Coût « élevé » des infrastructures en Guinée : Bah Oury tape du poing sur la table et annonce de grandes réformes

Pourquoi le kilomètre d’asphalte est-il plus cher en Guinée que dans les pays voisins ? Face à ce constat jugé illogique, le chef du gouvernement Bah Oury tape du poing sur la table. Grâce à l’appui technique du Rwanda et au recours à l’intelligence artificielle pour réguler la mercuriale des prix, l’État guinéen engage une réforme radicale pour réduire les fraudes et baisser la facture des travaux publics.

« Nous avons réussi à mettre en place, avec la coopération rwandaise, la digitalisation des marchés publics. Ce système sera totalement opérationnel à la fin de cette année, adossé à une mercuriale des prix robuste. Il intégrera aussi bien les biens et services issus de l’Institut National de la Statistique (INS) que les évaluations de l’ACGP pour le bâtiment et les routes, afin de garantir une transparence totale et en conformité avec la réalité du marché », a expliqué Amadou Oury Bah.

Devant plusieurs membres de son gouvernement, le Premier ministre a réitéré son incompréhension face à la cherté des infrastructures routières guinéennes par rapport aux pays voisins.

« Comme je le disais à M. Ousmane Diagana (vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre), un kilomètre de route en Guinée ne doit pas être plus cher qu’un kilomètre au Sénégal. Nous avons l’eau, la latérite et le granit à portée de main. Comparé à un pays du Sahel dominé par le sable, il est illogique que notre coût au kilomètre soit supérieur », a martelé le chef du gouvernement.

L’Intelligence Artificielle pour réduire la fraude et les biais humains

Pour consolider cette dynamique de transparence, Amadou Oury Bah a également annoncé l’intégration de l’intelligence artificielle dans la gestion de la mercuriale des prix.

« Il faut intégrer les nouvelles technologies pour garantir une meilleure fiabilité et une parfaite conformité des données que nous utilisons », a-t-il souligné.

Selon le Premier ministre, le facteur humain pose régulièrement problème : « Le facteur humain est essentiel, mais il peut être source d’influences positives comme négatives. Il faut désormais un mécanisme objectif et impératif qui signale automatiquement ce qui n’est pas conforme. »

Pour Bah Oury, l’adoption de ces technologies émergentes contribuera également à renforcer les compétences des ressources humaines appelées à manier ces nouveaux instruments de gestion publique.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 11 octobre 2026 18:28

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