Disparition du comédien Sékou Oumar Tall ‘’Malick’’, figure du film « N’Dondy » : L’hommage de ses pairs à un passionné du 7ème art
KINDIA- Le monde artistique guinéen est en deuil. Le comédien Sékou Oumar Tall, connu du grand public sous le surnom de Malick, est décédé le lundi 12 octobre 2026 à Kindia, des suites d’une longue maladie. Sa disparition laisse un grand vide dans le milieu culturel, où plusieurs de ses proches et collaborateurs gardent le souvenir d’un homme passionné par la comédie et attaché à ses compagnons de route.
Le cinéma guinéen perd l’un de ses visages familiers

Comédien et membre de l’Association des Troupes Artistiques de Guinée (ATAG), Sékou Oumar Tall a participé à plusieurs productions cinématographiques nationales au cours de sa carrière. Il s’était particulièrement fait connaître grâce au film N’Dondy Don, dans lequel il incarnait le personnage de Malick, un rôle qui lui avait permis de gagner en notoriété auprès des cinéphiles guinéens.
Au-delà de ses prestations à l’écran, le défunt laisse également le souvenir d’un parcours marqué par les rencontres, les collaborations et un engagement de longue date dans le théâtre et le cinéma. À l’annonce de sa disparition, des artistes qui l’ont côtoyé ont évoqué leurs souvenirs et salué la mémoire de celui qu’ils considéraient comme un compagnon de route.
Grand Papus se souvient de ses débuts dans la comédie
Parmi ceux qui ont partagé une partie du parcours artistique de Sékou Oumar Tall figure Youssouf Condé, plus connu sous le nom de « Grand Papus », comédien international originaire de Kindia. Pour lui, la disparition de Tall représente une perte importante pour le monde culturel guinéen.

Revenant sur les débuts de son ancien apprenti, Grand Papus explique que leur relation remonte à l’enfance du défunt, lorsque celui-ci s’était présenté auprès de leur troupe pour exprimer son désir de devenir artiste.
« Celui qu’on appelait Tall, depuis son enfance, est venu à notre rencontre dans la troupe pour nous dire qu’il voulait être artiste. Il était à Damakania. Nous l’avons accepté dans la troupe appelée “AKI-NOU-A-KEGNA”. C’est là-bas qu’il a commencé la comédie et qu’il est devenu mon apprenti », raconte-t-il.
Pour Grand Papus, cette première rencontre marque le début d’une longue histoire humaine et artistique. Au fil des années, les deux hommes ont partagé plusieurs expériences, aussi bien dans les activités théâtrales que dans les productions cinématographiques.
L’artiste évoque notamment le film LOVE, dont la réalisation reste un souvenir particulier de leur collaboration. Il se rappelle que la moto utilisée lors d’une scène où il sautait avec une mariée appartenait à Sékou Oumar Tall.
« Entre nous, il y a un souvenir. Le film que nous avons réalisé, dont le titre est LOVE, là où je saute avec la mariée, c’était sur sa moto. De cette époque jusqu’à aujourd’hui, c’est une longue histoire entre moi et Tall », témoigne-t-il.
Grand Papus retrace également les différentes étapes du parcours de son ancien apprenti. Après un séjour en Guinée-Bissau, Tall était revenu en Guinée, où il s’était installé à Conakry pour exercer des activités commerciales, avant de rejoindre Labé, où il avait fondé une troupe artistique.
Ces souvenirs illustrent, selon son ancien mentor, un itinéraire fait de passion, d’initiatives et de liens durables avec le milieu artistique.
Dakino rend hommage à un homme de bonne foi
Mohamed Kéita, connu sous le surnom de « Dakino », fait également partie des artistes qui ont côtoyé le défunt. Évoquant le début de leur relation, il se souvient d’une rencontre organisée autour d’un projet cinématographique auquel devait prendre part son maître, le regretté Moussa Koffoé.

« Tall était un homme de bonne foi. Nous ne pouvons pas tout dire sur lui. Je l’ai connu auprès de mon maître, feu Moussa Koffoé. Ils sont venus un jour alors que nous étions à l’atelier. Nous avons joué ensemble pendant un bon moment », raconte-t-il.
Selon Dakino, Sékou Oumar Tall avait alors présenté son projet de film et souhaitait y associer Moussa Koffoé. Sensible à cette initiative, il avait lui-même apporté son soutien au projet.
« Il nous a parlé de son projet de film pour que mon maître y soit associé. Moi-même, j’ai soutenu le projet et nous lui avons donné une réponse positive. C’est à partir de là qu’a commencé notre relation », poursuit-il.
Il rappelle également que Tall avait commencé ses activités professionnelles comme conducteur de moto-taxi, avant de poursuivre son chemin dans le monde artistique. Pour lui, cette trajectoire témoigne d’un parcours dont les différentes étapes restent gravées dans la mémoire de ceux qui l’ont connu.
Face à cette disparition, Dakino s’en remet à la volonté divine et adresse une prière pour le repos de l’âme du défunt : « Que Dieu l’accueille dans son paradis éternel. »
Une perte pour le patrimoine artistique guinéen
Avec la disparition de Sékou Oumar Tall, le cinéma guinéen perd un comédien dont le parcours a été marqué par plusieurs productions et par son engagement au sein des troupes artistiques. Son interprétation du personnage de Malick dans N’Dondy Don demeure l’un des repères de sa notoriété auprès du public.
Les témoignages de Grand Papus et de Dakino rappellent que derrière le comédien se trouvait aussi un homme dont les relations professionnelles se sont construites au fil des années, à travers l’apprentissage, les projets communs et les expériences partagées.
Sékou Oumar Tall laisse derrière lui une veuve et un enfant, ainsi que des collègues et des proches désormais confrontés à l’épreuve du deuil.
Chérif Kéita
Correspondant d’Africaguinee.com
A Kindia
Créé le 13 octobre 2026 18:13Nous vous proposons aussi
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