Fiscalité : Conakry accueille la 39e Conférence annuelle du CREDAF sur la mobilisation des recettes

 CONAKRY – La Guinée accueille depuis ce mardi 9 juin la 39e Conférence annuelle du Cercle de réflexion et d’échange des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF). Réunis autour du thème de la mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise, les participants entendent partager leurs expériences et identifier des stratégies pour renforcer la résilience budgétaire des États face aux défis économiques mondiaux. 

La rencontre de Conakry se tient sous le thème : « La gestion des risques axée sur la mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise ». Elle est organisée en collaboration avec la Direction générale des impôts (DGI). Les travaux ont été lancés en présence du Premier ministre, de plusieurs membres du gouvernement ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers de la Guinée.

Selon les initiateurs, cette thématique s’inscrit dans la continuité des réflexions menées ces dernières années autour des nouveaux défis fiscaux auxquels sont confrontés les pays en développement.

Pour la directrice générale des Impôts, échanger sur la gestion des risques liés à la mobilisation des recettes intérieures dans un contexte de crise constitue une nécessité impérieuse. Elle estime que les économies des pays membres font face à des chocs interdépendants, marqués notamment par les tensions géopolitiques, les dérèglements climatiques, les pressions sur les finances publiques et les incertitudes monétaires. Dans ce contexte, les ressources extérieures se raréfient et deviennent de plus en plus instables.

 

« Dès lors, la résilience de nos États repose plus que jamais sur notre capacité à sécuriser, diversifier et optimiser nos recettes fiscales propres. Je dis bien propres. Cette conférence nous permettra d’explorer ensemble les meilleures pratiques pour anticiper et maîtriser les risques qui pèsent sur nos différentes administrations. Je souhaite que ces quatre jours à Conakry soient non seulement un temps d’apprentissage et de partage intense, mais aussi une occasion de découvrir l’hospitalité de notre peuple et la beauté de notre cher pays, la Guinée », a déclaré Fatoumata Foula Diallo, directrice générale des Impôts.

Intégrer les mentalités des populations

Prenant la parole à cette rencontre, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’associer les populations à la stratégie de mobilisation des recettes intérieures. Pour Amadou Oury Bah, la stabilité d’un État dépend en grande partie de sa capacité à répondre aux besoins de ses citoyens.

« Par quel moyen un État peut-il satisfaire les besoins de sa population sinon en levant des impôts ? Cela ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs siècles, nos systèmes étatiques sont fondés sur ce principe. Dire que l’impôt est étranger au mindset africain n’est donc pas exact. Il existe certes une forme d’incivisme fiscal, mais les populations contribuent déjà, à travers les associations de ressortissants, à la construction d’écoles, à la réfection des routes et à de nombreuses autres initiatives communautaires. Pourquoi n’ont-elles pas encore pleinement intégré que le paiement de l’impôt permettrait d’atteindre ces mêmes objectifs avec davantage d’efficacité et une meilleure organisation ? », s’est interrogé le chef du gouvernement.

Poursuivant son intervention, il a souligné la nécessité pour l’État de mieux prendre en compte les réalités sociales et culturelles.

« Notre défi est que l’État intègre les mentalités des populations afin que celles-ci se reconnaissent dans les actions de l’État moderne. Il y a des pays qui ont accompli des progrès dans ce domaine », a indiqué Amadou Oury Bah.

Cette 39e Conférence annuelle se poursuivra jusqu’au 12 juin prochain. À travers ces travaux, le gouvernement guinéen espère dégager des recommandations et des pistes de réflexion susceptibles de renforcer la mobilisation des recettes intérieures, notamment en favorisant une meilleure intégration du secteur informel dans l’économie formelle, selon les termes du Premier ministre.

Durant ces quatre jours de travaux, les pays membres du CREDAF partageront leurs expériences en matière de mobilisation des recettes intérieures. Des exemples issus notamment de la France, du Canada, de la Guinée et de l’Uruguay seront présentés aux participants.

Selon Barnabé Muakadi Muamba, président du CREDAF, le choix du thème de cette conférence s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie de l’organisation, adoptée lors de sa 49e Assemblée générale tenue le 17 juin 2025 à Kinshasa.

« Lors de l’Assemblée générale du CREDAF à Kinshasa, un programme d’activités pour l’exercice 2025-2026 a été adopté. Celui-ci prévoit un certain nombre d’actions destinées à accompagner les membres de notre association dans l’exercice de leurs missions d’administration fiscale. Dans le cadre de sa mise en œuvre, le bureau exécutif du CREDAF a organisé plusieurs activités, aussi bien en présentiel qu’en distanciel, avec l’appui des organisations partenaires du CREDAF et d’autres administrations fiscales », a expliqué M. Muamba.

Pour la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, cette rencontre revêt une signification particulière pour la Guinée. Selon Mariama Ciré Sylla, elle intervient à un moment où le pays écrit l’une des pages les plus ambitieuses de son histoire économique.

« Notre nation a engagé une profonde transformation de sa gouvernance publique afin de bâtir un État plus efficace, plus transparent et plus performant. Cette transformation repose sur une conviction forte : le destin de la Guinée doit être porté avant tout par les Guinéens et les Guinéennes. Le destin de l’Afrique doit être porté avant tout par les Africains. Aucune nation ne peut durablement assurer sa prospérité en dépendant principalement des ressources des autres.

La véritable souveraineté commence lorsque nous sommes capables de financer nos écoles, nos hôpitaux, nos routes, notre agriculture et notre industrialisation grâce à nos propres efforts. C’est pourquoi la mobilisation des recettes intérieures est aujourd’hui au cœur de notre projet national. Chaque franc mobilisé représente une salle de classe construite, un centre de santé équipé, une route aménagée, un jeune formé ou une opportunité créée pour nos populations.

Nous faisons face à un contexte mondial marqué par une succession de chocs, des tensions géopolitiques, un ralentissement économique, le changement climatique, la volatilité des marchés financiers et une réduction progressive de l’espace budgétaire disponible pour les pays en développement. Dans ce nouvel environnement, la mobilisation des recettes intérieures n’est plus seulement une question de gestion fiscale, c’est un enjeu de souveraineté économique », a déclaré la ministre.

Simandou 2040

Mariama Ciré Sylla a également indiqué que le programme de développement national Simandou 2040 incarne cette vision. Selon elle, il s’agit d’un projet de transformation nationale destiné à faire de la Guinée un pôle de croissance, de création de valeur et de « Dans cette marche vers l’émergence, l’administration fiscale joue un rôle stratégique », a-t-elle résumé.

La Guinée pourrait prendre les rênes du CREDAF

La République de Guinée pourrait être élue à la tête du CREDAF à l’issue du mandat du Congolais Barnabé Muakadi Muamba, président sortant de l’organisation. Toutefois, cette éventualité ne sera officiellement tranchée qu’à la clôture des travaux, prévue jeudi prochain.

À cette occasion, les participants devraient également préciser la durée du mandat de la future présidence.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 juin 2026 17:40

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes:

YELLOWBET

UBA

LONAGUI

SONOCO

AGB2G

CBG

smb-2

Consortium SMB-Winning

Annonces

Recommandé pour vous

Annonces