Grâce présidentielle : l’attente se prolonge pour Aliou Bah

CONAKRY – Au lendemain de l’investiture du président Mamadi Doumbouya, un espoir de clémence avait jailli concernant le sort d’Aliou Bah. Pourtant, l’attente s’étire pour le président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), définitivement condamné à deux ans de prison ferme pour « offense et diffamation » à l’encontre du chef de l’État.

Au sein du MoDeL, la détention de leur leader continue de susciter une vive inquiétude. Ses proches, qui dénoncent une “incarcération injuste”, ne cachent plus leur amertume face à l’absence d’une grâce présidentielle qui semblait, il y a peu, imminente.

« Un fait du destin »

Interrogé ce vendredi 1er mai 2026 par Africaguinee.com, Elhadj Abdoulaye Amie Soumah, vice-président du parti, a témoigné de l’état d’esprit de l’opposant : « M. Aliou Bah est résilient. Il considère sa détention comme un fait du destin, alors que rien ne justifie sa présence en prison. Il est vrai que nous attendions tous sa libération, mais nous constatons malheureusement le contraire. C’est triste pour notre pays, qui se retrouve privé d’une voix forte et d’une véritable force de proposition. »

Le numéro deux du MoDeL peine à concilier l’image de l’homme pacifique qu’il côtoie avec sa situation carcérale actuelle : « Je n’arrive pas à comprendre comment cet homme pédagogue, ce chef de famille exemplaire qui prône l’unité des Guinéens et la paix, peut se retrouver ainsi derrière les barreaux. C’est un leader transversal. »

Un plaidoyer gouvernemental resté sans suite

Pourtant, des signaux d’apaisement étaient venus du sommet de l’État en début d’année. En janvier dernier, Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du Gouvernement et ministre des Transports, avait publiquement plaidé pour un geste humanitaire.

« J’espère qu’il y aura une clémence. C’est un jeune acteur politique. Nous souhaitons que le président de la République fasse un geste à son endroit. Le procès est passé, le jugement est acté. Ce serait quelque chose de formidable que le président accède à cette demande de clémence », avait-il déclaré.

Près de cinq mois après cet appel, le décret de grâce se fait toujours attendre. Arrêté en décembre 2024, Aliou Bah devrait, sauf libération anticipée, purger la totalité de sa peine et sortir de prison à la fin de l’année 2026.

L’enjeu de l’éligibilité en question

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu de cette libération dépasse le simple cadre humanitaire. Au regard de la législation en vigueur, une condamnation définitive pour ce type de délit pourrait compromettre l’avenir politique d’Aliou Bah et ses ambitions présidentielles. Dans ce contexte, seule une amnistie générale ou une mesure législative spécifique pourrait lui permettre de recouvrer l’intégralité de ses droits civiques et politiques.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 2 mai 2026 13:07

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