Diabète, hypertension, gastrite : Le “secret” pour réussir son jeûne
En cette période de dévotion intense où Ramadan et Carême se croisent, la question de la santé reste au cœur des préoccupations de nombreux fidèles. Pour les personnes souffrant de pathologies chroniques, le jeûne représente un défi physiologique de taille. Interrogé par Africaguinee.com, le Pr Djibril Sylla, Maître de conférences agrégée en médecine interne et chef de service à l’Hôpital national Donka, apporte un éclairage médical rassurant mais rigoureux.
La Gastrite
L’un des risques majeurs durant le jeûne est l’agression de la muqueuse gastrique par l’acidité naturelle. Le Pr Sylla met en garde contre l’irritation causée par les aliments épicés à la rupture après une absence prolongée de nourriture.
« Si vous avez une gastrite, vous passez la journée avec l’estomac vide, l’acide chlorhydrique est sécrété, il entraîne déjà une irritation. Si vous remettez encore les aliments épicés, vous allez soit réveiller la gastrite, soit aggraver les lésions chroniques déjà présentes », explique-t-il.
Pour éviter de « réveiller » une inflammation, le spécialiste insiste sur la discipline lors de la rupture : « Même si vous n’avez pas de gastrite, il ne faut pas consommer directement d’aliments épicés à la rupture, sinon vous risquez de provoquer des complications à la longue. »
Diabète et Hypertension
Contrairement aux idées reçues, avoir une maladie chronique n’est pas un obstacle systématique au jeûne. Pour le Pr Sylla, tout est une question de gestion et d’adaptation. « Tout le monde peut jeûner, cela dépend du traitement et du degré d’évolution. Le diabète est une maladie chronique, comme l’hypertension artérielle : on vit avec et on gère. Le vrai problème, c’est le régime alimentaire », explique le maître de conférence.

Le médecin précise que le jeûne peut même avoir des vertus thérapeutiques en aidant à la baisse de la glycémie. Cependant, a-t-il nuancé, l’ajustement médical est primordial. « On peut prendre son médicament soit à la rupture, soit à l’aube. Selon le niveau glycémique, on peut réduire la dose, mais tout en continuant à jeûner. »
Quand faut-il rompre le jeûne lors qu’on souffre d’une maladie chronique?
La vigilance doit être maximale en fin de journée. L’hypoglycémie (baisse excessive du taux de sucre) est le danger numéro un pour le patient diabétique. Le Pr Sylla énumère les signes qui ne trompent pas.
« Si vers 17h ou 18h vous faites des palpitations, vous transpirez beaucoup ou vous avez des vertiges, cela veut dire que le taux de sucre est trop bas. Il ne faut pas attendre 19h, il faut couper immédiatement », préconise-t-il.
Le médecin prévient que le non-respect de ces signaux d’alerte peut conduire à des conséquences dramatiques : « Si vous ne coupez pas, vous risquez une hypoglycémie sévère pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance. »
Focus Africaguinee.com
Créé le 21 février 2026 13:21









