Freetown: Paix, sécurité, coopération…Les enjeux du 69ème sommet de la CEDEAO
FREETOWN – C’est un sommet de tous les défis qui s’ouvre ce dimanche dans la capitale sierra-léonaise. Alors que l’Afrique de l’Ouest traverse une zone de turbulences sécuritaires et géopolitiques sans précédent, le 69ème sommet ordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO cristallise toutes les attentions. Au cœur des débats : la reconfiguration des alliances, la sécurité collective et un renouvellement des visages de la diplomatie régionale.
Une première historique pour le Président Mamadi Doumbouya
Pour la Guinée, ce rendez-vous de Freetown marque un tournant diplomatique majeur. Le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, participe à cette haute instance pour la toute première fois en tant que chef de l’État. Après une période de transition marquée récemment par la tenue des scrutins législatifs et communaux, la présence du dirigeant guinéen consacre le retour au premier plan de Conakry sur l’échiquier communautaire. Le Béninois Romuald Wadagni, récemment élu, fera lui aussi son baptême du feu autour de la table des chefs d’État.
Le défi de l’AES
Le grand point d’interrogation de ce sommet reste la fracture persistante avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Une nouvelle fois, les chaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger resteront vides. Redéfinir les relations avec ces trois pays, qui ont acté leur divorce avec le bloc régional, est l’une des priorités de ce Sommet.
Les regards seront tournés vers le médiateur en chef de la CEDEAO, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté. Présent à Freetown, il devrait présenter les premières conclusions de ses consultations discrètes.
Derrière le protocole, ce sont des questions vitales qui se posent : comment maintenir les échanges commerciaux, garantir la libre circulation des populations et, surtout, préserver la coopération sécuritaire alors que la menace terroriste ignore les frontières ?
Force en attente
Face à l’urgence sécuritaire, la CEDEAO veut muscler sa réponse opérationnelle. Alors que le bloc régional a inauguré samedi sa base logistique à Lungi, la mise en place concrète de la « force régionale en attente » sera à l’ordre du jour. Sur ce terrain, Conakry ne compte pas faire de la figuration : la Guinée s’est dite prête à fournir un contingent de 150 hommes pour armer cette force communautaire.
Présidence de la Commission
Ce 69ème sommet est aussi celui des grandes manœuvres de couloir pour le leadership de l’organisation. Pour succéder à Alieu Turay à la tête de la Commission de la CEDEAO, un homme fait figure de grand favori : le général sénégalais Birame Diop. Ancien ministre de la Défense, sa stature de haut gradé et de fin diplomate est perçue par beaucoup comme l’atout idéal pour manoeuvrer l’institution à travers cette crise de légitimité régionale.
Entre gestion des transitions, relance économique post-crise et impératif de réconciliation avec le bloc sahélien, la feuille de route de Freetown est lourde. Les résolutions qui sortiront de ce sommet ce dimanche détermineront si la CEDEAO est capable de réinventer son modèle, ou si la rupture ouest-africaine est définitivement consommée.
A suivre !
Africaguinee.com
Créé le 19 juillet 2026 09:55Nous vous proposons aussi
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