Entrepreneuriat dans les industries créatives : L’AGUIPEE et ses partenaires lancent une formation stratégique pour 50 jeunes

CONAKRY – L’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat (AGUIPEE), en partenariat avec le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FODAC) et la Fondation Diaka Camara, a lancé ce jeudi 4 juin 2026 une formation dédiée à l’entrepreneuriat dans les industries créatives autour du thème : « Créer, produire et monétiser un podcast culturel ».

La cérémonie d’ouverture s’est tenue au siège de l’AGUIPEE à Dixinn, en présence de responsables institutionnels, de partenaires culturels, de professionnels des médias et des 50 participants sélectionnés parmi plusieurs centaines de candidats.

Dans son discours d’ouverture, le Directeur général adjoint de l’AGUIPEE, Abdallah Konaté, a souligné l’importance de cette initiative dans un contexte où les métiers du numérique et de la création de contenus offrent de nouvelles perspectives d’emploi aux jeunes.

« À l’ouverture des inscriptions, 677 jeunes Guinéens ont manifesté leur intérêt pour cette formation. Seuls 50 candidats ont été retenus. Vous avez été choisis parce que vous portez une vision, un potentiel et la capacité de transformer vos idées en projets concrets », a-t-il déclaré. Selon lui, les industries culturelles et créatives constituent aujourd’hui un véritable levier de développement économique. « Nos cultures, nos récits et nos identités ne sont pas seulement des patrimoines à préserver. Ce sont des ressources à valoriser et à transformer en moteurs de croissance », a-t-il affirmé.

Le podcast, un outil d’avenir

Selon le directeur général adjoint de l’AGUIPEE, le choix du podcast culturel n’est pas fortuit. Accessible, flexible et peu coûteux, ce format permet aux jeunes créateurs de raconter leurs réalités, de valoriser leur patrimoine et de toucher des audiences bien au-delà des frontières nationales.

Pendant cinq jours de formation intensive, suivis d’une phase pratique, les bénéficiaires seront initiés à toutes les étapes de la production d’un podcast, de la conception éditoriale à la monétisation, en passant par la création de contenus de qualité et le développement d’une audience.

« Si nous ne racontons pas nos histoires, d’autres le feront à notre place »

Prenant la parole à son tour, la présidente de la Fondation Diaka Camara a insisté sur la nécessité pour les Africains de maîtriser leur propre narration. « Lorsque j’ai créé CBC Worldwide, je suis partie d’une conviction simple : si nous ne racontons pas nous-mêmes nos histoires, d’autres les raconteront à notre place. Et souvent, ils ne les raconteront ni avec notre vérité, ni avec notre sensibilité, ni avec notre dignité », a-t-elle expliqué.

Pour la journaliste et entrepreneure, les industries créatives ne doivent plus être perçues comme un secteur secondaire. « Elles créent de l’emploi, valorisent notre culture, renforcent notre identité collective et participent activement au développement économique de notre pays », a-t-elle souligné devant les participants.

Elle a également rappelé que plus de 600 candidatures avaient été enregistrées pour seulement 50 places disponibles. « Vous faites partie des 50 retenus. Derrière chacun d’entre vous, il y a plusieurs autres jeunes qui auraient voulu être assis à votre place. Ne venez pas chercher seulement un certificat. Venez chercher une compétence, une méthode et une vision », a-t-elle lancé.

Le FODAC promet des ordinateurs aux dix meilleurs participants

De son côté, le Directeur général du FODAC, Malick Kébé, a salué l’initiative portée par la Fondation Diaka Camara et l’AGUIPEE, estimant que le journalisme culturel mérite davantage de professionnalisation en Guinée.

« Aujourd’hui, il ne s’agit plus simplement d’écrire un texte. Il faut savoir valoriser l’image de nos artistes, produire des contenus de qualité et contribuer au rayonnement de notre culture », a-t-il indiqué.

Pour encourager l’excellence, il a annoncé une récompense destinée aux meilleurs apprenants. « Les dix premiers de cette formation recevront chacun un ordinateur. C’est une manière de les encourager à se surpasser et à disposer d’outils leur permettant de mieux travailler », a-t-il annoncé sous les applaudissements. Le responsable du FODAC a également insisté sur la nécessité de pérenniser ce type d’initiative afin d’offrir davantage d’opportunités aux nombreux jeunes restés sur la liste d’attente.

Former des créateurs capables de raconter la Guinée au monde

Principal formateur de cette session, Brice Albin Yamedzeu a rappelé le rôle central de la culture dans le rayonnement des nations. « La culture est la fenêtre d’un pays sur le monde. Le monde découvre un pays à travers sa culture. C’est pourquoi il est important de produire des contenus de qualité à la hauteur de la richesse de nos pays », a-t-il expliqué.

L’expert entend accompagner les participants dans la création de contenus destinés aux plateformes numériques, aux réseaux sociaux et, à terme, aux médias internationaux. « Notre ambition est d’aider ces créateurs à rêver grand, à mieux raconter leur patrimoine, leur histoire et leur culture, tout en développant des projets capables de toucher des audiences nationales et internationales », a-t-il conclu.

À travers cette formation, les partenaires espèrent contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs et d’entrepreneurs culturels capables de transformer leur talent en activité économique durable, tout en participant à la promotion de l’image de la Guinée sur les plateformes numériques.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 4 juin 2026 16:32

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,