Étudier à l’heure du numérique : Comment les étudiants s’adaptent et innovent malgré les défis infrastructurels?

CONAKRY- À l’heure où les technologies de l’information connaissent une expansion fulgurante à travers le monde, de nombreux étudiants guinéens se heurtent encore à des défis infrastructurels majeurs au cours de leur cursus. Pourtant, au cœur de cette précarité, certains parviennent à « sortir la tête de l’eau ». Si une partie des effectifs peine à suivre la cadence, d’autres redoublent d’ingéniosité en exploitant le peu de moyens à leur disposition.

Le constat amer de Sonfonia

Dans le cadre de ce reportage, nous nous sommes rendus à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia (UGLCS). Dès la cour de l’établissement, les discussions entre étudiants reflètent une préoccupation majeure : le manque criard d’outils numériques et l’absence de connexion Wi-Fi.

Malgré ces obstacles, les étudiants tentent de s’adapter. C’est le cas de Jonas Wamouno, étudiant en Licence 3 au département Linguistique et Communication, rencontré à la sortie des cours.

Pour lui, l’innovation est une nécessité de survie académique : « Nous avons du mal à faire des recherches. Il y a des travaux qui nous sont confiés et qui nécessitent des recherches, mais nous peinons à nous en sortir à cause du manque d’infrastructures. Nous sommes souvent obligés de faire appel à l’IA (intelligence artificielle) pour traiter nos devoirs, faire des innovations et autres. »

Le système D comme alternative

Le constat est identique pour Fanta Keïta, étudiante en Licence 2 au département Géographie. Face à l’absence du matériel promis par les autorités, le smartphone devient l’outil de travail principal, bien que limité.

« Ce n’est pas facile. Avec des tas de devoirs de maison, nous faisons usage des téléphones. Dans un passé récent, les autorités nous ont promis des ordinateurs, mais nous n’avons rien vu jusque-là. Nous invitons le gouvernement à faire face à cette situation », a-t-elle lancé.

Pour d’autres, l’adaptation passe par l’investissement personnel. Alpha Ibrahima Barry, étudiant en Licence 3 (Aménagement du territoire et Urbanisme), explique comment il parvient à innover malgré des ressources restreintes.

« Malgré les défis infrastructurels, nous arrivons à nous débrouiller avec nos propres moyens, notamment en suivant des formations liées à la technologie. Vous savez, dans les universités, il y a souvent un manque de connexion. Mais avec nos petits moyens, nous arrivons nous-mêmes à acheter la connexion. »

Un cri du cœur pour une modernisation réelle

L’Université de Sonfonia n’est pas un cas isolé. De nombreuses autres institutions d’enseignement supérieur du pays, abritant des milliers d’étudiants, partagent ces mêmes réalités précaires.

Aujourd’hui, le souhait le plus ardent de ces futurs cadres est clair : une dotation massive en outils informatiques, une connexion Wi-Fi stable sur les campus et une mise à jour documentaire des bibliothèques. En attendant que ces appels soient entendus, l’étudiant guinéen continue d’apprendre sur le fil, entre résilience et soif de savoir numérique.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 29 janvier 2026 09:06

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