Crise énergétique : « Ce que le gouvernement dit peut se vérifier…il n’y a pas d’eau dans les barrages », selon Dr. Faya

CONAKRY-La dégradation de la desserte en électricité dans les ménages de Conakry et environs interpelle de nombreux guinéens. Le sujet polarise les débats depuis que la Société Électricité de Guinée (EDG) a annoncé le fameux retour des « tour-tours » dans la desserte. Au sein de la classe politique, les analyses sont mitigées. Alors que l’ancien parti au pouvoir tire à boulets rouge sur les autorités actuelles, Dr Faya Millimouno nuance, déclarant que cette problématique ne date pas de l’ère CNRD. Cependant, il estime qu’il est important que de ‘’vraies solutions’’ soient trouvées immédiatement.

« Ces difficultés énergétiques sont liées à l’agression de nos réserves forestières, contre laquelle les gouvernants doivent prendre des mesures fortes. Nous faisons trop de mal à nous-mêmes, parce que l’environnement est complètement détruit. Nous sommes au mois de juillet, ce que le gouvernement dit, cela peut se vérifier. Il n’y a pas d’eau dans les barrages. Mais à quel mois il y aura l’eau dans les barrages ? La pluviométrie telle que nous l’avions dans les années 40, nous n’avons pas la moitié aujourd’hui. La cause ? La source première d’énergie dans notre pays, c’est le charbon de bois. On ne doit pas s’étonner qu’on n’ait pas d’eau. C’est lié à notre fait. Il faut envisager des solutions alternatives immédiatement. Au temps d’Alpha Condé, chacun de nous a été témoin lorsqu’on a dit, les tronçonneuses peuvent rentrer dans Ziama, c’est la seule réserve qui nous restait… Il n’y a pas de forêts même en Guinée forestière aujourd’hui. Donc, on ne doit pas s’étonner qu’il n’y ait pas d’eau dans les barrages », analyse Dr. Faya Milimouno, interrogé ce samedi 6 juillet 2024 par un reporter d’Africaguinee.com.

Qu’est-ce qu’il faut faire ?

« Il faut commencer à travailler, à reconstituer le couvert végétal guinéen et ça, ça doit amener des grands moyens. Premièrement, il faut que nous ayons une tolérance zéro face aux feux de brousse. Deuxièmement, il faut que la coupe de bois cesse et immédiatement. Si l’État veut sauver la forêt guinéenne, on peut aller vers des solutions alternatives : le gaz par exemple. Même si on le subventionnait, on ramènerait le souffre aux guinéens. Il y a d’autres alternatives qu’on peut utiliser aujourd’hui, parce que, pour 10 ans, pour 20 ans encore, il ne faut pas qu’on trompe les guinéens », indique le leader du Bloc Libéral.

Il n’y aura pas l’eau dans les barrages, parce que la pluie ne tombe pas, prévient M. Milimouno. Quelles alternatives ? « Nous pouvons nous orienter vers l’éolien. Nous pouvons nous orienter vers le solaire. Il y a le soleil en Haute-Guinée, du 1er janvier au 31 décembre. Il y a d’autres solutions qu’on peut envisager, mais il faut que la consommation de charbon, qu’on exporte d’ailleurs aujourd’hui vers le Sénégal, vers le Mali, que cela cesse. Que la rentrée par centaine, de milliers de zébus qui détruisent nos restes de la forêt, s’arrête. Les bœufs qu’on a l’habitude d’élever ici, ne broutent pas les feuilles des palmiers. Mais les zébus broutent jusqu’aux racines », propose l’ancien candidat de la présidentielle de 2015.

Selon lui, « le problème étant global, il faut des solutions globales et innovantes. Si ceux-là qui étaient autour du général Lansana Conté dans les années 90, avaient compris qu’il fallait mettre des produits financiers en place pour que les guinéens investissent, nous serions aujourd’hui exportateurs d’énergie au lieu d’être dans le tour-tour comme c’est encore le cas ».

Dansa Camara DC 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 6 juillet 2024 19:24

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