Fonction publique : Un collectif de fonctionnaires hausse le ton !

CONAKRY- 8 024 agents recrutés en 2024 sont furieux. Réunis en collectif, ils sont montés au créneau ce jeudi 29 janvier 2026 pour dénoncer la baisse jugée injustifiée de leurs salaires, l’absence d’effet financier de la titularisation et le non-paiement des primes statutaires. Pourtant, ont-ils soutenu lors d’une conférence de presse animée au siège du Syndicat National de l’Éducation (SNE), des actes administratifs ont été déjà signés pour prévenir ce qu’ils qualifient d’injustice. Selon leur porte-parole Bilo Dioubaté, les concernés par cette situation sont majoritairement des enseignants et des agents de santé.

« Notre salaire a été rétrogradé sans aucune base légale »

Selon lui, après leur engagement officiel le 6 décembre 2024, ils ont été mutés dès janvier 2025 dans différentes localités du pays, ont rejoint leurs postes et exercé leurs fonctions, « souvent dans des conditions difficiles ».

Il poursuit en déclarant que la surprise est survenue en septembre 2025, avec la publication des bulletins de salaire. « Notre indice monétaire est passé de 1 372 à 1 319, alors que nous relevons des ministères de l’éducation et de la santé qui bénéficient d’un régime indiciaire spécifique », dénonce Bilo Dioubaté.

Il affirme disposer de bulletins de salaire antérieurs, notamment ceux de juillet et août 2025, prouvant que l’indice de 1 372 leur avait été bien appliqué avant cette baisse jugée « arbitraire ».

Titularisation sans effet financier

Autre grief, la titularisation annoncée de la promotion. Alors qu’un acte administratif signé le 31 décembre 2025 par le ministre sortant du Travail et de la Fonction publique devait consacrer leur statut de fonctionnaires titulaires, les bulletins de salaire de janvier 2026 ne reflètent aucun changement, poursuit M. Dioubaté.

« Nous ne sommes toujours pas titularisés sur le plan financier. Pire, certains agents n’ayant même pas effectué le stage probatoire ont été titularisés et bénéficient de tous les avantages, pendant que ceux qui ont réellement servi l’État sont laissés pour compte », a regretté le porte-parole.

Primes inexistantes, avancement bloqué

Sur la plateforme de gestion administrative et de la solde (FIGAS/FUGAS), le constat est tout aussi « amer », selon le porte-parole de ce collectif. Il soutient qu’aucune prime statutaire n’a été versée (prime de craie, de préparation, d’incitation, de zone, de documentation). En outre, ajoute-il, aucun effet financier n’a été répercuté sur la titularisation, deux échelons d’avancement n’ont pas été appliqués (échelon 6 au lieu de 8) et un indice salarial bloqué à 1 610 au lieu de 1 638.

Selon le collectif, chaque agent concerné perd au moins 80 000 francs guinéens par mois, soit un manque à gagner global, estimé à plus de 400 millions de GNF par mois, en incluant les agents de la santé.

Le SNE saisit les autorités

Présent à la rencontre, Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE, a confirmé avoir été saisi par le collectif, notamment les 3 044 enseignants recrutés par voie de tablette en 2024, après 13 mois de stage probatoire.

« Il est de notre devoir moral de porter ces revendications auprès des ministères concernés : Fonction publique, Budget, Enseignement préuniversitaire et Enseignement technique. Les secrétaires généraux, chargés de la gestion des affaires courantes, doivent appliquer les engagements déjà signés », a-t-il déclaré.

Le SNE annonce la rédaction imminente d’une plateforme revendicative qui sera déposée auprès des autorités compétentes, avec ampliation aux départements concernés.

Un appel au dialogue social

Tout en se disant attachés à la stabilité du système éducatif, ces agents préviennent : « Nous sommes pour le dialogue social, mais la trêve sociale a un prix : le respect des engagements de l’État. Sans cela, la frustration continuera de grandir », a averti le syndicat.

Le collectif exige notamment :

  • La correction immédiate des bulletins de salaire ;
  • Le rétablissement du salaire de base ;
  • Le paiement intégral des primes statutaires ;
  • Le rappel de tous les montants indûment prélevés depuis septembre 2025.

Faute de réponses satisfaisantes, les nouveaux fonctionnaires disent se réserver le droit d’engager toutes les actions légales pour obtenir justice.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 30 janvier 2026 11:22

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