Friguiagbé: Le champ d’ananas de Hassanatou Bah incendié par des inconnus
KINDIA– Entre les amphithéâtres de l’Université de Kindia et les plantations verdoyantes de Friguiagbé, le parcours de Hassanatou Bah suscitait jusque-là l’admiration. À 30 ans, cette enseignante engagée et fondatrice de « Jumelles Agribusiness » s’était imposée comme une figure montante de l’agroécologie dans la région. Mais aujourd’hui, son rêve entrepreneurial vient d’être brutalement freiné : son champ d’ananas a été incendié par des inconnus.
Selon les informations recueillies, le sinistre s’est produit sur le site de Daboya Friguiagbé, où la jeune entrepreneure exploitait une parcelle dédiée à la culture d’ananas. Un coup dur pour celle qui, malgré des difficultés liées à l’accès au foncier et une lutte personnelle contre une infection pulmonaire chronique, poursuivait avec détermination son projet agricole.

Interrogée par notre rédaction, Hassanatou Bah revient sur les faits et dénonce une succession de défaillances ayant conduit à cette situation dramatique. « Nous avons été retenus dans le cadre d’un appel d’offres lancé par la Fédération des Planteurs (FEPAF-BG) en partenariat avec l’agence Enabel. Nous avons investi beaucoup d’argent et fourni assez d’effort dans ce projet, avec la garantie d’un accès permanent à l’eau pour l’irrigation », explique-t-elle.
Pionnière sur ce site pour la culture de l’ananas, son entreprise s’était engagée pleinement, mobilisant des moyens importants en intrants agricoles et en main-d’œuvre. Mais très vite, les premières difficultés apparaissent. « Dès juin 2023, au lancement de la production, nous avons constaté l’absence d’irrigation en pleine saison sèche. Malgré nos alertes répétées, on nous demandait de patienter », déplore la gérante de Jumelles Agribusiness.
La situation ne s’améliore guère les années suivantes. Après des pertes importantes de plants, l’entrepreneure affirme avoir regarni plus de 10 000 plants en 2024, sur la base de nouvelles promesses. « En janvier 2025, l’irrigation a fonctionné brièvement avant d’être interrompue pour des raisons techniques. En guise de compensation, nous avons reçu 10 000 plants et du compost », précise-t-elle.
Mais le coup de grâce survient en ce début d’année 2026. « Alors que l’irrigation venait de reprendre, on nous a informés que le matériel avait été volé. Peu après, un incendie a ravagé notre champ. Sur plus de 20 000 plants, presque toute la production est partie en fumée », confie-t-elle, visiblement affectée.

Tout en pointant du doigt ce qu’elle qualifie de « faillite de responsabilité », Hassanatou Bah réclame justice et réparation pour les pertes subies, tout en réaffirmant sa détermination.
« Nous sommes victimes de négligences structurelles. Nous demandons que les responsabilités soient établies. Malgré tout, nous ne baissons pas les bras. Notre passion pour l’agriculture reste intacte, mais nous exigeons le respect de nos droits », martèle Hassanatou Bah.
Ce drame relance la question de la sécurisation des investissements agricoles en Guinée, notamment pour les jeunes entrepreneurs qui s’engagent dans la transformation du secteur.
A suivre!
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 mars 2026 13:00
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