Enquête sur la « coopération militaire » entre Paris et Conakry : L’ex député français Sébastien Nadot soulève des réserves…
PARIS-La création en France d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur la nature et la profondeur des relations entre Paris et Conakry notamment dans le domaine sécuritaire a-t-elle une chance d’aboutir ? L’ancien député français de la 15ème législature Sébastien Nadot émet des réserves.
« Une demande d’ouverture de commission d’enquête n’aboutit quasiment jamais à la commission des affaires étrangères. Et Malheureusement celle d’Aurelien Saintoul sur la Guinée ne devrait même pas être examinée en commission », indique l’ancien élu de la Haute-Garonne, interrogé par Africaguinee.com.
Dans leur proposition de résolution, le groupe de députés note que depuis le renversement du président Alpha Condé, la Guinée est sous le contrôle du général Mamadi Doumbouya qui avait initialement promis une transition démocratique de trois ans, avec l’engagement qu’il quitterait le pouvoir au plus tard en janvier 2025.
Alors que la mise en œuvre de cette promesse s’éloigne à des horizons incertains, les élus français pointent notamment des violations des droits humains observées en Guinée devant lesquelles « la France est restée étonnamment silencieuse ».
D’où leur initiative de mettre en place cette commission d’enquête devant permettre d’éclairer la représentation nationale (française) sur la nature et la profondeur des relations entre l’État français et le régime de transition militaire au pouvoir en Guinée. Elle aura également pour mission de vérifier la conformité de cette coopération avec les principes du droit international et la défense des droits humains.
L’ancien député Sébastien Nadot relève que le groupe LFI (La France Insoumise) n’a la possibilité d’ouvrir qu’une seule commission d’enquête jusqu’en juin 2025. Du coup, prédit-il, « ce ne sera pas sur la Guinée mais sur un sujet plus franco français ».
« Depuis 2010, et les modifications du système des commissions d’enquête, je crois que celle que j’ai ouverte et présidée en 2021 (sur la maltraitance des migrants en France) est la seule ouverte en commission des affaires étrangères », observe-t-il.
La Guinée n’est pas un « sujet suffisamment porteur » en France, souligne l’ancien élu qui a suivi de près l’évolution de la situation politique à Conakry, notamment dans le sillage de la réforme constitutionnelle ayant permis à Alpha Condé de s’offrir un troisième mandat.
« Aurelien Saintoul sait pertinent qu’elle (commission d’enquête, ndlr) ne sera pas ouverte mais son travail a le mérite de mettre un peu dans le jeu politique la situation en Guinée, dont la France ne peut s’affranchir en disant qu’elle n’y est pour rien », explique M. Nadot.
Affaire à suivre !
Boubacar 1 DIALLO
Pour Africaguinee.com
Créé le 17 octobre 2024 11:08Nous vous proposons aussi
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