Fin de l’agression rebelle à Guéckédou : Comment la femme « bouclier » avec des gris-gris a été tuée…

KISSIDOUGOU-Les agressions rebelles des années 2000 avaient provoqué des dégâts énormes dans certaines préfectures de la Guinée forestière.

La ville de Guéckédou qui abritait à l’époque l’un des centres commerciaux les plus florissants et convoités de la Guinée avait été complètement dévasté par les rebelles venus du Liberia.

Vingt-quatre (24) ans après ces douloureux évènements, Guéckédou porte encore les stigmates et les impacts des agressions ayant tué le commerce jadis en plein essor.

Pourtant, d’énormes sacrifices avaient été fournis par l’armée guinéenne, aidée par des civils pour annihiler les ennemis.

A Yendé Millimou, localité assiégée par les rebelles durant deux semaines, une femme nue, de teint clair, détenait des gris-gris. Elle portait les uns à sa tête et gardait les autres dans une marmite. Elle servait de bouclier pour les jeunes rebelles qui sans cesse attaquaient les localités environnantes. Selon plusieurs témoignages, c’est l’élimination de cette dame qui avait affaibli les rebelles en les contraignant à fuir en Sierra Leone.

Qui a tué cette femme ? Comment a-t-elle été tuée ? Moussa Sanoh, actuel président du conseil de district de Yende Millimou, et Commandant du P.A au moment de l’agression raconte.

« Lors du siège, un moment, un groupe de rebelles est resté ici, un autre a décidé d’aller à Kissidougou. A Dembadou, il est tombé dans une embuscade montée par des guinéens. L’armée guinéenne l’a exterminé dans un petit village qu’on appelle Trendradou. Peu après, un autre groupe est arrivé à Nianda près de Kissidougou. Ses membres portaient des gris-gris. Devant le groupe, il y avait une femme nue, de teint clair détenant des marmites et des fossiles. Quand les militaires guinéens tiraient, elle balance sa main et les balles n’atteignaient pas les rebelles.

Cette femme a été éliminée par Arafan Diawara. Ayant constaté qu’en tirant sur la dame les balles ne pénétraient pas, les guinéens ont attendu l’arrivée des rebelles au pont. Dès que la femme est allée sous le pont, Arafan a tiré sur le mur, avec la déflagration, les cailloux l’ont tuée. A partir de là, les militaires ont eu de la force, ils ont éliminé les rebelles en masse, ceux qui ont eu la vie sauve ont pris la fuite avec des filles guinéennes. Un an après, ils ne pouvaient plus supporter ces filles ; ils les ont libérées, elles sont revenues une à une. Celles qui savaient se cacher étaient revenues plutôt », a raconté Moussa Sanoh, président de district de Yende Millimou.

Le doyen précise qu’après le départ des rebelles, les ulimos, déguisés en sauveurs, à l’époque basés à Macenta sont arrivés à Yendé et avaient tout saccagé sur leur passage. Selon lui, ils avaient volé plus de biens que les rebelles.

« Les ulimos sont venus de Macenta, mais on peut dire que c’était une autre fraction rebelle venue pour voler des biens. Ils avaient ramassé tous les biens qui étaient là ; ils les ont mis dans des gros véhicules pour aller avec. Macenta était plein de marchandises et des biens volés à Yende. D’ailleurs les rebelles n’avaient pas pris beaucoup mais les ulimos eux ils n’avaient rien laissé ; ils avaient tout pris », précise Moussa Sanoh.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant Régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél: (00224) 628 80 17 43

Créé le 22 septembre 2024 13:02

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