Exécution budgétaire en berne : Bah Oury pointe les responsabilités et annonce des mesures…

CONAKRY – À moins d’un mois de la clôture budgétaire 2025, le CNT révèle que 24 ministères et institutions affichent un taux d’exécution inférieur à 50 %. Interpellé sur ces contre-performances, le Premier ministre Bah Oury a apporté des explications ce vendredi 21 novembre.

Selon le chef du gouvernement, c’est dans ce contexte que la Primature a initié une évaluation finale s’inscrivant dans le principe de reddition des comptes, lequel exige de faire régulièrement le point sur les avancées et les faiblesses afin de corriger les insuffisances pendant qu’il est encore temps.

« Des lettres de mission ont été partagées avec tous les membres du gouvernement. À ces lettres de mission étaient adossés des contrats de performance permettant de mesurer l’efficience de leurs actions par rapport aux objectifs qui leur ont été assignés.

Il y a donc des auto-évaluations que chaque ministre, avec ses cabinets et ses conseillers, a réalisées. Maintenant que nous nous acheminons vers la fin de l’année, nous procédons à l’évaluation finale pour l’exercice 2025. Dans le processus de management et d’organisation du travail gouvernemental, il est devenu tout à fait traditionnel de mener, à chaque fin d’année, une évaluation permettant de déterminer ce qui a été fait, ce qui ne l’a pas été, comment cela a été réalisé, et d’en tirer des enseignements. Pour ce qui n’a pas été accompli, il s’agit d’identifier les facteurs bloquants ou les contraintes structurelles qui ont empêché l’exécution.

Tout cela doit permettre, pour l’exercice suivant, de se doter des moyens nécessaires afin d’assurer une plus grande efficacité de l’appareil gouvernemental dans sa globalité. C’est vrai, il y a beaucoup de lenteurs, mais le processus de transformation de l’administration ne fait que commencer. Nous avons des applications qui ont déjà montré des résultats dans la dynamique visant à améliorer la productivité de certains secteurs », a-t-il expliqué.

Les autorités exécutives ont l’obligation de faire en sorte que toutes ces applications, notamment dans le secteur du pôle financier, soient inter-opérables, a-t-il martelé.

« C’est-à-dire que la loi, le budget, les finances, le Trésor, la Banque centrale… chaque opération, dès qu’elle est engagée, puisse impacter l’ensemble de l’écosystème afin que nous puissions disposer, pratiquement en temps réel, de l’état de nos finances publiques. Ce n’est qu’un exemple, mais c’est un objectif que nous allons construire. Et je crois qu’au cours de l’année 2026, nous pourrons faire en sorte d’améliorer considérablement la capacité de l’ensemble des administrations à communiquer entre elles. Il ne s’agit pas seulement de se parler en face à face, mais aussi de permettre que leurs activités soient connues par d’autres services ou administrations qui en ont besoin. Cela va se faire », a-t-il ajouté.

Le Chef du Gouvernement précise qu’au niveau de la Fonction publique, par exemple, un processus d’automatisation et de numérisation de la paie est déjà en cours. « Désormais, dès que la procédure est engagée au niveau du ministère du Travail et de la Fonction publique, le circuit est automatisé pour permettre une plus grande transparence. Beaucoup d’aspects avec lesquels l’administration avait du mal par le passé ont disparu. Vous voyez que nous avançons également vers le développement de nouveaux moyens de paiement. »

Pour l’exercice 2026, poursuit-il, « nous allons progressivement réduire l’utilisation de la monnaie fiduciaire – c’est-à-dire la monnaie papier – afin que les opérations puissent être effectuées, via des mouvements scripturaux, de la manière la plus simple, pour assurer une meilleure vitesse de circulation de la monnaie. La Guinée est en pleine transformation, ce qui nécessite, à tous les niveaux, de réduire les lenteurs, les blocages et d’améliorer notre capacité d’absorption, c’est-à-dire la capacité à mettre rapidement un projet en exécution. Parce qu’il arrive qu’un dossier qui devrait être traité en huit jours le soit en six mois. Il va de soi que cela impacte négativement le pays et réduit la capacité de réactivité de certains agents de l’État », selon Amadou Oury Bah.

Pour le chef du gouvernement, ce sont des situations de ce genre qui ont conduit à la mise en place des contrats de performance, afin que chaque administration, à travers ses réalisations, puisse se regarder en face et constater que certaines difficultés ne sont pas liées à un manque de moyens, mais plutôt au facteur humain. « Au lieu de faire le travail, on garde un dossier pendant très longtemps pour des raisons qui ne sont pas du tout admissibles.

C’est cela qui fait que, parfois, la capacité à décaisser connaît des difficultés. Bien entendu, si les DAAF ou ceux qui s’occupent des aspects financiers dans les ministères ne sont pas suffisamment proactifs, et que de l’autre côté, les ministères chargés du décaissement et du paiement des factures des entrepreneurs prennent du retard, tout cela peut entraîner un décalage dans l’utilisation des crédits », a-t-il précisé.

Le Premier ministre ajoute qu’il existe aussi des facteurs conjoncturels liés à la mobilisation des ressources financières. « Certes, la mobilisation des recettes intérieures a beaucoup progressé cette année, mais les besoins de l’État restent très importants. Avec une plus grande discipline budgétaire et une meilleure organisation de nos finances, il sera possible de réguler les choses dans le cadre du budget-programme. »

« Quant aux actions extra-budgétaires — c’est-à-dire financer un projet qui n’était pas inscrit — il va de soi que lorsqu’on agit dans ce sens, on pénalise un autre projet déjà inscrit dans le pipeline budgétaire. Celui-ci pourrait ne pas obtenir son financement, parce que les ressources qui lui étaient destinées ont été utilisées pour un projet lancé de manière extra-budgétaire. Ce sont des questions qui feront que, dès l’année prochaine, avec l’introduction du budget-programme dans certains secteurs, il y aura davantage de discipline, plus d’efficacité et plus d’impact. Cela nous permettra, lorsqu’un projet est engagé, que le décaissement puisse se faire en toute diligence », a conclu le chef du gouvernement.

Nous y reviendrons!

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 21 novembre 2025 13:24

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