Elhadj Mamadou “Aïguel” : « Bah Oury est le meilleur Premier ministre de l’histoire de la Guinée… »
CONAKRY – À quelques mois d’échéances politiques majeures en Guinée, notamment le référendum constitutionnel prévu en septembre 2025 et l’élection présidentielle très attendue, les débats autour de la gouvernance, de la transition en cours et de l’avenir du pays s’intensifient.
Dans ce contexte, Africaguinee.com donne la parole à Elhadj Mamadou Bah, alias “Aïguel”, président du Mouvement pour l’Unité et la Paix en Guinée (MUPG) et fidèle compagnon du Premier ministre Amadou Oury Bah. Fervent observateur de la scène politique nationale, celui que certains surnomment “le Citoyen du Monde” revient dans cet entretien sur ses relations avec le chef du gouvernement, livre son regard sur la gestion du CNRD, partage ses attentes concernant le processus constitutionnel et s’exprime sur une éventuelle candidature du général Mamadi Doumbouya.
AFRICAGUINEE.COM : Alors, pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
ELHADJ MAMADOU BAH « AIGL » : Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer et merci également aux nombreux lecteurs d’Africaguinee.com. Je m’appelle Elhadj Mamadou Bah (Aigl), acteur engagé pour la cause humaine — comme certains aiment m’appeler — Citoyen du Monde.

Vous êtes le président du Mouvement pour l’Unité et la Paix en Guinée. Quelles sont les ambitions que vous portez à travers cette structure ?
Mes ambitions sont énormes. Le mouvement pour l’Unité et la Paix en Guinée, c’est d’abord une espérance. Ce que j’attends — et que j’exprime aussi au nom de mes frères et sœurs bénis de Guinée —, c’est que nous disions tous « oui » à la dignité dans la paix, au développement économique, social et culturel de notre pays. Nous devons lutter contre l’ignorance, établir la justice sociale, renforcer notre vivre-ensemble. Et là, je suis sûr, certain, et profondément persuadé que si nous nous unissons, nous y parviendrons. Voilà, en quelques mots, la vision que je porte à travers ce mouvement.
Nous apprenons que vous êtes un fidèle compagnon du Premier ministre Amadou Oury Bah. Quelle est la nature de vos relations avec lui ?
Ma relation avec l’actuel Premier ministre, M. Oury Bah — chef du gouvernement de la République de Guinée —, c’est une longue histoire, très riche en expériences. Je ne pourrais pas tout résumer en une seule journée. Mais ce que je retiens de lui, c’est qu’il est un grand homme politique. Un homme patriotique, clairvoyant, emblématique, respectueux et tout simplement formidable. Il est sincère, cohérent, honnête dans ce qu’il fait, rigoureux dans son travail, et surtout animé par un véritable amour pour son pays.
Depuis qu’il est arrivé à la Primature, on constate des avancées palpables. À mon avis, la Guinée est en train d’évoluer de façon incroyable, et cela se voit. C’est un véritable souffle de soulagement pour tout le monde. C’est une chance pour notre pays d’avoir à sa tête un homme aussi dynamique, déterminé, expérimenté, et plein d’amour pour la Guinée. Sincèrement, M. Bah Oury est, selon moi, le meilleur Premier ministre de l’histoire de la Guinée. Cela restera gravé dans la mémoire de tous les Guinéens. Alors, j’invite mes compatriotes à le soutenir, à l’encourager dans sa mission pour le bien de tous. Voilà, en résumé, ce que je retiens de ce grand monsieur.
En tant qu’observateur de la scène politique guinéenne depuis plus de 40 ans, quel regard portez-vous sur la gouvernance actuelle du CNRD (Comité National du Rassemblement pour le Développement) ?
En ce qui concerne le CNRD, avec à sa tête le général Président Mamadi Doumbouya, il faut reconnaître que malgré sa jeunesse et sa discrétion dans la parole, il agit avec efficacité pour la Guinée. Depuis son arrivée, une nouvelle dynamique s’est installée. Des quartiers longtemps délaissés ont changé de visage. Cela signifie que le pays prend une nouvelle allure de développement, que je trouve personnellement satisfaisante. Les institutions se modernisent, l’administration se redresse. Prenons l’exemple du projet Simandou, longtemps bloqué, qui est aujourd’hui relancé : un projet colossal estimé à 15 milliards de dollars, avec plus de 700 kilomètres de voies ferrées et la construction de ports. Sa mise en production est prévue dès 2025.

