Emmanuel Macron : « Je déclare que la France reconnaît l’État de Palestine »
NEW YORK- Dans un discours solennel prononcé devant l’Assemblée générale des Nations Unies ce lundi 22 septembre 2025, le président Emmanuel Macron a déclaré que la France reconnaît officiellement l’État de Palestine, rejoignant ainsi une dynamique internationale en faveur de la paix au Proche-Orient.
« Pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien, je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine », a affirmé le chef de l’État français, devant les représentants de la communauté internationale.
Cette reconnaissance de l’Etat de la Palestine par la France intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par près de deux années d’escalade militaire à Gaza et un enlisement du processus de paix. Cette reconnaissance vise donc à « briser le cycle de la guerre et de la destruction » et à relancer la perspective d’une solution à deux États, conformément aux résolutions fondatrices de l’ONU depuis 1947.
« Le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite. Le temps est venu car l’urgence est partout. Le temps de la paix est venu car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir. C’est pour cela que nous nous retrouvons aujourd’hui. Certains diront trop tard, d’autres diront trop tôt. Une chose est sûre, nous ne pouvons plus attendre.
En 1947, cette Assemblée décidait du partage de la Palestine mandataire entre deux États, l’un juif et l’autre arabe, et reconnaissait ainsi le droit de chacun à l’autodétermination. La communauté internationale consacrait là l’État d’Israël, accomplissant le destin de ce peuple, enfin, après des millénaires d’errances et de persécutions, et qui put fonder là une si belle démocratie. La promesse d’un État arabe, elle, reste jusqu’à ce jour inachevée.
Depuis lors, c’est un long chemin d’espérance et de désespoir mêlés, qu’Israéliens et Palestiniens ont parcourus chacun à leur manière. Et nous, nous avons cheminé avec eux, chacun d’entre nous selon son histoire et selon sa sensibilité. Mais la vérité est que nous portons la responsabilité collective d’avoir failli jusqu’ici à bâtir une paix juste et durable au Proche-Orient », a tout d’abord rappelé le président français.
« Rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza »
« A cette heure, Israël, étend encore ses opérations militaires à Gaza dans l’objectif déclaré de détruire le Hamas, mais ce sont les vies de centaines de milliers de personnes déplacées, blessées, affamées, traumatisées, qui continuent d’être détruites, alors même que le Hamas a été considérablement affaibli et que la négociation d’un cessez-le-feu durable reste le moyen le plus sûr d’obtenir la libération des otages. Rien, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Rien.
Tout commande, au contraire, d’y mettre un terme définitif maintenant, à défaut de l’avoir fait plus tôt, pour sauver des vies. Les vies des otages israéliens encore détenus dans des conditions atroces, les vies des centaines de milliers de civils palestiniens accablés par la faim, la souffrance, la peur de mourir, le deuil de leurs proches. Sauver toutes les vies.
Car depuis désormais près de deux ans, c’est bien la négation de l’humanité de l’autre et le sacrifice de la vie humaine qui prévale. Oui. Depuis le 7 octobre, c’est bien la vie de l’autre qui est niée. Nous le disons depuis le premier jour de la guerre à Gaza, une vie vaut une vie. (…)
Une vie vaut une vie.
Notre devoir à tous est de protéger les uns et les autres. Devoir indivisible comme l’est notre humanité commune. Une solution existe pour briser le cycle de la guerre et de la destruction. C’est la reconnaissance de l’autre, de sa légitimité, de son humanité, de sa dignité. Que les uns et les autres rouvrent les yeux et voient des visages humains, là où la guerre a placé le masque de l’ennemi ou les traits d’une cible. C’est la reconnaissance qu’Israéliens et Palestiniens vivent dans une solitude jumelle. Solitude des Israéliens après le cauchemar historique du 7 octobre 2023. Solitude des Palestiniens à bout de force dans cette guerre sans fin », a fait savoir Emmanuel Macron devant l’assemblée générale des Nations Unies.
Il est temps
‘‘Le temps est venu’’, déclare le Président Emmanuel Macron car selon lui, ‘‘le pire peut advenir’’.
« Qu’il s’agisse du sacrifice de tant d’autres civils, de l’expulsion de la population de Gaza vers l’Égypte, de l’annexion de la Cisjordanie, de la mort des otages détenus par le Hamas ou des faits accomplis qui changent de manière irréversible la situation sur le terrain. C’est pour cela, que nous devons, aujourd’hui, ici même, ouvrir ce chemin de paix.
