Fracture au sein de l’armée malgache : des soldats rejoignent la contestation
La situation reste très confuse cet après-midi dans la capitale malgache. Des soldats appartenant au CAPSAT (Corps d’armée des personnels et des services administratifs et techniques) ont rejoint ce samedi les manifestants opposés au régime d’Andry Rajoelina, le président actuellement très contesté.
Ces militaires sont issus du CAPSAT, basé dans un camp militaire situé à Soanierana, dans le sud d’Antananarivo. Ce site constitue le cœur logistique et administratif de l’armée malgache. Contacté par Africaguinee.com, un témoin présent sur place raconte :
« À l’instant même où je vous parle, il n’y a pas eu de déclaration officielle de prise de pouvoir. Mais des éléments de l’armée ont tout de même pris position face à la situation actuelle dans le pays. Ils sont sortis sur le terrain et ont rejoint les manifestants. Ils se sont rendus sur la place du 13-Mai, où se rassemblent les protestataires. Ce sont les éléments du CAPSAT qui ont quitté leur camp pour aller à Anosy », a expliqué notre source.
Toujours selon elle, la sécurité du président est assurée par des gendarmes, tandis que les militaires ayant quitté leur camp affirment vouloir mettre fin aux violences contre les manifestants.
« Leur objectif est de faire cesser les tirs de gaz lacrymogènes sur les manifestants. Jusqu’à maintenant, ils n’ont pas fait de déclaration de prise de pouvoir, mais ils ont clairement affiché leur soutien aux manifestants », a confié ce citoyen. « Les manifestants ont demandé à pouvoir protester pacifiquement, sans toucher aux biens d’autrui », a-t-il précisé.
Selon RFI, un groupe de militaires a publié une vidéo ce samedi matin sur les réseaux sociaux, appelant leurs collègues à « prendre leurs responsabilités » face à la crise que traverse la Grande Île.
À l’origine de ces manifestations : les nombreuses coupures d’eau et d’électricité. Des jeunes regroupés au sein du collectif Gen Z ont appelé à un rassemblement sur la place d’Ambohijatovo pour réclamer la fin de ces crises.
Depuis le début de la contestation, au moins 22 personnes ont été tuées, selon des sources locales citées par plusieurs médias, ainsi que des instances de l’ONU.
Malgré la nomination d’un Premier ministre issu de l’armée, le président Andry Rajoelina, 51 ans, reste de plus en plus contesté par le collectif Gen Z, appuyé par de nombreux militants de l’opposition.
Dossier à suivre!
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 11 octobre 2025 15:48Nous vous proposons aussi
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