Conakry post-investiture : la capitale va-t-elle résister au défi de la salubrité ?

CONAKRY- Pour l’une des rares fois, la capitale guinéenne a fait sa toilette. Ce changement, intervenu à l’orée de l’investiture du président Mamadi Doumbouya, le 17 janvier dernier, a donné l’image d’une Conakry plus propre, avec des rues plus dégagées et plus visibles grâce au retrait des encombrements physiques le long de plusieurs axes routiers de la capitale.

Plus de 24 heures après la cérémonie qui a vu la première ville de Guinée accueillir près d’une dizaine de chefs d’État, leurs délégations ainsi que plusieurs invités de haut rang, la question se pose : Conakry peut-elle résister à ses mauvaises habitudes ?
Alors que la capitale se vide peu à peu de ses hôtes, les ordures commencent à reprendre leur position initiale à certains endroits, a-t-on constaté ce lundi matin

Sur le long de l’autoroute « Le Prince » précisément (l’axe Enco5- Bambéto”, le constat laisse déjà présager un retour aux anciennes pratiques : des tas d’ordures déposés sur le trottoir sont visibles à plusieurs endroits. Face à cette situation, nous avons interpellé le ministre de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, désormais en charge de l’assainissement. Le ministre Aboubacar Camara reconnaît que cette inquiétude, partagée par de nombreux observateurs, est légitime. « À l’issue de l’investiture, Conakry a effectivement présenté un visage plus propre, plus ordonné, plus digne de son statut de capitale. Cet élan n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une mobilisation collective, institutionnelle et citoyenne », a-t-il réagi.

Le ministre Camara assure que son département en est pleinement conscient. « Cependant, nous savons que le véritable défi n’est pas de nettoyer une ville ponctuellement, mais d’en préserver durablement la salubrité », a-t-il indiqué.

Pour lui, l’assainissement n’est pas un événement, mais un processus continu. « C’est un travail de tous les jours, souvent discret, parfois ingrat, mais absolument essentiel », souligne Aboubacar Camara.

Aboubacar Camara

« Au-delà des stratégies opérationnelles, des moyens techniques et des dispositifs institutionnels mis en place, l’élément décisif reste l’adhésion des populations. La propreté d’une ville repose avant tout sur une conscience collective, un engagement civique et un attachement émotionnel au cadre de vie. Lorsque les citoyens se sentent responsables de leur environnement, ils deviennent les premiers acteurs de sa préservation », ajoute-t-il.

Pour inverser durablement la tendance, le ministre explique que la stratégie en cours mise sur la mobilisation communautaire. Associations, mouvements citoyens, leaders de quartiers, chefs de secteurs et brigades locales continueront à jouer un rôle central dans la sensibilisation, la veille et l’action de proximité.

« L’assainissement ne se décrète pas uniquement depuis les bureaux. Il se construit dans les rues, les concessions, les marchés et les quartiers. Par ailleurs, nous renforçons les mécanismes de suivi, de contrôle et de responsabilisation afin que les bonnes pratiques deviennent des habitudes durables. La propreté doit cesser d’être une contrainte pour devenir une culture », a-t-il insisté.

Si la répression fait partie des leviers utilisés par le département pour changer certaines habitudes inciviques, Aboubacar Camara estime que l’assainissement demeure un combat de long terme, un devoir collectif et un marqueur de civilisation.

« Ensemble, avec discipline, constance et engagement citoyen, nous préserverons cet acquis et ferons de Conakry une capitale à la hauteur des ambitions de la Guinée. Nous avons travaillé sur une politique, et le nouveau gouvernement va poursuivre cet élan. Son déploiement prend du temps, mais cela est normal », a-t-il conclu.

À suivre
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com

Créé le 19 janvier 2026 16:57

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