Double scrutin législatif et communal : Nos constats à Labé, Boké et Pita…

LABÉ – A Labé, l’affluence n’est pas au rendez-vous ce dimanche 31 mai 2026, jour de double scrutin communal et législatif en Guinée. Selon les premiers constats effectués entre 8h00 et 9h45 dans les quartiers Konkola et Kouroula, situés dans la commune urbaine de Labé, la présence des électeurs reste particulièrement faible. Devant certains bureaux de vote, les citoyens se font rares, tandis qu’ailleurs, ils arrivent au compte-gouttes.

« Nous avons voté dans le calme et la tranquillité ici à Konkola. Je n’ai rencontré aucune difficulté pour accomplir mon devoir civique, mais j’ai constaté une faible affluence », explique Oumar Diaby, un électeur de la localité.

Dans l’un des centres de vote, Loua Moriba Jacques, membre d’un bureau de vote, décrit la réalité du terrain en début de matinée :

« Tout se déroule bien et sans complication. Seulement, il y a un manquement au niveau des documents administratifs : jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu les procès-verbaux, ni les fiches d’émargement pour les superviseurs et les autres agents. Quant à l’engouement, il est faible ; les citoyens ne sont pas motivés à venir voter ce matin, c’est le constat que nous faisons. »

Peu avant le départ de notre équipe de reportage, les procès-verbaux ainsi que les fiches manquantes ont finalement été livrés.

Rencontré, le Directeur préfectoral des élections a également fait ses constats sur le vote dans la matinée.

A Boké, le double scrutin législatif et communal de ce dimanche 31 mai 2026 s’est ouvert dans un climat globalement morose. Les premières heures du vote ont été caractérisées par une faible mobilisation des électeurs, des retards administratifs

Dans la commune urbaine de Boké, le lancement des opérations de vote a été marqué par de réelles difficultés organisationnelles. De Baralandé au centre-ville, en passant par Wakriya, plusieurs centres ont ouvert tardivement. En cause : un manque de procès-verbaux (PV) par endroits et l’absence ou le retard de certains agents électoraux.

Au quartier Lambangni, le président du conseil de quartier, Mohamed Saliou Keïta, pointe du doigt des défaillances en amont :

« Les premières difficultés remontent à la phase de formation, que plusieurs personnes ont suivie en retard. Il y a également eu un retard dans la publication de la liste des membres des bureaux de vote. Certains se sont réveillés ce matin en découvrant par téléphone qu’ils étaient convoqués. À cela s’ajoute le mélange des kits destinés aux différents bureaux de vote », explique-t-il.

La frustration des électeurs

Ces impairs logistiques ont irrité les nerfs des premiers votants. C’est le cas d’Idrissa Diallo, un électeur dépité : « Normalement, un électeur doit pouvoir voter rapidement et repartir. Mais lorsqu’il y a des embouteillages administratifs, cela crée des tensions. Je suis là depuis 6 heures du matin et certains membres du bureau où je devais voter n’étaient même pas encore arrivés. »

L’anacarde, facteur de la faible mobilisation ?

Malgré ce tableau contrasté, Basekou Dramé, candidat du parti GMD à la mairie de Boké, reste optimiste après une tournée effectuée avec le ministre de l’Habitat et les autorités locales à Madina Kébénya et Corrérah :

« Le constat est encourageant. Ce vote permettra aux Guinéens de tourner définitivement la page de la transition. Certes, l’affluence est encore faible, mais nous sommes en pleine période de récolte de l’anacarde et beaucoup de citoyens se trouvent dans les plantations. Nous appelons les électeurs à sortir massivement. »

Pita, une affluence au compte-gouttes

Le constat de la faible mobilisation est identique dans la commune urbaine de Pita. En ce début d’après-midi, les citoyens ne se bousculent pas devant les urnes et continuent d’arriver au compte-gouttes dans le centre-ville.

Au quartier Bendougou, des groupes de citoyens ont tenté de perturber le déroulement du vote. Alerté en urgence, le préfet de Pita a immédiatement ordonné un renforcement du dispositif de sécurité dans les bureaux de vote concernés afin de garantir la poursuite des opérations.

Pour l’heure, la direction préfectorale des élections (DPE) de Pita garde le mutisme ; toutes nos tentatives de joindre son directeur sont restées vaines.

La Rédaction avec le réseau des correspondants

Créé le 31 mai 2026 14:04

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