Grand Conakry : « l’enfer » des usagers du tronçon Kagbelen-Dubréka…

CONAKRY-Parcourir le tronçon Kagbelen-Dubréka est tout sauf facile ! Long seulement de 10 km, ce trajet donne du fil à retordre aux usagers. Son état de dégradation a atteint un seuil critique. En plus de son rétrécissement, cette route qui mène vers Boké, une région qui accueille l’essentiel des sociétés minières évoluant en Guinée est devenue impraticable. Elle est jonchée çà et là de nids de poule. Pour les conducteurs, le calvaire commence 20 mètres après le pont Paul Kagamé. Sur le tronçon Kagbelen – Dubréka, le respect du code la route n’est pas un souci pour les usagers. Bienvenu dans ce capharnaüm.

« Pratiquer cette route est devenu un véritable calvaire pour nous. Avant, les conducteurs de moto que nous sommes, faisions tout pour éviter les trous, malheureusement des tâcherons ont mis des cailloux partout, cela complique davantage la circulation pour nous. Aujourd’hui, si nous voulons minimiser l’impact de la dégradation de la route sur nos motos, nous roulons à l’allure des véhicules. Par le passé, avec une moto neuve on pouvait rouler deux ans sans jamais aller au garage. Aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire, si vous en avez une, après trois mois seulement vous commencez à fréquenter le garage mécanicien » se plaint Amadou Keïta.

Ce trajet est aussi celui de tous les risques d’accident. Dans les endroits fortement dégradés les chauffeurs font le « sauve qui peut » créant un désordre et d’énormes embouteillages. Certains usagers n’arrivent plus à réunir la recette journalière.

« Nous souffrons énormément car la route est très petite et beaucoup de nos amis y ont été victimes d’accidents mortels. Même hier je me rendais à Kagbelen, en cours de route les cailloux ont déchiré le pneu arrière de ma moto. A cause de cela j’ai décidé de rouler temporairement moins sur ce tronçon.  Nous demandons au Président Mamadi Doumbouya de nous aider à reconstruire cette route en une autoroute de deux fois deux voies. Cette dégradation que vous voyez c’est jusqu’à Tanéné. Avant on travaillait très bien mais actuellement même la recette journalière c’est difficile d’en avoir » a lancé Sara Kourouma.

Même son de cloche chez Mamadou Moussa Barry, usagers de la route. Il décrit son quotidien et fait remarquer que le niveau de dégradation de la route réduit la mobilité de la population dans la zone. Ce qui entraine aussi des impacts sur l’activité économique.

« Nous souffrons énormément ici, la pluie et l’état de la route font que les gens n’aiment pas trop se déplacer. Conséquences nous avons du mal à mobiliser les recettes. Je demande aux autorités de nous venir au secours car le calvaire est de trop » plaide-t-il.

Le 11 août dernier alors qu’il était à Kénendé pour le lancement des travaux de l’École nationale d’administration (ENA), le Premier ministre a été interpelé par le préfet sur l’état de cette route. Bah Oury ayant lui-même constaté le calvaire avait promis des actions urgentes. « Depuis des années, cette route a été toujours comme ça, ce n’est pas normal. Le ministre des Travaux publics, à son retour de Kigali, je ne manquerai pas de lui souligner de venir faire un tour et de prendre des mesures pour que ce tronçon soit amélioré », a-t-il promis.

Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 625 25 46 56

Créé le 22 août 2024 11:10

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