Conakry : un protocole d’accord scelle la stabilisation des prix des denrées essentielles à l’approche du Ramadan
CONAKRY – La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG) et la Direction Nationale du Commerce Intérieur et de la Concurrence ont animé, ce mardi 17 février 2026, une conférence de presse au siège de la Chambre de commerce communale de Matam. Objectif : présenter les nouveaux prix plafonds des denrées de première nécessité, applicables jusqu’au 30 juin prochain, dans un contexte marqué par l’approche du Ramadan et du Carême chrétien.
Un protocole pour stabiliser le marché

Face à la presse et aux opérateurs économiques, le Directeur national du commerce intérieur et de la concurrence, Mohamed Traoré, a détaillé les contours du protocole d’accord signé entre son département, la CCIAG et la Direction générale des douanes. Selon lui, cette initiative s’inscrit dans la vision du Président de la République, Mamadi Doumbouya, qui a récemment exhorté le secteur privé à contribuer à la stabilisation des prix sur le marché, ainsi que dans la dynamique impulsée par le Gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah.

« Il fallait fixer des prix pour sécuriser le panier de la ménagère, tout en permettant aux opérateurs de réaliser des marges raisonnables afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement », a expliqué M. Traoré.
Liberté des prix… mais protection du consommateur
Le Directeur national a rappelé que le marché guinéen est régi par la loi L/94/040, qui consacre la liberté des prix. Toutefois, cette même loi autorise l’État à encadrer les prix des produits de grande consommation en cas de nécessité, dans un souci de protection du consommateur. Les denrées concernées par ce protocole sont notamment le riz, le sucre, la farine, l’huile végétale, l’oignon, le lait en poudre et les produits avicoles.

« Il ne s’agit pas de fixer des prix de vente obligatoires, mais des prix plafonds à ne pas dépasser. La concurrence reste libre en dessous de ces seuils », a-t-il insisté.
Les nouveaux prix plafonds à Conakry
Pour Conakry, les prix plafonds arrêtés sont les suivants :
- Riz 5% brisure (sac de 50 kg) : 280 000 GNF
- Riz blanc 25% brisure (50 kg) : 260 000 GNF (contre 270 000 précédemment)
- Riz étuvé 5% (25 kg) : 140 000 GNF
- Farine (50 kg) : 360 000 GNF
- Sucre (50 kg) : 350 000 GNF
- Huile végétale (bidon 20 L) : 305 000 GNF
- Oignon (25 kg) : 270 000 GNF (en baisse par rapport à 290 000 GNF)
- Lait en poudre (25 kg) : 980 000 GNF
- Poulet entier (carton 10 kg) : 310 000 GNF
- Cuisse de poulet (10 kg) : 220 000 GNF
Tout dépassement, même de 100 francs, constitue une infraction commerciale passible de sanctions. Les citoyens sont invités à signaler tout cas de non-respect via le numéro vert 142. Des prix différenciés sont également fixés pour chaque préfecture, tenant compte des coûts de transport vers l’intérieur du pays.
Marges encadrées et appel à la vigilance citoyenne
Au-delà des plafonds, des marges maximales ont été définies pour les distributeurs (5 000 GNF par sac de riz) et les détaillants (15 000 GNF), afin que les éventuelles baisses consenties à l’importation se répercutent jusqu’au consommateur final. « Nous ne pouvons pas être partout. La population doit être la première gardienne du respect de ces prix », a martelé Mohamed Traoré, annonçant une vaste campagne de sensibilisation dans les marchés, quartiers et lieux de culte.
La Chambre de commerce salue un partenariat gagnant

Prenant la parole, le Président de la CCIAG, Elhadj Mamadou Baldé, a salué « un esprit patriotique » des importateurs et a mis en avant les mesures d’accompagnement obtenues auprès des autorités, notamment la levée temporaire de certaines charges portuaires et la libre circulation des camions pour fluidifier l’approvisionnement. Il a également insisté sur le rôle des médias dans la diffusion « responsable » de l’information économique et annoncé le déploiement du protocole dans toutes les régions à travers les antennes préfectorales de la Chambre.
Cap sur l’agriculture

En marge de cette rencontre, le président de la CCIAG a lancé un appel fort aux opérateurs économiques à investir davantage dans l’agriculture et l’élevage. « Dieu a tout donné à la Guinée. Acceptons de nous intéresser à l’agriculture pour réduire notre dépendance aux importations », a-t-il plaidé, promettant l’accompagnement de la Chambre pour tout opérateur souhaitant se reconvertir. Le protocole reste en vigueur jusqu’au 30 juin 2026. Une évaluation sera faite à cette date pour décider de son éventuelle reconduction ou révision, en fonction de l’évolution des facteurs économiques.

En attendant, autorités et secteur privé appellent à une mobilisation collective pour garantir un Ramadan et un Carême apaisés sur le plan social et économique.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 17 février 2026 19:43









