Élection présidentielle : les candidats indépendants face à un obstacle de taille

CONAKRY – Alors qu’une vingtaine de candidatures indépendantes sont déclarées à la Direction Générale des Élections (DGE) pour le scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, de sérieux obstacles juridiques se dressent sur leur chemin. L’une des exigences majeures, -le parrainage institutionnel-, pourrait  être un verrou quasi infranchissable dans le contexte politique actuel.

Selon l’Article 248 du Code Électoral, toute candidature indépendante à l’élection présidentielle doit être parrainée par au moins 30 % de l’ensemble des maires, ces soutiens devant être répartis dans au moins 70 % des communes au moment du dépôt de la candidature.

Le nœud du problème

C’est là que réside la difficulté majeure. En effet, les maires actuellement en fonction sur l’ensemble du territoire national ne sont pas des élus issus du suffrage universel de 2018. Le régime de transition a dissous les exécutifs communaux à l’expiration de leur mandat et a procédé à la nomination de nouveaux responsables à la tête des communes, appelées délégation spéciales.

Dans ces conditions, les candidats indépendants se retrouvent face à des autorités communales (les maires) dont la nomination émane directement de l’Exécutif de la Transition. Obtenir les signatures de parrainage requises auprès de ces maires, dont on peut présumer la loyauté envers le pouvoir en place, devient une tâche titanesque, voire impossible.

Comme le souligne le Code Électoral (Chapitre I, Article 247), si les candidatures indépendantes sont autorisées, elles sont rigoureusement soumises à ce parrainage institutionnel. Or, la dépendance structurelle des maires actuels vis-à-vis du régime rend la collecte des 30 % de signatures nécessaires particulièrement ardue pour ceux qui se présentent en dehors des appareils politiques traditionnels.

Les règles de conformité et les risques d’invalidation

De plus, les candidats indépendants devront naviguer avec prudence dans les autres dispositions du Code électoral :

  • Interdiction de double parrainage (Article 251) : Un parrain (ici un maire) ne peut soutenir qu’un seul candidat. Toute infraction entraîne l’invalidation du parrainage et des poursuites judiciaires.
  • Procédures de collecte (Article 253) : Les candidats doivent transmettre à la DENEL la liste de leurs collecteurs (identifiés par nom, date de naissance, numéro de carte d’électeur) et s’assurer que ces derniers sont inscrits sur la liste électorale de la zone de collecte.
  • Régularisation sous 72 heures (Article 255) : En cas d’inscription multiple, le premier parrainage est validé et les suivants sont invalidés. Si le minimum requis n’est plus atteint, le candidat dispose de seulement 72 heures pour remplacer les parrainages invalidés, ajoutant une pression de temps significative.

Si la loi autorise les candidatures indépendantes, l’obligation d’obtenir le soutien de maires nommés par la Transition transforme le parrainage institutionnel en un véritable obstacle, menaçant d’éliminer la majorité des postulants indépendants avant même le début de la campagne.

Focus Africaguinee.com

Créé le 21 octobre 2025 18:21

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