Examens nationaux 2026 : Alpha Bacar Barry dévoile les consignes du président Doumbouya et met en garde les fraudeurs
CONAKRY – À quelques heures du lancement des examens nationaux, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, se veut rassurant. Après une visite des centres stratégiques de préparation, le patron du département a affirmé que toutes les dispositions logistiques, pédagogiques et sécuritaires sont réunies pour garantir le bon déroulement des évaluations.
Cette année, un total de 595 449 candidats est inscrit aux différents examens nationaux en Guinée, toutes filières confondues.
Dans le détail, l’enseignement technique et la formation professionnelle enregistre 26 026 candidats, tandis que l’enseignement général compte 569 423 candidats.
Parmi eux, les filles sont au nombre de 281 486, réparties entre 17 464 candidates pour l’enseignement technique et 264 022 candidates pour l’enseignement général.
Interrogé sur l’état des préparatifs, le ministre a déclaré que l’ensemble du dispositif est désormais opérationnel.
« Cet endroit que nous avons visité est le cœur de la préparation des examens nationaux. C’est là que se fait la préparation des sujets par les inspecteurs disciplinaires, c’est là que s’organise toute la logistique, c’est là également que sont élaborées les dernières consignes ainsi que les différentes mesures anti-fraude. Après avoir constaté de près le niveau d’avancement des travaux, je peux affirmer aujourd’hui que nous sommes prêts à 100 %. Nous sommes fin prêts à attaquer cette session et à dérouler des examens crédibles sur toute l’étendue du territoire national », a assuré Alpha Bacar Barry.
Alors que les examens nationaux mobilisent chaque année d’importants moyens humains et financiers, la question de la fraude continue de susciter des inquiétudes. Le ministre reconnaît l’ampleur du défi, mais insiste sur la détermination des autorités à préserver l’intégrité du système éducatif.
« Il s’agit d’un peu moins de 600 000 personnes qui vont entrer dans une zone d’évaluation et de stress. C’est donc un défi organisationnel majeur. Mais en face de nous, nous avons également malheureusement des compatriotes qui ont choisi le parti de la fraude et de la facilité. À ceux-là, nous demandons de rester tranquilles et de rester à la maison. Toutes les dispositions logistiques ont été prises. Le Gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre et du Président de la République, nous a donné des instructions très claires. Nous ne devons pas organiser des examens de barrage destinés à exclure des élèves du système éducatif. En revanche, nous devons impérativement organiser des examens crédibles, capables de sécuriser le processus d’apprentissage et de garantir une évaluation juste de nos apprenants », a-t-il expliqué.
Le ministre a également détaillé le calendrier des différentes évaluations qui démarrent ce lundi avec l’enseignement technique et la formation professionnelle.
« Pour le cas de demain, lundi 15 juin, nous allons commencer par l’enseignement technique et la formation professionnelle avec le lancement de la session pratique des examens. Ce sera le coup d’envoi officiel sur toute l’étendue du territoire national. Ensuite suivront les examens d’entrée en 7ème année, communément appelés Certificat d’études élémentaires, puis le Brevet d’études du premier cycle avant de terminer avec le Baccalauréat unique. Le Président de la République a donné des instructions claires afin de raccourcir les délais de correction pour permettre la publication rapide des résultats. Dans sa volonté de donner une chance à tous les candidats, il a également instruit l’organisation d’une session de rattrapage pour certains candidats au baccalauréat qui rencontreraient des difficultés à valider l’ensemble des épreuves », a annoncé le ministre.
Évoquant la vision de développement portée par le programme Simandou 2040, le ministre estime que la qualité des évaluations constitue un levier essentiel pour la construction d’un capital humain compétent.
« Cela consacre la qualité de la ressource humaine. L’école doit garantir un accès à un emploi durable et productif pour les jeunes Guinéens, mais elle doit aussi former des citoyens compétents. Pour construire cette compétence, il faut être rigoureux dans l’apprentissage, rigoureux dans l’évaluation et permettre à chaque apprenant de trouver sa voie. Nous devons offrir plusieurs parcours : le parcours classique, le parcours alternatif et le parcours professionnel. Ceux qui quitteront l’école pourront bénéficier de formations post-primaires et post-secondaires dans différents métiers. Quant au parcours professionnel, il est fondamental dans le cadre du programme Simandou 2040 qui vise une industrialisation massive du pays et le développement à grande échelle de l’agriculture. Pour réussir cette transformation, nous avons besoin d’une main-d’œuvre qualifiée. C’est pourquoi nous devons développer un système d’enseignement technique et de formation professionnelle performant, capable de former les Guinéens de demain », a souligné le ministre.
Concernant la participation des filles, Alpha Bacar Barry s’est réjoui des statistiques enregistrées cette année, qu’il considère comme encourageantes pour l’avenir du pays.
« Les statistiques sont la photographie fidèle de notre réalité. Pour les examens de l’enseignement technique qui débutent demain, sur 26 026 candidats, nous comptons 17 464 filles. Pour les examens de l’enseignement général, sur 569 423 candidats, nous enregistrons 264 022 filles. Cela démontre que les jeunes filles occupent désormais une place importante dans notre système éducatif. Notre responsabilité consiste maintenant à les maintenir à l’école, à les protéger et à les accompagner jusqu’à la fin de leur parcours scolaire. Avec de telles statistiques, nous pouvons progressivement rajeunir et féminiser notre main-d’œuvre nationale. C’est la preuve de notre volonté de bâtir une ressource humaine qualifiée, compétente et inclusive », a-t-il affirmé.
S’adressant aux différentes parties prenantes, le ministre a lancé un appel à la responsabilité collective afin de garantir le succès des examens.
« Je remercie le Gouvernement et le Chef de l’État pour leur accompagnement constant dans l’organisation pratique de ces examens. Aux enseignantes et enseignants, j’adresse un message d’encouragement afin qu’ils fassent preuve de rigueur et de sérieux dans la conduite des évaluations. Aux parents d’élèves, qui occupent une place centrale dans ce processus, je demande d’accompagner leurs enfants, de les soutenir psychologiquement et de les encourager. Mais surtout, je leur demande d’être les premiers acteurs de la lutte contre la fraude. Un parent qui encourage son enfant à frauder est en train de construire un citoyen qui vivra dans la tricherie. Il est normal qu’un élève ait parfois des difficultés. L’apprentissage est un processus continu. Aujourd’hui, il peut obtenir de faibles résultats, mais demain il peut progresser. C’est cet effort de progression qui construit l’homme. La fraude, elle, représente simplement la facilité », a-t-il martelé.
Pour conclure, Alpha Bacar Barry a invité l’ensemble des Guinéens à accompagner les candidats durant cette période particulièrement sensible.
« Je demande aux parents d’être sereins. Je demande à tout le peuple de Guinée d’accompagner ses élèves dans ce processus d’évaluation. Ceux qui peuvent les aider dans les déplacements ou dans l’organisation pratique doivent le faire. C’est une période de stress pour nos enfants. Nous devons faire preuve de compréhension, de bienveillance et de solidarité. Ensemble, nous allons construire un système éducatif performant, transparent et inclusif », a conclu le ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique.
Nous y reviendrons
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 14 juin 2026 21:56Nous vous proposons aussi
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