Contrôle des agents de l’Etat : « Les textes sont clairs, on paye le service fait… », clarifie le Ministre Bourouno

MAMOU- Le ministre du Travail et de la Fonction Publique, a entamé une mission de contrôle des agents de l’Etat à l’intérieur du pays. Objectif, s’assurer de la présence effective des agents de l’Etat à leurs postes.

A Mamou, première étape de la tournée, Faya François Bourouno a échangé avec les autorités régionales et préfectorales sur la situation des fonctionnaires retraités et le respect des consignes données par son département.

Bien que des réformes soient engagées par son département, de nombreux fonctionnaires jouent au petit « malin ». Par endroits, beaucoup d’anomalies sont constatées quant au respect des recommandations faites par le ministère du Travail et de la Fonction publique. Pourtant, il y a quelques semaines, des missions de contrôle de la présence des agents de l’Etat à leurs postes ont été déployées même dans les villages pour corriger ces anomalies.  Dans cette première phase, l’éducation et la santé ont été les secteurs ciblés.

« La mission consiste à aller école par école, centre de santé par centre de santé, dispensaire par dispensaire, pour contrôler les enseignants qui travaillent dans ces écoles et leur niveau de régularité. Les agents de santé aussi affectés qui sont à leurs postes, qui travaillent régulièrement à ces postes. Donc, ça va permettre d’assainir le fichier de la fonction publique parce que c’est vrai, on a fait la biométrie, mais pendant la biométrie, il y a encore quelques malins qui ont pu vraiment se faufiler dans les mailles du filet. Et cette fois-ci, le contrôle physique dans les lieux de travail va permettre de connaître qui travaille, qui ne travaille pas. Et ça va permettre de ressortir exactement les agents actifs. Et tous les autres seront radiés du fichier de la fonction publique. Cela va permettre de planifier d’autres activités qui vont permettre progressivement de couvrir les besoins du système éducatif, du système de santé« , indique Faya François Bourouno, après avoir assisté à une opération de contrôle de la présence physique des fonctionnaires dans une école à Mamou.

« La mission que je conduis à Mamou également permet d’échanger avec les autorités régionales et préfectorales sur la situation de ceux qui sont allés à la retraite, s’assurer effectivement qu’ils sont partis à la retraite et voir dans quelle mesure ceux qui refusent encore, peuvent l’être. Il faut que des dispositions urgentes soient prises pour les remplacer à leur fonction parce que la loi est claire, quand on est mis à la retraite, on doit cesser toute activité au poste et rendre les effets. Je crois que la réalité de la mise à la retraite avait été claire là-dessus« , poursuit-il.

Cas des retraités

Au 31 décembre, avertit le ministre Bourouno, les personnes concernées devaient cesser toute activité. « J’ai été désagréablement surpris d’apprendre qu’à Mamou, et je sais que c’est la réalité dans d’autres régions également, qu’il y a des personnes mises à la retraite qui continuent à travailler. Ce n’est pas normal, c’est une grave anomalie administrative qu’il faudra corriger le plus rapidement possible. La particularité c’est qu’on aura un fichier très assaini, parce que désormais pour les deux secteurs, on aura dans la base des payables, c’est-à-dire des fonctionnaires que l’Etat paye, ceux qui travaillent effectivement à leur poste. »

Absentéisme dans les écoles 

Pour Faya François Bourouno, le contrôle des présences et celui des absences aux postes, sont une question de responsabilité.

« Normalement, on n’a pas besoin de déployer des missions de contrôle. Quand on est responsable de service, parmi nos tâches, on doit assurer la tâche du contrôle régulier des agents que vous gérez dans votre service. Donc c’est le chef de service, et pour cela je profite de cet espace, pour inviter les responsables de services à tous les niveaux, qu’ils soient directeurs d’école, qu’ils soient DSE, qu’ils soient IRE, qu’ils soient chefs de centre de santé, directeurs d’hôpital, ainsi de suite, à prendre leurs responsabilités pour régulièrement contrôler parmi ceux qui sont affectés chez eux, qui viennent au travail et qui ne viennent pas.

Les textes sont clairs, on paye le service fait. Ce n’est pas parce qu’on a le statut de fonctionnaire que le salaire est garanti. Celui qui ne vient pas au travail, même s’il a le matricule, on peut bloquer son salaire. Donc le virement est une mesure de sécurisation et de contrôle régulier des effectifs et de la masse salariale. Mais au-delà de cela, la responsabilité des chefs de service doit être accompagnée pour faire en sorte que les agents qui travaillent, nous puissions les connaître et qu’il y ait une bonne collaboration entre les acteurs à tous les niveaux. C’est ce qui va nous permettre d’avoir un fichier complètement assaini« , précise le ministre.

Un constat amer 

« Ce qu’il faut aussi noter, c’est que nous sommes au regret de constater que l’intérieur du pays est souvent mal servi. Mal servi en termes d’agents, mal servi en termes de facteurs de motivation et d’autres commodités » regrette-t-il, annonçant que des solutions sont envisagées.

Des dispositions urgentes seront prises 

« Les dispositions que nous sommes en train d’envisager, c’est de faire en sorte qu’on crée des conditions d’attractivité pour que les gens aient le courage d’aller servir en zone rurale, dans les préfectures, dans les communes, à l’intérieur du pays. Et je crois qu’avec la collaboration de tous, y compris vous-même les amis des médias, nous y parviendrons« , rassure M. Bourouno.

Des réformes appréciées 

Depuis son arrivée à la tête du ministère du travail et de la fonction publique, Faya François Bourouno a engagé de grandes réformes. Outre ces actions, il a favorisé une relation de proximité entre lui, les cadres et les fonctionnaires de l’État, même dans les zones les plus reculées. Ce qui est apprécié de tous.

« C’est une très bonne appréciation. C’est une action qui a un grand intérêt pour nous les enseignants. Il y a des gens, depuis qu’ils ont été engagés à la fonction publique, l’Etat les paye, mais ils ne sont jamais en poste. C’est aussi de voir s’il n’y a pas d’autres fictifs. Je crois que si le fichier est assaini, cela va créer des opportunités pour d’autres jeunes à intégrer la fonction publique. Donc, c’est vraiment un sentiment de satisfaction. C’est une très bonne chose. J’apprécie beaucoup l’action « , déclare Hadiatou Diallo, enseignante au lycée à Mamou. Dans sa seconde phase, cette mission va cibler d’autres services publics.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 22 mars 2025 12:06

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