Football guinéen : la reprise de la Ligue 2 compromise ?

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CONAKRY – La reprise de la Ligue 2, saison sportive 2024-2025, est officiellement fixée au 20 juillet par la Ligue guinéenne de football professionnel (LGFP). Mais à moins d’une semaine de cette échéance, des dysfonctionnements signalés par certains acteurs du championnat pourraient compromettre le respect du calendrier, a appris Africaguinee.com de sources proches du dossier.

Selon nos informations, plusieurs dirigeants de clubs engagés dans cette compétition posent des conditions avant toute participation. Parmi les principales préoccupations figurent le paiement d’arriérés financiers et le choix de la période pour le déroulement de la saison, qui concerne 14 clubs. Bref, « il y a des problèmes », nous confie une source proche du dossier.

« Certains clubs disent qu’ils ne joueront pas si les arriérés de l’année passée et l’avance de cette saison ne sont pas réglés. Ensuite, il y a les conditions climatiques. La proposition de regrouper les équipes à Conakry ne fait pas l’unanimité. Certains estiment que c’est l’une des zones les plus pluvieuses du pays. Des villes comme Kankan, Labé ou Kamsar seraient, selon eux, de meilleures options. Il y a donc des problèmes à résoudre d’abord. En tout cas, certains clubs sont catégoriques : ils ne disputeront pas le championnat dans ces conditions, car le risque est trop élevé pour les joueurs », explique notre source.

Ces revendications sont jugées « légitimes » par plusieurs acteurs du football guinéen. « Les problèmes sont à la fois financiers et sportifs. Imaginez : un club va jusqu’à dire que la formule retenue viole les statuts. Ce n’est pas totalement faux. Les autorités proposent 50 millions de francs aux clubs, mais les dirigeants exigent d’abord le paiement des 40 millions de la saison passée, une somme qui, selon eux, ne leur a jamais été versée. Il faut donc ajouter les 50 millions proposés cette année. Il y a près de 500 millions de différence entre les budgets alloués à la Ligue 1 et à la Ligue 2. Un club champion il y a deux ans n’a toujours pas été payé ; il réclame 130 millions de francs guinéens et refuse de céder », poursuit notre interlocuteur.

Par ailleurs, la décision de centraliser les matchs à Conakry continue de diviser. « Malgré un consensus apparent, certains dénoncent une violation des statuts. La majorité des clubs est opposée à ce que tous les matchs se jouent à Conakry en pleine saison des pluies. Ils redoutent de nombreux reports liés à la pluviométrie, ainsi qu’un risque élevé de blessures », ajoute notre source.

Contacté par Africaguinee.com, le président de la Ligue guinéenne de football professionnel (LGFP), Lucien Beindou Guilao, a reconnu l’existence des « doléances formulées par les clubs », tout en confirmant que la date du 20 juillet reste maintenue pour le coup d’envoi de la saison.

« En tant que président de la Ligue, nous avons fixé la date du 20 juillet. Nous avons effectué un tirage au sort qui a permis de constituer les deux groupes. Nous avons proposé une subvention de cinquante millions de francs guinéens par club pour le démarrage. Compte tenu des difficultés actuelles, c’est ce que nous pouvons offrir pour le moment. Les arriérés seront payés. Ça a toujours été le cas. Nous faisons tout pour que cela se fasse pendant le championnat, ou à une date proche. Mais ils seront bel et bien payés », a assuré Lucien Beindou Guilao.

Concernant la décision de maintenir le calendrier initial, il justifie ce choix par la nécessité d’éviter une saison blanche, qu’il juge préjudiciable pour tout le football guinéen.

« Il faut que la saison se joue, c’est pour cela que nous avons opté pour une formule en poules, avec environ 84 ou 85 matchs à disputer, afin de garantir une certaine compétitivité. Une saison blanche serait encore plus problématique. Je pense que les clubs l’ont compris et ont fait des efforts lors des négociations. Ils ont exprimé leurs doléances, et nous leur avons dit ce que nous pouvions faire. Rien n’est figé : nous proposons de commencer avec les cinquante millions, puis de verser ensuite les quarante millions d’arriérés. »

Le président de la LGFP précise également qu’une réunion a eu lieu avec la Fédération guinéenne de football et les représentants des clubs pour évoquer ensemble les contraintes financières.

« Les clubs ont des difficultés financières, tout comme la Fédération, qui ne dispose pas de moyens suffisants. Nous sommes donc dans une situation délicate. Si la Ligue ne démarre pas, cela poserait d’énormes problèmes. L’idéal aurait été de verser l’intégralité des 90 millions, mais pour ne pas rester bloqués, nous proposons de commencer avec ce qui est disponible et de jouer le championnat », a conclu Lucien Beindou Guilao.

Dossier à suivre!

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 15 juillet 2025 15:51

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