Car depuis juillet dernier, l’accélération des événements est terrible. Et au point où nous en sommes, il est à craindre que les accords d’Abraham ou de Camp David soient remis en cause par l’action d’Israël et que la paix devienne impossible pour longtemps au Moyen-Orient. Il pèse donc sur nous une responsabilité historique.
Nous devons tout faire pour préserver la possibilité même d’une solution à deux États, Israël et la Palestine vivant côte à côte, en paix et en sécurité. Le temps est venu. C’est pourquoi, fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche-Orient, pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien, je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine.
Cette reconnaissance est une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple en trop, qu’il est au contraire ce peuple qui ne dit jamais adieu à rien, un peuple fort de son histoire, de son enracinement, de sa dignité. Et la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien n’enlève rien au droit du peuple israélien que la France a soutenu dès le premier jour et au respect desquels elle n’est pas moins attachée. Précisément car nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la solution qui seule permettra la paix pour Israël », a déclaré le président français qui affirme par la suite que cette reconnaissance de l’État de Palestine « est une défaite pour le Hamas comme pour tous ceux qui attisent la haine antisémite nourrissent des obsessions antisionistes et veulent la destruction de l’État d’Israël », a-t-il officiellement déclaré.
Cette reconnaissance de la France à l’Etat Palestinien est accompagnée par celles d’Andorre, de l’Australie, de la Belgique, du Canada, du Luxembourg, de Malte, de Monaco, du Portugal, du Royaume-Uni, de Saint-Marin après le choix fait par l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie en 2024 et tant d’autres auparavant.
« Cette reconnaissance ouvre le chemin d’une négociation utile aux Israéliens comme aux Palestiniens. Ce chemin est celui du plan de paix et de sécurité pour tous que l’Arabie Saoudite et la France ont soumis au vote de cette Assemblée qu’il a adoptée à une très large majorité », a ajouté Emmanuel Macron qui a fait savoir qu’il appartient maintenant à tout le monde de déclencher un mécanisme de paix répondant aux besoins de chacun.
« Le premier temps de ce plan de paix et de sécurité pour tous est celui de l’urgence absolue, celle de coupler la libération des 48 otages et la fin des opérations militaires sur tout le territoire de Gaza. Je salue les efforts du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis pour y parvenir et demande à Israël de ne plus rien faire qui entrave leur aboutissement. Le Hamas a été vaincu sur le plan militaire par la neutralisation de ses chefs et de ses décideurs.
Il doit l’être sur le plan politique pour être véritablement démantelé. Dès lors que le cessez-le-feu aura été agréé, c’est un effort massif que nous devrons produire collectivement pour porter secours à la population de Gaza. Et je remercie l’Égypte et la Jordanie de leur engagement ici et rappelle à Israël l’obligation absolue qui est la sienne de faciliter l’accès humanitaire à Gaza pour aider une population aujourd’hui démunie de tout.
Le deuxième temps est celui de la stabilisation et de la reconstruction à Gaza. Une administration de transition intégrant l’autorité palestinienne, la jeunesse palestinienne accompagnée de forces de sécurité dont nous accélérerons la formation aura le monopole de la sécurité à Gaza. Elle mettra en œuvre le démantèlement et le désarmement du Hamas avec le soutien des partenaires internationaux et les moyens qui seront nécessaires à cette mission difficile.
La France est prête à contribuer à une mission internationale de stabilisation et à soutenir avec ses partenaires européens la formation et l’équipement des forces de sécurité palestiniennes. Dès lors que la négociation le permettra, le Conseil de sécurité pourra décider le déploiement d’une mission de soutien civil et sécuritaire en liaison avec les autorités palestiniennes avec le consentement des autorités israéliennes. Il reviendra aussi à l’Etat de Palestine de rendre espoir à sa population éprouvée par des années de violence, d’occupation mais aussi de division et d’incurie », a proposé Emmanuel qui annonce aussi être prêt à nommer un ambassadeur auprès de l’Etat de Palestine mais sous condition.
« Je pourrai décider d’établir une ambassade auprès de l’État de Palestine dès lors que tous les otages détenus à Gaza auront été libérés et qu’un cessez-le-feu aura été établi », a annoncé Emmanuel Macron.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 23 septembre 2025 08:51
Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: diplomatie, France, ONU, Palestine









