, régionaux et mondiaux fixés pour 2024, et à évaluer le niveau d’application des recommandations issues de la réunion de 2024.
La cérémonie d’ouverture, tenue dans un complexe hôtelier de Conakry, a réuni des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique ainsi que des partenaires techniques et financiers pour le lancement officiel de cette rencontre.

Durant ces quatre jours d’échanges, les participants mèneront une analyse situationnelle afin d’identifier les causes profondes des contre-performances et des épidémies persistantes, à travers des discussions collaboratives et un apprentissage entre pairs.
La réunion offre également un cadre de renforcement des capacités pour les directeurs des programmes nationaux. Elle permettra ensuite de passer en revue et d’aligner les priorités sous-régionales et mondiales, dans un contexte marqué par des évolutions majeures en matière de vaccination et de financement mondial de la santé.
Par ailleurs, il sera question de faire le point sur les performances des programmes nationaux de vaccination, d’évaluer la contribution des pays à la réalisation des priorités nationales, régionales et mondiales en matière de contrôle des maladies évitables par la vaccination (MEV), et de partager les enseignements tirés ainsi que les bonnes pratiques dans la sous-région, avec l’appui des partenaires régionaux et internationaux du PEV.
Dr Oumar Diouhé Bah, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, a affirmé que cette cérémonie d’ouverture marque une page historique pour la Guinée.
« Pour la première fois, la République de Guinée, terre d’hospitalité et de fraternité africaine, accueille la réunion des directeurs des Programmes élargis de vaccination des pays de l’Afrique de l’Ouest. Ce moment est hautement symbolique, mais surtout porteur d’espoir et de perspectives pour la santé publique dans notre région », s’est réjoui Dr Oumar Diouhé.

À travers le programme Simandou 2040, et en particulier son pilier 5 — santé et bien-être —, le président de la République a fait de la vaccination un instrument essentiel de protection des populations, mais aussi un pilier stratégique pour la transformation du système de santé guinéen, selon le ministre de la Santé.
« Je voudrais également saluer chaleureusement nos partenaires techniques et financiers — Gavi, l’UNICEF, l’OMS — ainsi que l’ensemble des autres partenaires, dont l’appui, l’expertise et la fidélité ont permis d’importants progrès dans tous nos pays », a déclaré le ministre.
La vaccination est l’un des outils de santé publique les plus efficaces au monde, a-t-il indiqué en outre. Elle offre des avantages sanitaires, économiques, sociaux et financiers incontestables. Elle demeure l’un des investissements les plus rentables pour nos nations. Grâce aux efforts conjoints des gouvernements et des partenaires, des millions d’enfants africains ont été protégés contre des maladies graves, parfois mortelles.
« En Guinée, les progrès réalisés ces dernières années témoignent de la résilience et de l’engagement de notre pays. Notre retour dans l’Initiative pour l’indépendance vaccinale garantit désormais la disponibilité continue des vaccins essentiels. La couverture vaccinale a connu une progression historique, passant de 47 % à 63 %, selon l’enquête menée par l’OMS et l’UNICEF.
L’introduction pilote du vaccin contre le paludisme a atteint une couverture de 93 % sur la cible initiale. La mise en œuvre pionnière de la coadministration des vaccins contre la polio, validée par l’OMS et l’UNICEF, a été effective dans 100 % des districts. Nous avons également renforcé la chaîne du froid avec plus de 370 réfrigérateurs solaires, des camions et véhicules frigorifiques, ainsi que des chambres froides », a poursuivi Dr Oumar Diouhé Bah.
Selon lui, la formation de plus de 900 agents de santé à la vaccination pratique et la réduction spectaculaire des cas de poliomyélite — passés de 74 en 2023 à seulement 2 en 2025 — sont des résultats qui reflètent l’engagement collectif : celui du gouvernement, des partenaires, des agents de santé et des communautés locales.
Dans les années à venir, la Guinée s’engage à introduire des vaccins stratégiques répondant à ses priorités de santé publique, notamment contre le cancer du col de l’utérus, Ebola et le rotavirus. Ces initiatives seront accompagnées du renforcement des innovations technologiques, de la digitalisation des processus, ainsi que d’une mobilisation accrue des ressources humaines internes, des partenaires et des communautés.
À travers cette démarche, la Guinée illustre qu’il est possible d’allier vision à long terme, investissement judicieux et amélioration concrète du bien-être des populations — un modèle inspirant pour l’ensemble des pays de la sous-région, selon Dr Jean Marie Kipella, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée.

