États-Unis : un jeune Guinéen accusé d’agression au cœur d’un bras de fer entre l’ICE et les autorités de l’État de New York

Aux États-Unis, un jeune immigré guinéen sans papiers est au centre d’un bras de fer entre l’ICE et l’État de New York. Alpha Bah, c’est son nom. Il est accusé d’avoir agressé un policier.

Alors que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) dénonce sa libération, les dirigeants de l’État et de la ville de New York maintiennent leur refus de “coopérer aveuglément” avec les services fédéraux de l’immigration.

Selon la presse américaine, ce ressortissant guinéen est entré illégalement sur le territoire américain en novembre 2023 par l’Arizona.  Arrêté une première fois en janvier 2025 pour violation de domicile, puis de nouveau en juin 2026 pour fraude dans les transports, le jeune homme avait été libéré à chaque reprise par les autorités locales sans qu’une demande de détention fédérale ne puisse aboutir.

Le dernier épisode en date a marqué une escalade. Interpellé à Queens pour “agression armée avec une arme mortelle sur un officier de police, refus d’obtempérer et entrave à l’administration gouvernementale”, M. Bah a une nouvelle fois fait l’objet d’une demande de rétention émise le 7 octobre 2026 par le Service des douanes et de la police des frontières (ICE).

En application des réglementations locales, le Département de la police de New York (NYPD) a ignoré l’avertissement fédéral et libéré le prévenu sans en informer l’ICE. Alpha Bah demeure depuis lors introuvable. Un appel à témoin a été lancé pour le retrouver.

Le DHS hausse le ton

Cette décision a provoqué l’agacement immédiat de l’administration fédérale. Le secrétaire du Département de la Sécurité intérieure (DHS), Markwayne Mullin, a fustigé la politique locale de protection des sans-papiers, estimant qu’elle mettait en danger la sécurité publique.

« Ce clandestin a été arrêté pour avoir agressé un officier de police avec une arme mortelle. Malgré ces accusations violentes, les politiciens sanctuaires de la ville de New York ont refusé d’honorer la demande de détention de l’ICE et l’ont libéré dans la rue », s’est indigné Markwayne Mullin dans un communiqué, appelant les responsables politiques locaux à revoir leur posture légale.

Le DHS insiste sur le fait que la coopération entre l’ICE et les forces de l’ordre locales demeure indispensable pour éloigner les individus dangereux des communautés américaines, affirmant au passage que la majorité des villes les plus sûres du pays collaborent étroitement avec les services fédéraux de l’immigration.

Fermeté judiciaire et protection des droits

Face aux critiques de Washington, les représentants de l’État de New York défendent la légalité et le bien-fondé de leurs textes.

La gouverneure démocrate de l’État de New York, Kathy Hochul, qui a promulgué en mai une loi interdisant aux forces de l’ordre locales de signer des accords formels avec l’ICE, rejette tout laxisme. Par la voix de sa porte-parole, la gouverneure rappelle sa « tolérance zéro pour la violence » et assure que toute personne reconnue coupable d’un crime violent doit être poursuivie avec la plus grande rigueur. L’État indique transmettre les informations concernant les non-citoyens purgeant une peine dans les prisons d’État, tout en refusant de cautionner des campagnes de détention jugées aveugles à l’encontre des travailleurs immigrés.

De son côté, le mairie de New York a réaffirmé le statut de sanctuaire de la métropole par décret exécutif. Son texte restreint l’accès aux données personnelles des sans-papiers et encadre les interventions de l’ICE sur les propriétés municipales.

Alors qu’Alpha Bah reste activement recherché, cette affaire illustre la fracture profonde qui persiste aux États-Unis en matière d’immigration.

Focus Africaguinee.com

Créé le 30 octobre 2026 16:01

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