Enseignement supérieur : Les « 50Phd » recrutés par le Gouvernement crient au « scandale »…
CONAKRY- Recrutés par le gouvernement guinéen pour rehausser le niveau du système de l’Enseignement supérieur, au sein des universités guinéennes, les “50PHD”, en ont marre par rapport à la situation qu’ils traverent.
Ce mercredi 22 janvier, ils ont décidé de prendre la parole à la maison de la presse pour attirer l’attention des hautes autorités du pays et les inviter à prendre des mesures appropriées pour résoudre ce qu’ils appellent un « triple dysfonctionnement grave ».
Dans leur déclaration, ces enseignants dénoncent des problèmes qui caractériseraient depuis trop longtemps le fonctionnement du ministère en charge de l’Enseignement, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Ils pointent notamment, le retard systématique dans le paiement des salaires, la discrimination salariale entre chercheurs guinéens et leurs homologues étrangers, et le manque de visibilité sur le financement des activités de recherche dans les universités.
Dans leur déclaration lue devant la presse par Dr Siba Théodore KOROPOGUI, ces 50PHD soulignent que ces dysfonctionnements entravent la requalification du système d’Enseignement, de la Recherche et de l’Innovation de la Guinée.
Le non-paiement des salaires à temps
« Ces docteurs dont certains viennent des universités européennes, américaines, asiatiques et sous-régionales, ayant décidé de rentrer pour servir leur pays, expriment leur affliction causée par le traitement qui leur a été réservé par l’État qui les a pourtant non seulement recrutés mais aussi invités à abandonner des postes universitaires qu’ils occupaient ailleurs, en leur promettant des salaires encourageants […]», a-t-il souligné.

« Ce refus injustifié », disent-ils, a non seulement des répercussions négatives sur leur travail mais aussi sur leurs vies familiales et professionnelles. Ces enseignants exigent donc le paiement immédiat de leurs salaires (octobre, novembre, décembre et janvier).
Discrimination salariale entre eux et leurs collègues étrangers
L’autre problème majeur qu’ils ont soulevé lors de cette conférence de presse concerne les disparités salariales entre les docteurs étrangers et leurs homologues nationaux.
« Les chercheurs guinéens, souvent attirés par la volonté de servir notre patrie, se retrouvent historiquement discriminés par leur propre État qui les soumet à des conditions salariales moins favorables que celles de leurs homologues étrangers », déplore le porte-parole.

Pourtant, dira Dr Siba, « ils ont été tous recrutés selon les mêmes concours, pour les mêmes services et avec les mêmes diplômes et qualifications. Un professeur étranger qui enseigne en Guinée touche par exemple un salaire mensuel de 43 millions GNF, alors que son homologue guinéen de grade professeur ne touche qu’un salaire de base de 14 millions GNF », a-t-il souligné.
Ces enseignants chercheurs demandent ainsi l’intervention des hautes autorités pour rectifier cette ‘’injustice scandaleuse » qui, selon eux, « n’existe nulle part dans le monde et qui ternit l’image de notre pays ».
« Pendant que le ministère offre à leurs collègues étrangers de meilleures conditions de travail, ils excluent sans raison légale et injustement des docteurs guinéens admis au concours et confirmés par l’arrêté portant publication des résultats », dénoncent les « 50PHD ».
Manque de visibilité sur le financement de leurs activités de recherche
Les «50PHD » dénoncent le manque de visibilité sur le financement de la recherche en Guinée. Selon eux, ce manque de visibilité complique le financement des projets de recherche et d’innovation et décourage les jeunes talents de s’engager dans une carrière scientifique. Ils invitent leur département à mettre en place des mécanismes de financement clairs pour garantir une répartition équitable et efficiente du budget destiné aux projets et aux programmes rattachés au titre 5 (« Investissements ») du budget alloué au ministère dans le cadre de la Loi des Finances.

Face à cette situation, ces enseignant chercheurs ont exprimé la nécessité d’une réponse urgente de la part des hautes autorités du pays pour amener les services compétents de l’État à prendre des mesures idoines pour garantir des paiements réguliers des salaires, améliorer les modalités de financement de la Recherche et de l’Innovation et corriger les disparités salariales qui « écornent », selon eux, l’image de la Guinée.
A suivre!
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 24 janvier 2025 07:40Nous vous proposons aussi
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