François Bourouno aux étudiants guinéens de l’ENAP du Québec : « Le Président Mamadi Doumbouya a décidé de transformer notre système économique… »

QUÉBEC-En marge de sa visite de travail au Canada dans le cadre de l’opérationnalisation de l’École Nationale d’Administration (ENA) de Guinée, le ministre Faya François Bourouno a animé ce mardi 3 décembre 2024 une conférence-débat à l’École nationale d’administration publique de Québec.

La rencontre a une réuni une fourchette d’étudiants guinéens et africains de cette école d’excellence. Au cœur des échanges au sein du campus de cet établissement de référence internationale, un thème centré autour des enjeux de la modernisation de la Fonction Publique et le programme Simandou 2040.

Dans un exposé pédagogique, le Ministre du Travail et de la Fonction Publique a touché les grands axes du programme de Refondation porté par le Général Mamadi Doumbouya.

« Depuis le 05 septembre 2021, le Président a décidé de transformer notre système économique. C’est pour cela qu’il a dit que la transition repose sur trois axes à savoir le social, l’économique et le politique », a déclaré François Faya BOUROUNO, à l’ENAP de Québec.

Poursuivant son intervention, le conférencier s’est ensuite appesanti sur le projet Simandou dans ses différentes articulations. Face à un auditoire attentionné, le consultant international, a souligné que de nos jours, ce mégaprojet catalyseur d’un investissement de 20 milliards de dollars est devenu une réalité irréversible. Chiffres à l’appui, il mentionne que le closing financier a été signé.

« Le projet qui est en train d’être valorisé s’articule autour de trois composantes. Il y a la composante infrastructures avec les rails, le port, la mine. Pour les rails et le port, on a des taux d’exécution très avancés qui dépassent 50%« , a-t-il souligné, précisant que l’Etat est actionnaire à hauteur de 15% dans la CTG, compagnie du trans guinéen.

« Il y a aussi la composante aciérie parce que le président a demandé à toutes compagnies minières de transformer désormais les minerais sur place », a-t-il indiqué.

Pourquoi le programme Simandou 2040 ?  

Selon le ministre Bourouno, le président (Mamadi Doumbouya) s’est dit que la Guinée exploite la bauxite depuis 1960, mais cette exploitation n’a pas changé la vie des guinéens. D’où la nécessité de tirer les leçons en déployant une vision transformatrice de la Guinée.

« Le gouvernement est en train de finaliser un programme bâti sur la vision échelonnée sur 2040. C’est pourquoi vous entendez parler de Simandou 2040 qui est différent du projet minier. Le programme Simandou 2040 est la vision transformatrice de la Guinée en se basant sur les retombées du projet minier Simandou. C’est un investissement privé qui va générer des revenus en terme de recettes fiscales. C’est l’utilisation rationnelle de ces ressources qui vont nous permettre d’investir sur l’agriculture, l’infrastructure, le système éducatif ainsi que sur le système de santé.

L’ENA pour lequel je suis ici en mission au Québec, entre dans le cadre de Simandou académie. C’est un ambitieux programme dont la mise en œuvre nécessite une administration de qualité. Ceci passe par la formation des administrateurs (…). Si on veut réussir le pari de la transformation de notre pays, il faut une école dédiée à la formation des administrateurs publics. D’où le projet ENA qui est la raison d’être de notre mission », a expliqué l’émissaire du Général Mamadi Doumbouya à Québec.

François Bourouno précise qu’au-delà des axes cités ci-haut, il fallait travailler sur d’autres axes de coopération pour accélérer la mise en œuvre de la vision du chef de l’Etat et du Gouvernement guinéen. C’est pourquoi, durant son séjour, il a eu des rencontres de haut niveau sur certains thématiques dont les résultats seront partagés très prochainement.

Il y a des opportunités d’avoir du bon boulot aujourd’hui en Guinée, a-t-il enchainé. « Si vous avez une bonne qualification, l’opportunité de trouver du job existe chez nous… », a assuré le ministre tout en mettant le curseur sur le contenu local.

« Tous ceux qui vont désormais investir dans notre pays, y compris sur le mégaprojet Simandou, s’ils doivent recruter du personnel, la priorité absolue doit être réservée aux guinéens. C’est quand ils ne trouvent pas la compétence recherchée en Guinée qu’ils seront autorisés à trouver une compétence étrangère », a annoncé le Ministre du Travail et de la Fonction Publique. Il révèle qu’il a un projet sur sa table pour repenser les modalités de recrutement pour l’administration publique. Des modalités spécifiques seront implémentées très prochainement pour inciter les guinéens de la diaspora à revenir pour servir l’administration.

« On ne peut plus continuer à recruter comme on l’a fait récemment. Une administration publique, ce n’est pas tout le monde qui est dédiée à la servir. On est en train de travailler sur un projet de décret qui va organiser des procédures de recrutement. Nous aurons une modalité spécifique pour inciter les guinéens de la diaspora à revenir pour servir l’administration. Il y aura des concours spécifiques qui seront dédiés aux jeunes guinéens, formés à l’étranger et qui veulent rentrer pour servir l’administration. Ce concours sera annuel. Ce sont des opportunités pratiques que nous mettons en place », a détaillé le ministre.

L’exposé de François Bourouno a suscité un vif intérêt chez les étudiants dont certains ont soulevé des préoccupations sur non seulement le projet Simandou, mais également sur la situation de précarité que traversent les étudiants guinéens. Dans une démarche pédagogique, M. Bourouno a éclairé ses interlocuteurs sur les enjeux de la refondation et Simandou vision 2040 etc.

Fonctionnaire au Ministère du Plan et de la Coopération Internationale, madame Hadjiratou Diallo fait des études axées sur l’évaluation des programmes à l’ENAP du Québec. Elle apprécie la visite du ministre au campus.

« J’apprécie l’arrivée du ministre et surtout sa rencontre avec les étudiants. C’est quelque chose à saluer parce que depuis que je suis là il y a 18 mois, c’est la première fois qu’on rencontre une autorité (guinéenne) ici », s’est réjouie Hadjiratou Diallo avant de formuler une doléance.

« Ce que nous demandons au ministre, aux autorités guinéennes en général, c’est d’accompagner les cadres guinéens qui viennent se former à l’ENAP du Québec qui est une école de référence pour l’administration Publique. Nous sommes là à nos propres frais, mais nous sommes obligés de faire des petits boulots parfois auxquels on n’est pas habitué pour subvenir à nos besoins et payer notre scolarité.

C’est un appel à l’endroit des autorités du pays pour accompagner cette frange de fonctionnaires qui veut se perfectionner dans leur domaine. On est nombreux ici. L’avantage pour quelqu’un qui est à l’ENAP et qui est accompagné, il se consacre uniquement sur les études. C’est difficile d’allier les études à autre chose parce que les cours sont trop demandant. C’est un appel que nous lançons au nom de tous les étudiants de l’ENAP, nous voulons que le Gouvernement nous accompagne », a-t-elle lancé.

Nous y reviendrons !

Depuis Québec, Boubacar 1 Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 4 décembre 2024 04:34

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