Sur le plan des infrastructures, aujourd’hui, on peut aller à Kindia en moins de deux heures. Se rendre à Mamou ou à Kankan se fait sans grandes difficultés. Ce sont là des progrès concrets.
En tant qu’observateur depuis plus de 40 ans, je peux dire que chaque époque a ses réalités. Les années 60 ou 80 ne sont pas comparables aux années 2000. Mais il faut être objectif et reconnaître que le CNRD et son gouvernement portent un impact prometteur, dans un esprit de refondation de l’État. Il y a des projets ambitieux dans presque tous les secteurs : agriculture, éducation, santé, sécurité, transports, environnement, etc. Voilà, en toute honnêteté, ce que je constate. L’espoir est permis. Nous y arriverons, car nous ne lâcherons rien. Le combat continue pour une Guinée meilleure, pour une victoire finale.
Depuis février 2024, Amadou Oury Bah dirige l’exécutif guinéen en tant que Premier ministre. Quel bilan tirez-vous de sa gestion à ce stade ?
Comme je vous l’ai déjà dit, c’est un homme cohérent, ambitieux, rigoureux dans son travail. Et cela se ressent clairement depuis qu’il est à la Primature. Les résultats sont visibles, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’extérieur. Il est en train de tisser des relations, de signer des accords et des contrats importants avec des partenaires internationaux. C’est une première pour la Guinée à ce niveau. Ce que je souhaite, c’est que tous les Guinéens lui donnent la force, qu’ils l’encouragent dans le travail qu’il mène pour l’intérêt de toute la nation.
Quelle comparaison établissez-vous entre la gestion du CNRD et celle du régime précédent ?

C’est une très bonne question. Comme je l’ai dit, les époques ne sont pas les mêmes, donc les erreurs et les réussites sont différentes. Depuis l’arrivée du CNRD en 2021, l’image de la Guinée a énormément changé, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Sur le plan international, notre pays est aujourd’hui mieux connu, mieux perçu. Cela mérite d’être salué, soutenu et défendu.
Autrefois, la Guinée était souvent associée à des manifestations, à des blocages. Aujourd’hui, on constate une certaine stabilité, même si tout n’est pas parfait. Il y a eu des initiatives importantes, des réformes qui méritent d’être soulignées. Je pense qu’on peut espérer des résultats encore plus positifs pour l’avenir.
Sous le CNRD, il y a eu aussi des cas signalés d’enlèvements ou d’arrestations extrajudiciaires. On évoque notamment Habib Marouane Kamara, Foniké Mengué, Billo Bah, Sadou Nimaga… tous introuvables à ce jour. Quelle est votre lecture de cette situation, vous qui êtes un militant de la paix en Guinée ?
C’est vrai, et c’est une très bonne question. Cette situation nous préoccupe tous. Il n’y a rien à cacher là-dessus. Ni le peuple, ni le gouvernement ne souhaitent que de tels événements surviennent dans notre pays. Personnellement, je pense que le gouvernement fait quelque chose pour tenter de retrouver nos compatriotes disparus. S’il savait précisément où ces personnes se trouvent, je crois sincèrement qu’il aurait déjà agi pour les ramener auprès de leurs familles. Il y a encore du travail à faire, c’est vrai. Mais je garde espoir que le gouvernement agira mieux et plus efficacement pour faire la lumière sur ces cas.
Récemment, à la suite de l’enlèvement du bâtonnier Mohamed Traoré, le Premier ministre s’est exprimé : il a condamné cette pratique et tenté de rassurer l’opinion. Selon vous, cela traduit-il une volonté réelle du gouvernement de lutter contre ces dérives ?

Bien sûr. Tout le monde connaît l’engagement du bâtonnier Mohamed Traoré pour les droits de l’homme. C’est un homme de principe, profondément attaché à l’égalité, à la justice. Quand un tel événement arrive, je peux vous assurer qu’il ne peut pas rester silencieux ou indifférent. Il est dans son rôle de dénoncer, de condamner, et je pense qu’il l’a fait avec courage.
C’est un combat que nous menons tous, pour que la dignité soit respectée et que chacun puisse s’exprimer librement, en toute sécurité. Il a parfaitement raison. Et je crois que le gouvernement l’accompagnera dans cette lutte pour la justice et la paix dans notre pays.
Vous faites de la promotion de la paix une priorité. De là où vous êtes, dans quel cadre menez-vous ce travail ? Est-ce uniquement depuis l’étranger ou également sur le terrain en Guinée ?
C’est justement tout l’objectif, comme je vous l’ai dit tantôt. Je vis en Allemagne depuis 1989. Mais malgré la distance, je reste profondément engagé pour la Guinée. Je suis un citoyen du monde, un défenseur de l’humanité. Même si je vis ici, mon cœur reste lié à mon pays natal. La Guinée a besoin de moi, de personnes comme moi. Et je réponds présent. D’ailleurs, j’y suis retourné plusieurs fois ces cinq dernières années, et je compte en faire encore plus que ce que j’ai pu accomplir jusqu’à présent.
Et vos rapports avec les membres de votre mouvement, comment se passent-ils ?
Les rapports sont excellents. Tout se passe bien dans l’ensemble. Mais nous avons encore du chemin à parcourir. Il nous faut renforcer notre présence sur le terrain. Nous voulons intensifier nos actions pour être continuellement actifs en Guinée. C’est un travail de longue haleine, mais nous sommes engagés.
Est-ce que vos membres sont dynamiques dans la mise en œuvre de vos différentes initiatives ?
Vous savez, en politique, tout repose sur la conviction et la vision. Pour s’engager, il faut croire profondément en ce qu’on fait. Il faut apporter des idées. La politique, ce sont des débats d’idées, pas des confrontations de personnes. Je sens que la volonté est là chez les membres, mais ils doivent encore faire plus. Nous devons leur donner les moyens et surtout les raisons d’avancer. Il faut les motiver, les guider, leur expliquer clairement pourquoi ils doivent s’impliquer davantage.

