Détention de Claude Pivi, arrestation de ses frères, libération de Dadis : Zena Pivi brise le silence… « Interview exclusive »

Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, la fille de Claude Pivi s’est exprimée sur les conditions de détention de son père et son inquiétude concernant son état de santé. Elle a également évoqué le cas de ses frères, arrêtés au lendemain de l’incursion survenue à la Maison Centrale de Conakry.

Zéna Pivi plaide notamment pour la libération de son père, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour « crimes contre l’humanité », commis au stade de Conakry, le 28 septembre 2009, sous la junte militaire dirigée à l’époque par le Capitaine Moussa Dadis Camara.

Dans cet entretien, elle a aussi lancé un message particulier au Général Mamadi Doumbouya, au lendemain de la libération du capitaine Moussa Dadis Camara. C’est une fille soucieuse de la santé de son père condamné qui s’est prêtée à nos questions. Exclusivité !

AFRICAGUINEE.COM : Plus de six mois après l’arrestation de votre père, êtes-vous toujours en contact avec lui ? Si oui, comment se porte-t-il ?

ZÉNA PIVI : Toute la famille n’est pas en contact avec lui, moi y compris, car il ne possède aucun moyen de communication en détention. Seule notre jeune sœur a l’autorisation de lui rendre visite. D’après elle, son état de santé n’est pas au mieux. Une personne de son âge (65 ans) ne peut pas être en parfaite santé dans de telles conditions. Même s’il tente de rassurer, nous savons qu’il ne va pas bien.

Pourtant selon l’un de ses avocats que nous avons contactés, votre père serait en meilleure santé. Qu’en dites-vous ?

Colonel Claude Pivi

Depuis la cinquantaine, mon père est diabétique et souffre d’hypotension. En 2014-2015, avant mon départ, sa tension était tombée en dessous de 90 mmHg. Parfois, son médecin passait plus de quatre heures à la maison pour le stabiliser. En outre, il a subi une blessure à la jambe lors d’un affrontement avec des malfrats dans sa jeunesse, ce qui l’a laissé avec une boiterie. Son état nécessite des soins médicaux réguliers. C’est pourquoi je suis très inquiète.

Sur les réseaux sociaux, vous avez déclaré vouloir tout mettre en œuvre pour obtenir sa libération ou, à défaut, son placement en résidence surveillée. Quelles sont vos principales inquiétudes ?

Ma principale inquiétude est sa santé. Sa tension chute régulièrement, et il est seul dans sa cellule. Que se passera-t-il s’il fait un malaise pendant la nuit ? Son placement en résidence surveillée serait un soulagement pour nous.

Où en est l’affaire concernant votre jeune frère et votre cousin, accusés d’avoir attaqué la Maison Centrale de Conakry ?

Je tiens à rectifier une chose : mon jeune frère et mon cousin n’ont jamais été arrêtés pour l’attaque de la Maison Centrale. Ils ont été enlevés pour faire pression sur leur père. Ils sont civils et étudiants, sans aucune formation militaire. La responsabilité pénale est individuelle, et la Guinée étant un pays de droit, ils devraient être libérés. Koikoi Pivi est étudiant, et Moïse Guilavogui est notre cousin. Ils sont innocents.

Pourquoi souhaitez-vous que votre père bénéficie d’une mesure de résidence surveillée ?

Sa santé avant tout. Son placement en résidence surveillée garantirait un meilleur suivi médical et une meilleure prise en charge en cas d’urgence.

Colonel Claude Pivi

Qu’attendez-vous de la justice guinéenne dans cette affaire ?

J’attends que la justice réexamine sa sentence. Mon père n’est pas un homme parfait, mais il a servi la Guinée avec loyauté. Il n’a jamais quitté le pays pour plus de six mois, même pour des soins médicaux. La justice devrait reconnaître son engagement et réviser sa décision.

Le Capitaine Moussa Dadis Camara vient d’être gracié par le Président de la Transition alors qu’il était poursuivi pour les mêmes faits que votre père. Qu’en pensez-vous ?

La libération de Moussa Dadis Camara est un geste salutaire. Même si son casier n’est pas vierge, sa libération peut l’aider à surmonter ses souffrances intérieures. J’espère que cette clémence s’étendra à mon père et aux autres détenus.

Enfin, avez-vous un message particulier à adresser au Général Mamadi Doumbouya concernant la situation de votre père ?

Général Mamadi Doumbouya

Mon message au Président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, est de ne pas humilier ou sanctionner certaines personnes pour en satisfaire d’autres. Certains ne seront jamais satisfaits, peu importe ce que vous faites pour eux. Il devrait reconnaître les bonnes actions de nos parents et leur pardonner leurs erreurs. Il est temps de rassembler les Guinéens et de créer une harmonie nationale avant de penser à l’élection présidentielle.

Entretien réalisé par Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 1 avril 2025 12:05

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