Guinée : Chronique d’une « descente aux enfers » pour l’un des cerveaux du coup d’Etat contre d’Alpha Condé

Alpha Condé, président renversé le 05 septembre par un coup d'Etat militaire

CONAKRY-Le 05 septembre 2021, Alpha Condé investi dix mois plutôt pour un sextennat à la tête de la Guinée, fut renversé par le Groupement des Forces Spéciales dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya, actuel Président de la Transition.

L’un des cerveaux de l’assaut réussi mené contre le palais Sékhoutouréah, siège de la Présidence, est un certain Aly Camara. Celui-ci vient d’être radié des effectifs des forces armées guinéennes. Chronique d’une « descente aux enfers » pour ce soldat qui a vu des vertes et des pas mures depuis le 05 septembre 2021.

Commandant Aly Camara

Le jour du coup d’Etat plusieurs de ses photos ont circulé sur la toile. Sur certains clichés, on le voyait au Quartier Général des Forces Spéciales, sis au palais du peuple. Mais le destin a très vite basculé pour le chef des opérations de cette unité d’élite de l’armée guinéenne.

Suite aux « bavures » qui auraient été commises à Sékhoutouréyah lors du reversement d’Alpha Condé, la Gendarmerie avait enclenché une enquête ayant conduit à des arrestations parmi les agents ayant mené l’assaut. C’est dans ce contexte que le commandant Aly Camara fut interpellé avec cinq militaires. Ce sont :

  1. Capitaine Souleymane Bangoura,
  2. Capitaine Tamba Kékoura Kamano,
  3. Adjudant-Chef Mory Hawa Camara,
  4. Adjudant Daouda Keita,
  5. Soldat 2ème classe Makan Diabaté et
  6. Commandant Aly Camara.

Après les enquêtes préliminaires, leur dossier a été transféré devant le parquet du Tribunal militaire de Conakry où ils ont été inculpés pour « vol et complicité », faits prévus et punis par les articles 373 et 19 du code pénal. Ils ont été détenus suivant le mandat de dépôt du 02 Novembre 2021 émis par Hadja Djaka Sylla, juge d’instruction au Tribunal Militaire de Première Instance permanant de Conakry. C’était deux mois après le coup d’Etat.

L’affaire à rebondissements a connu moult péripéties entre le parquet du tribunal militaire et la Cour d’Appel. En mars 2022, le commandant Aly et ses codétenus avaient bénéficié d’un arrêt favorable à leur libération sous condition auprès de la chambre de contrôle de l’instruction de la Cour d’appel. L’arrêt N°19 du 28 mars n’a finalement été exécuté que le 21 avril de la même année. Dans la nuit du mercredi, ils ont été libérés puis affectés loin de Conakry.

« Leur mutation est interne à l’armée. Par contre pour leur mise en liberté provisoire et leur jugement, c’est du ressort du parquet général. Ils ont été mutés à des endroits différents. En attendant, ils resteront à leur lieu de mutation, ils bénéficient de leur liberté provisoire en attendant leur jugement », confiait à Africaguinee.com une source proche de la Cour d’Appel.

Commandat Aly Camara

C’est ainsi que le commandant Aly Camara a rejoint Gueckedou son lieu d’affectation sous escorte. Mais ses ennuis étaient encore loin de finir puisque le 7 juin 2022, il a encore été arrêté puis conduit manu-militari à Conakry, selon ses proches.

Cette arrestation était intervenue alors qu’une semaine plutôt (1er juin), des coups de feu avaient été entendus dans la presqu’île de Kaloum. A l’époque, les autorités n’avaient pas communiqué sur ce qui s’était passé cette nuit dans le centre-ville. Depuis son transfèrement à Conakry, il y a près de deux ans, peu d’informations ont filtré sur son cas. Et ce jeudi 5 octobre 2023, une décision le concernant est tombée comme un « couperet ». Le Commandant Ali Camara et deux autres militaires (capitaine Abdoulaye 2 Cissé, Lieutenant Mamadou Saidou 1 Barry) ont été radiés des effectifs des forces armées guinéennes pour « inconduite ».

Sous le choc, la famille de l’ex chef des opérations des forces spéciales est partagée entre tristesse et incompréhension. Quant à son avocat, maitre Sidiki Bérété, il n’exclut pas d’attaquer le décret de radiation du commandant Aly.

Maître Sidiki Bérété
Maître Sidiki Bérété

« S’il est radié pour une faute quelconque, il fallait au préalable le juger d’abord. C’est quand il est déclaré coupable qu’on peut faire de sanctions disciplinaires mais la radiation est partie loin (…). Il a le droit de recours. Quand on va lui notifier la décision, il a deux mois pour attaquer devant la chambre administrative de la Cour Suprême qui peut faire l’objet de recours pour excès de pouvoir », a-t-il confié à un journaliste de notre rédaction.

Focus Africaguinee.com

Créé le 7 octobre 2023 14:53

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