Pourquoi la procédure de flagrant délit contre Badra Koné a été annulée? Son avocat précise…

CONAKRY– Nouveau tournant dans le dossier Badra Koné devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Alors qu’il était poursuivi en procédure de flagrant délit pour des faits présumés de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux, le prévenu a bénéficié ce mercredi 29 avril 2026 d’un renvoi devant une chambre d’instruction. Entre contestations sur la forme de la procédure et interrogations sur l’apparition soudaine d’un montant de 240 milliards de francs guinéens, la défense crie à l’irrégularité. Décryptage.

Badra Koné

Poursuivi devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour des faits présumés de ‘‘détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux, escroquerie, prise illégale d’intérêt, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux’’, Badra Koné devra finalement repasser devant un juge d’instruction. La décision a été rendue ce mercredi 29 avril 2026 par le juge Alpha Camara, à l’issue de vifs débats opposant les avocats de la défense, la partie civile et le parquet spécial de la CRIEF.

Pourquoi ce rebondissement ? Me Lanciné Sylla, a levé le voile. Pour l’avocat de Badra Koné, la complexité du dossier imposait l’ouverture d’une information judiciaire avec la saisine d’un cabinet d’instruction et des investigations approfondies.

« La procédure de flagrant délit qui a été adoptée par le ministère public pour traduire nos clients devant la chambre de jugement de la CRIEF ne sied pas en la matière, il s’agit d’une procédure économique et financière dont la complexité exige qu’un cabinet d’instruction soit saisi et que des enquêtes soient approfondies. Dans ce dossier de la procédure, l’ORDEF a produit un rapport après avoir mené les enquêtes et a recommandé en raison de la même complexité que les enquêtes soient approfondies et qui propose même la désignation d’un auditeur.

En plus, la Cour a mené des investigations préliminaires à travers des questions qui ont été posées à notre client. Et puisque les enquêtes n’ont pas été menées comme cela se devait -les enquêtes en la matière nécessitent d’être approfondies-, la Cour nous a suivis et a renvoyé le dossier de la procédure au parquet spécial à l’effet pour le parquet spécial de saisir la chambre d’instructions qui est la seule juridiction d’instructions à la CRIEF », a expliqué l’avocat de Badra Koné.

Polémique autour des montants évoqués

 

Autre point soulevé par la défense : l’apparition à l’audience d’un montant de 240 milliards de francs guinéens, somme qui, selon Me Lanciné Sylla, ne figurait pas dans le procès-verbal de flagrant délit sur lequel son client avait été entendu.

« Nous avons fait un autre constat que nous déplorons, sur le procès-verbal de flagrant délit sur lequel notre client a été entendu, il n’a jamais été question d’un quelconque montant mais à cette barre ici on parle de 240 milliards de francs guinéens. Je ne sais pas d’où sortent ces 240 milliards gnf. Ce qui veut dire tout simplement que ce n’est pas le procès-verbal de flagrant délit sur lequel notre client a été entendu qui a fait l’objet de saisine à la chambre du jugement, c’est un autre procès-verbal que nous ne reconnaissons pas et je ne sais pas d’où vient ce procès-verbal. D’ailleurs quand vous prenez le rapport de l’ORDEF versé au dossier de la procédure, dans ce rapport il est question d’une estimation. L’ORDEF a procédé à une estimation à hauteur de 22 milliards gnf et quelques et 70 000 euros et l’ORDEF même recommande un audit », a déploré Me Lanciné Sylla.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 29 avril 2026 18:09

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