Déguerpissement annoncé à Cosa : Les autorités accordent un moratoire aux commerçants…
CONAKRY- Sommés de déguerpir dans 72 heures, les occupants du marché de Simbaya Gare (Cosa) ont obtenu un moratoire. La délégation spéciale de Lambanyi à l’origine de cette sommation a accepté de leur accorder un mois, pour leur permettre de passer le ramadan.
Après avoir reçu le préavis, une délégation des occupants de ce centre de négoce s’est rendue à la commune de Lambanyi. À la sortie d’une rencontre avec les autorités municipales, Ibrahima Diallo, qui a plusieurs boutiques dans ce marché, annonce que les responsables de la mairie ont reporté le préavis jusqu’au 15 avril 2025, juste après le ramadan.

« On dit qu’au lieu de 72 heures, ils nous ont donné un mois. Donc, après le mois de Ramadan, c’est-à-dire le 15 avril. Ce sont 1 500 ou 2 000 personnes exploitent ce marché au quotidien. Et vous savez, les Guinéens vivent au jour le jour. Venir couper ça subitement, c’est rendre les gens pauvres. Mais comme ils ont compris cette décision nous allons venir discuter et négocier avec eux. Parce que le Président actuel, le Général Mamadi Doumbouya, cherche la paix. Nous-même, nous voulons la paix. Ils disent que c’est pour moderniser le marché, nous ne sommes pas contre, mais c’est la méthode et la manière qui nous fâchent. C’est pour cela que nous sommes venus les rencontrer », a-t-il annoncé.
Les autorités communales envisagent des travaux d’extension et de modernisation du lieu de négoce. Bien qu’ils aient obtenu ce sursis, les commerçants rencontrés ce mardi 18 février 2025, exprime des inquiétudes face à cette situation. C’est le cas de Hadja Fatoumata Baldé, tenancière d’un atelier de couture dans ce marché.

« Hier, des gens sont venus pour nous donner des documents nous demandant de quitter dans 72 heures alors que nous n’avons pas où aller. Actuellement, quand nous quittons ici, nous n’avons pas d’autre endroit où aller et nous sommes obligées de rester à la maison, au chômage. C’est ici que nous gagnons de quoi nourrir la famille et subvenir à nos besoins. Dans mon atelier de couture, j’ai 15 apprentis. Dans d’autres ateliers, vous verrez 10, 15, 20 ou 5 apprentis. », a-t-elle dit.
Mamadou Alpha Baldé, qui a également un magasin dans ce marché, abonde dans le même sens. « C’est hier, qu’ils nous ont donné un préavis de 72 heures. Nous avons accepté ce qui est écrit dans le papier puisque l’État, c’est l’État. Mais nous, nous leur demandons seulement de nous donner un peu de temps, voire même de nous laisser finir le mois de Ramadan, le temps pour nous de trouver des places ailleurs ou au moins trouver où garder nos matériels. Il est difficile pour nous de les ranger en 72 heures. Nous demandons leur clémence. On nous a dit que le marché avait été donné en bail. Ils nous ont dit qu’ils feront des R+3 et que cela nous permettra d’avoir plus d’espace et de places. Ils ont recensé toutes les boutiques, et ils nous ont dit qu’on pourra revenir quand ils auront fini. Mais est-ce que nous pourrons supporter le coût du loyer ? C’est cela notre inquiétude. », a-t-il dit
Larme aux yeux, Fatoumata Diallo affirme qu’elle n’a pas où aller, si on la faisait quitter ce marché.

« Nous n’avons pas d’autres endroits où nous pourrions nous installer. J’ai plusieurs enfants à ma charge car mon mari est décédé il y a longtemps. C’est ici que je me débrouille pour subvenir aux besoins de ma famille, payer la scolarité des enfants, le loyer de la maison, et tout le reste (…). Nous n’avons pas de provisions pour le Ramadan et j’ai six (6) petits-enfants à ma charge, qui sont tous à l’école », a-t-elle dit.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 18 février 2025 19:49Nous vous proposons aussi
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