Dr Faya Milimouno : « Je suis le procès d’Aliou Bah avec beaucoup de peine… »
CONAKRY- « Je suis ce procès avec beaucoup de peine, car Aliou Bah, c’est comme un jeune frère pour moi. Il a été un collègue au sein du Bloc Libéral, et nous entretenons des liens familiaux très forts ». Déclaration du Dr. Faya Milimouno, dans un entretien accordé à Africaguinee.com.
Le président du Bloc Libéral déplore la tournure prise par le procès d’Aliou Bah, attendu encore ce mercredi 16 avril à la barre de la Cour d’Appel de Conakry. Le leader politique interpelle le système judiciaire guinéen à se rappeler de son mea-culpa lorsque Alpha Condé a été renversé.
« Rappelez-vous que là où il (Aliou Bah) a été arrêté (Pamélap), j’ai moi-même failli l’être quelques mois auparavant. À l’époque, on m’a empêché pendant près de huit heures de franchir la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone, alors que je me rendais au Libéria. C’est ce même poste frontière où Aliou Bah a été interpellé. Il n’y avait pas de procédure judiciaire connue à son encontre à ce moment-là. Il a été arrêté alors qu’il s’apprêtait simplement à quitter le pays. C’est pourquoi nous ressentons profondément cette situation », a-t-il déclaré.
Le président du Bloc Libéral interpelle les magistrats en charge de juger ce dossier en appel. « Si j’ai un message à adresser, c’est à l’intention de la Cour d’appel de Conakry. Nous nous souvenons tous que, lorsque le CNRD a renversé le régime d’Alpha Condé, les magistrats sont apparus devant les médias. Ce qu’ils ont déclaré ce jour-là n’honore pas notre système judiciaire.
Ils ont demandé pardon. Ils ont avoué qu’à l’époque du président Alpha Condé, ils n’interprétaient pas la loi selon leur intime conviction ou leur connaissance du droit, mais qu’ils agissaient sous injonction de l’exécutif. Il ne faut pas que cela se reproduise. Si un nouveau changement de régime survenait demain, nous ne voulons pas entendre une fois encore : Pardonnez-nous, nous étions sous pression politique. », a-t-il martelé.
Si Macky Sall avait été en Guinée
Pour Dr. Milimouno, ce qui pourrait rendre fiers les guinéens de leur justice, c’est si elle se comporte comme celle du Sénégal. « Si Macky Sall avait été en Guinée, il serait encore au pouvoir. Si Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye étaient Guinéens, ils seraient probablement encore en prison. Quand Macky Sall a tenté, par un simple acte administratif, de prolonger son mandat, la justice sénégalaise a dit non : Votre devoir est d’organiser les élections à la date prévue. Et il a obéi. La justice ne mesure pas toujours le pouvoir qu’elle détient.
Les magistrats guinéens ne semblent pas pleinement conscients de la portée de leur rôle. Ils peuvent suspendre n’importe quel acte de l’exécutif. Ils ont le pouvoir de stopper toute décision, quelle que soit la personne concernée. Mais hélas, ils acceptent trop souvent d’être instrumentalisés, pour ensuite venir demander pardon.
Mais ce n’est pas du pardon que nous attendons de nos magistrats. Ce que nous attendons, c’est qu’ils disent le droit, qu’ils rendent des décisions fondées sur leur intime conviction, sur la loi, et non sur des ordres politiques.
C’est ainsi que nous pourrons, un jour, être fiers de notre justice », a-t-il indiqué.
Nous y reviendrons !
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 16 avril 2025 09:05Nous vous proposons aussi
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