Eaux usées à Conakry: Fin de la période de grâce… jusqu’à 15 millions GNF d’amende pour les ménages pollueurs

CONAKRY – Malgré l’avertissement des autorités suivi d’une phase de sensibilisation consacrée à la mise en conformité des dispositifs d’évacuation des eaux usées dans les ménages, le constat reste préoccupant dans plusieurs quartiers de la capitale.

Ce mardi 3 mars 2026, notre rédaction a sillonné certaines zones de Conakry où, malgré le passage de la Brigade de salubrité, les pratiques d’évacuation anarchique persistent. De nombreux ménages déversent des eaux insalubres sur la chaussée. Une pratique incivique qui pollue l’espace public.

À Nongo, dans la commune de Lambanyi, des eaux usées continuent de se déverser sur la voie publique. Interrogé sur la situation, Ousmane Sylla, habitant du quartier, témoigne :« Effectivement, il y a quelques jours, la Brigade de salubrité, appuyée par les équipes opérationnelles, était dans notre quartier. Mais malgré cette sensibilisation, les gens ne prennent pas leurs dispositions. Nous constatons toujours que certains n’arrivent pas à fermer les trous par lesquels les eaux usées sortent pour se déverser dans les rues », a-t-il expliqué.

Même constat à Bantounka 1. Pour Mamadou Aliou Bah, la sensibilisation, à elle seule, ne suffira pas à inverser la tendance.« Vous savez, en Guinée, la sensibilisation ne suffit pas. Tant que les autorités ne commencent pas à réprimer et à sanctionner, les citoyens ne vont pas prendre cela au sérieux. Mais vu que cette phase de sensibilisation est terminée aujourd’hui, mardi 3 mars 2026, passée cette date, ils vont commencer à sanctionner avec des amendes pouvant aller jusqu’à 15 millions de francs guinéens et après  les gens  vont  avoir conscience», a-t-il déclaré.

Dans certains ménages toutefois, des dispositions ont déjà été prises. Halimatou Diallo, mère de famille, affirme avoir anticipé les mesures gouvernementales.« Nous avons pris des dispositions chez nous depuis très longtemps. Au-delà de cette interdiction des autorités, la religion musulmane interdit fortement de salir nos routes avec les eaux usées ou de nuire à nos voisins », a-t-elle confié.

Lors d’une récente sortie médiatique, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a rappelé la portée de cette mobilisation nationale.

Selon lui, cette campagne vise à « rappeler avec la plus grande clarté les risques sanitaires, environnementaux et sociaux liés aux rejets anarchiques d’eaux usées, ainsi que l’obligation de procéder sans délai à la correction des installations non conformes aux normes en vigueur ».

Le ministre précise qu’à compter du 4 mars 2026, tout contrevenant s’exposera à des sanctions administratives et financières. Les amendes prévues oscillent entre 5 000 000 et 15 000 000 GNF, conformément aux textes réglementaires en vigueur.

Reste à savoir si l’entrée en vigueur des sanctions marquera un tournant dans la lutte contre l’insalubrité à Conakry.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 4 mars 2026 10:26

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