Nzérékoré: Ouverture d’un procès inédit qui fait « trembler » les coutumes
NZEREKORE – Le Tribunal de Première Instance (TPI) de Nzérékoré a ouvert une audience le jeudi 28 septembre 2025 pour juger plusieurs femmes du village de Moata, accusées de mutilations génitales féminines (MGF) sur des mineures. Il s’agit d’un procès inédit très suivi par les ONG de défense des droits humains.
L’affaire a éclaté après la découverte d’un camp d’excision à Moata, où une dizaine de jeunes filles auraient subi des mutilations. Une des victimes est une mineure dont la grand-mère s’était opposée à la pratique. La plainte a été déposée par Mme Jeannette Théa, avec le soutien d’ONG. Le rapport du médecin légiste de l’hôpital de Nzérékoré a révélé que la jeune fille souffrait d’un état de santé jugé grave, avec une Incapacité Totale de Travail (ITT) de 32 jours.

Maître Michel Théodore Loua, avocat de la partie civile, a insisté sur la gravité des faits : « L’excision, qualifiée de mutilation génitale féminine, est interdite par le code pénal et le code de l’enfant. Même si la mineure n’a pas été contrainte physiquement, la loi la protège en raison de son âge. Le rapport médical prouve la gravité de son état. »
Lansana Chérif, Substitut du procureur près le TPI de Nzérékoré, a confirmé que l’enquête a révélé qu’une dizaine de filles ont été victimes sur ce site. Il a rappelé que, bien que coutumière, la pratique est illégale : « Une enquête a confirmé qu’une dizaine de jeunes filles ont été victimes de mutilations dans ce site. Malgré son caractère coutumier, l’excision est interdite par la législation guinéenne. Les cinq prévenues ont reconnu les faits qui leur sont reprochés, mais bénéficient toujours de la présomption d’innocence. Le dossier est renvoyé à la semaine prochaine pour permettre aux spécialistes de se prononcer sur les aspects juridiques. »

De son côté, l’avocat de la défense, Maître Siba Michel Kolié, a commenté le rejet de la demande de mise en liberté de ses clientes : « Le président Audiencier a estimé que les garanties n’étaient pas réunies. Je respecte sa décision et j’attends le jour des plaidoiries et des réquisitions. »
Ce procès historique, qui reprendra la semaine prochaine, est considéré comme un signal fort de la part des autorités judiciaires guinéennes contre les Mutilations Génitales Féminines.

Dossier à suivre!
SAKOUVOGUI Paul Foromo
Pour Africaguinee.com
Créé le 29 août 2025 12:15Nous vous proposons aussi
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