Je le répète : si nous ne faisons pas de politique, la politique finira par nous faire. Il faut qu’on comprenne cela. Et surtout, il faut insister : la politique, ce n’est pas la haine. C’est avant tout des idées, des convictions et des engagements. On fait de la politique pour les êtres humains, pas pour des objets. L’humain doit toujours être au centre de toute action. Voilà ma vision. De la concurrence, oui, mais jamais de haine.
Alors, M. Bah, l’année 2025 s’annonce cruciale pour la Guinée, notamment avec l’organisation du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre. Quelles sont vos attentes par rapport à ce processus ?
Honnêtement, je pense qu’il est encore un peu tôt pour me prononcer de manière précise. Le référendum, c’est un processus populaire. Le peuple est appelé à se prononcer sur un texte. Donc, attendons d’abord de voir les résultats du 21 septembre. C’est seulement à partir de là qu’on pourra vraiment tirer des conclusions ou se positionner.
Vous avez tout de même eu accès au projet de la nouvelle Constitution. Quelle impression vous a-t-il laissée ?

Oui, j’ai vu le projet, et je dois dire que je suis globalement satisfait. C’est une nouvelle république qui est en train de naître. Bien sûr, certains de nos compatriotes seront peut-être surpris, surtout s’ils ne maîtrisent pas encore bien le contenu du texte. Mais pour moi, qui vis en Allemagne et qui suis aussi actif ici en politique, je sais l’importance d’une Constitution. C’est elle qui oriente, qui balise le chemin, qui détermine comment nous pouvons vivre ensemble, bâtir notre nation, la faire progresser. Sans une bonne Constitution, rien n’est possible.
Une dernière question, vous vous décrivez comme un citoyen du monde. Quelles sont vos perspectives pour la Guinée et pour le monde dans ce contexte complexe ?
Pour la Guinée, je suis optimiste. Vraiment. Je pense que nous avons bien commencé. Et si nous restons unis, si nous comprenons que notre avenir dépend de notre capacité à faire front commun, alors oui, la Guinée avancera. Il faut qu’on s’unisse pour développer notre pays, c’est essentiel.
Quant au monde, la situation est beaucoup plus complexe. Le monde politique aujourd’hui est dominé par quelques grandes puissances qui veulent tout diriger. Mais il y a désormais de nouveaux concurrents, de nouveaux acteurs qui veulent aussi se positionner. Cela rend les choses instables.
C’est pourquoi j’en appelle à mes compatriotes : soutenons les bonnes idées, peu importe d’où elles viennent. Ce n’est pas une question de personne, c’est une question d’intérêt collectif. Si quelqu’un propose quelque chose de bon pour le pays, soutenons-le. Parlons-nous, comprenons-nous, restons solidaires. Parce que le monde est devenu très compliqué, il faut le dire.
Si aujourd’hui, nous avons des hommes ou des femmes de bonne volonté, prêts à porter notre pays, il faut les accompagner, moralement et physiquement. Ce n’est pas tous les jours qu’on a ce genre d’opportunité. Si on les a aujourd’hui, appuyons-les sincèrement, sans calcul. C’est ainsi qu’on pourra sortir la Guinée des difficultés et faire d’elle une nation forte et respectée. Voilà ce que je voulais partager avec vous.
Pour conclure, je voudrais adresser une prière, un appel sincère à nous tous, Guinéens — femmes et hommes, jeunes et moins jeunes. Unissons-nous dans la paix, surtout dans la paix. C’est la clé.
Nous avons tellement de choses à accomplir, tellement d’opportunités à saisir. Si chacun s’engage, si chacun se met réellement au travail, je ne vois pas pourquoi nous n’y arriverions pas. La réussite collective est possible, à condition que nous restions unis et engagés. C’est mon appel à tous et à chacun.
Et enfin, je tiens à vous remercier, Monsieur Diallo, pour cet entretien. Merci également à vos fidèles lecteurs d’Africaguinee.com. Je vous en suis infiniment reconnaissant.
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 7 juillet 2025 11:15Nous vous proposons aussi
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étiquettes: Bah Oury, CNRD, Mamadi Doumbouya









