Drame à Lola : une mère de sept enfants périt dans les flammes, sa famille se retrouve sans abri
LOLA- Un incendie d’une rare violence s’est déclaré mardi 9 juin 2026 au quartier Kpèlè-Koly, dans la commune urbaine de Lola, en Guinée forestière. Le sinistre a coûté la vie à une mère de famille de sept enfants et causé d’importants dégâts matériels estimés à plus de 75 millions de francs guinéens, selon les autorités locales.
Interrogé par notre correspondant régional basé à Nzérékoré, le président du conseil de quartier de Kpèlè-Koly, Yacouba Kourouma, est revenu sur les circonstances de ce drame qui a plongé tout le quartier dans l’émoi.

« L’incendie s’est déclaré mardi aux environs de 7 heures du matin. Alors que je me préparais à accompagner ma fille à l’école, j’ai entendu les cris des voisins. Je me suis immédiatement rendu sur les lieux. Mais à mon arrivée, le feu avait déjà envahi le bâtiment », a-t-il expliqué.
Face à l’ampleur des flammes, les habitants se sont mobilisés pour tenter de limiter les dégâts. Pendant près de trois heures, jeunes, femmes et notables du quartier se sont relayés pour transporter de l’eau et combattre l’incendie.
« Nous avons informé la gendarmerie et la police, qui sont arrivées rapidement. Malheureusement, Lola ne dispose pas de véhicule de sapeurs-pompiers. Nous avons dû compter uniquement sur les efforts de la population. Tous les puits et réservoirs d’eau du voisinage ont été vidés pour venir à bout des flammes », a raconté le responsable local.
Grâce à cette mobilisation, le feu a finalement été maîtrisé. Cependant, le bilan reste lourd. Un bâtiment composé de cinq chambres et d’un salon a été entièrement détruit, ainsi que tous les biens qu’il contenait.
Selon les informations recueillies sur place, l’origine de l’incendie serait liée à la présence d’essence destinée à la revente clandestine.
Une mère de famille piégée par les flammes
La victime, identifiée comme étant Massogbè Condé, âgée de 35 ans et mère de sept enfants, stockait de l’essence à son domicile dans le cadre de ses activités commerciales.

« D’après les explications que nous avons reçues, la dame était en train de transvaser de l’essence dans des bouteilles destinées à la vente. Une voisine préparait le petit-déjeuner de ses enfants et a allumé son réchaud à gaz. Comme la flamme était trop forte, le feu s’est propagé jusqu’à l’essence et l’incendie s’est déclaré », a expliqué Yacouba Kourouma.
Dans la panique générale, personne ne s’est rendu compte que la victime se trouvait encore à l’intérieur de la maison. Selon les témoignages recueillis, elle aurait perdu connaissance lorsque les flammes ont envahi le bâtiment.

« Même son mari, Salifou Condé, cordonnier de profession, est entré plusieurs fois dans la maison sans parvenir à la retrouver. Nous pensions tous qu’il n’y avait plus personne à l’intérieur », a indiqué le président du conseil de quartier.
Ce n’est qu’après la maîtrise du feu qu’un habitant a alerté les secours improvisés sur la présence d’une fumée blanche inhabituelle s’échappant du bâtiment.
« Il nous a dit que cette fumée pouvait indiquer la présence d’une personne à l’intérieur. Lorsque nous avons vérifié, nous avons découvert la dame couchée derrière une porte, entièrement calcinée. C’était une scène très douloureuse », a-t-il confié avec émotion.
Plus de 75 millions GNF de pertes
Au-delà de la perte humaine, les dégâts financiers sont considérables. Selon les déclarations de l’époux de la victime, plusieurs dizaines de millions de francs guinéens ont été consumés par les flammes.
« La défunte gérait plusieurs associations et groupes de cotisation. Elle détenait à son domicile des fonds qu’elle devait remettre à leurs bénéficiaires ce mardi. Tout est parti en fumée. Les pertes sont estimées à plus de 75 millions de francs guinéens », a précisé M. Kourouma.
Profondément marqué par cette tragédie, le président du conseil de quartier a lancé un appel à la prudence à l’endroit des populations, notamment celles qui stockent des produits inflammables dans les habitations.
« Nous demandons aux citoyens d’éviter de conserver des produits inflammables dans les maisons. Nous savons que beaucoup vivent du commerce de l’essence, mais il est important de la stocker dans des endroits sécurisés, loin de toute source de chaleur », a-t-il recommandé.
Il a également plaidé auprès des autorités pour le renforcement des capacités de protection civile dans la préfecture de Lola.
« Nous avons besoin de sapeurs-pompiers et d’équipements adaptés. Avec l’interconnexion électrique qui arrive bientôt à Lola, les risques d’incendie pourraient augmenter. Il est urgent que l’État nous accompagne afin de prévenir de tels drames », a-t-il ajouté.
Une famille sans abri
Aujourd’hui, les conséquences de cette tragédie sont particulièrement difficiles pour la famille de la victime. Après avoir perdu leur épouse et mère, Salifou Condé et ses sept enfants se retrouvent sans abri, tous leurs biens ayant été consumés par les flammes.
Face à cette situation, le président du conseil de quartier de Kpèlè-Koly a lancé un appel pressant aux autorités, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux personnes de bonne volonté afin qu’elles viennent en aide aux sinistrés.

« Aujourd’hui, les enfants et leur père sont sans toit. Ils ont tout perdu dans cet incendie. Nous demandons aux autorités, aux fils et filles de Lola ainsi qu’à toutes les bonnes volontés de leur apporter une assistance pour leur permettre de surmonter cette épreuve », a plaidé Yacouba Kourouma.
Cette tragédie relance une nouvelle fois le débat sur les conditions de stockage des produits pétroliers dans les habitations ainsi que sur l’absence de moyens d’intervention spécialisés dans plusieurs localités de l’intérieur du pays.
Paul Foromo Sakouvogui,
Correspondant régional d’Africaguinee.com en Guinée forestière
Créé le 10 juin 2026 18:30