« Depuis la création des Programmes élargis de vaccination, l’Organisation mondiale de la santé estime que plus de 50 millions de vies ont été sauvées dans la région africaine. La première dose du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) a atteint 40 % en 2023, contre 28 % l’année précédente. La même année, la vaccination a permis de sauver 1,8 million de vies dans la région africaine, soit près de la moitié du total mondial.
L’année 2024 a été marquée par des progrès significatifs dans plusieurs pays de la sous-région. En effet, de plus en plus d’États ont introduit de nouveaux vaccins dans leurs programmes nationaux, comme ceux contre le paludisme et la typhoïde », a témoigné le Dr Jean Marie.
Il a salué les efforts remarquables du gouvernement guinéen pour la relance du Programme élargi de vaccination. Cette relance se traduit, selon le représentant de l’OMS, par l’engagement personnel du Premier ministre — champion de la vaccination, ami de la vaccination, donc ami des enfants — ainsi que par le leadership du ministre de la Santé.
En procédant au lancement de cette réunion d’échanges et de partage, jugée très importante pour la Guinée, le chef du gouvernement a indiqué que le pays restaure la confiance et entend la consolider.

« Notre ambition, c’est d’aller au-delà. Bien sûr, dans la vie, il peut y avoir des accidents, mais ces accidents sont toujours des moments de remise en cause pour progresser encore avec plus de force. Et nous allons le faire dès le début de l’année 2026, avec une allocation beaucoup plus importante en termes de ressources pour rattraper ce que nous aurions déjà dû faire en 2025, et pour encourager encore cette progression. Nous allons le faire », a-t-il indiqué.
La vaccination, c’est un atout très important, a rappelé Amadou Oury Bah, chef du gouvernement, qui souligne qu’il est important de se mobiliser pour faire en sorte que les nouveau-nés puissent vivre et grandir avec toute la tendresse de la mère et du père.
« Dans ce cadre, le gouvernement compte promouvoir avec vigueur le processus de vaccination. À cela s’ajoute l’autre pilier de la survie de l’enfant : la nutrition, afin que les deux volets évoluent de manière cohérente à moyen terme pour atteindre l’objectif ultime : la qualification et le développement du capital humain », a-t-il déclaré.

Un enfant qui, jusqu’à l’âge de 5 ans, ne bénéficie pas d’une bonne nutrition est un enfant handicapé à vie, dont les droits de pouvoir jouir pleinement de son potentiel seront anéantis, ajoute le chef du gouvernement, qui estime que ceci est extrêmement important.
« Dans nos écoles, dans nos façons de faire, nous rencontrons des enfants de ce genre et, sans être préparés, nous contribuons à les stigmatiser davantage. Et cela laisse des séquelles qui détruisent et qui ne seront pas curables tout au long de la vie de cet être humain. Le gouvernement guinéen, sous l’impulsion du président de la République, a indiqué que 20 % des revenus tirés du projet minier Simandou seront consacrés au développement du capital humain », a rassuré Amadou Oury Bah.
La santé est un droit constitutionnel, et les États — comme la Guinée aujourd’hui — se trouveront dans l’obligation de faire en sorte que l’accès aux soins devienne un droit constitutionnel.
« Ce n’est plus une option du gouvernement, c’est un droit constitutionnel. Et de ce fait, membres du gouvernement — Premier ministre, ministre du Budget, ministre des Finances, ministres sectoriels tels que celui de la Santé — nous avons l’accord », poursuit-il.
Pour matérialiser cela, le ministère de la Santé va signer les accords pour la construction de 50 autres centres de santé qui seront disséminés sur l’ensemble du territoire national d’ici le 15 décembre de l’année en cours, a annoncé le Premier ministre.
« La Guinée est en train de se doter des moyens permettant à ses citoyens de se soigner. Le nombre de centres de santé, y compris les centres de santé améliorés, construits durant ces trois dernières années, dépasse les 70 %. Je dois dire que le nombre est impressionnant. Et nous avons tenu à faire en sorte que la question de l’école et celle des centres de santé soient intégrées comme des politiques structurelles entrant dans le cadre de la stratégie de sécurité nationale », a conclu Amadou Oury Bah.
Dansa Camara (DC)
Pour Africaguinee.com
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