Conakry : La Guinée et la Banque mondiale signent un Cadre de Partenariat Pays assorti de 320,8 millions USD de financements
CONAKRY – Le nouveau Cadre de Partenariat Pays (CPP) 2027-2033 entre la République de Guinée et le Groupe de la Banque mondiale a été officiellement lancé ce lundi 5 octobre à Conakry. La cérémonie s’est déroulée en présence de membres du gouvernement guinéen et de représentants de l’institution de Bretton Woods. À cette occasion, quatre accords de financement totalisant 320,8 millions USD ont été signés.

Détail des quatre accords de financement
Ces investissements ciblent des secteurs stratégiques pour le développement socio-économique du pays :
- Agriculture commerciale (Phase 2) : 116 millions USD octroyés par l’Agence internationale de développement (IDA).
- Projet SIRA (Compétences pour l’Innovation, la Résilience et les Aspirations) : 100 millions USD de l’IDA, complétés par 2 millions USD du Fonds fiduciaire multi-donateurs du Partenariat pour l’apprentissage précoce (ELP).
- Mobilisation des recettes intérieures et gestion des dépenses publiques (Phase 1) : 75 millions USD de l’IDA dans le cadre d’une approche-programme à phases multiples.
- Accès à l’électricité (Phase 2 – Financement additionnel) : 27,8 millions USD de l’IDA. Ce montant vient s’ajouter au financement initial de 132,3 millions USD approuvé le 30 juin 2025, portant l’enveloppe globale pour le secteur électrique à 160,1 millions USD.

Une stratégie axée sur la création d’emplois et la sélectivité

Ce nouveau cadre sert de référence pour les engagements futurs afin d’accélérer l’exécution des projets et de mobiliser davantage de ressources, avec la création d’emplois comme priorité absolue.
Selon la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, ce partenariat novateur témoigne du renforcement des relations avec la Banque mondiale, qui double ainsi son engagement financier en Guinée par rapport au cycle précédent.

« Ce travail de longue haleine nous a permis d’adopter une approche sélective, un principe cher à la Banque mondiale. Nous espérons que cette dynamique se maintiendra tout au long des sept années du cadre », a souligné la ministre.
Perspectives économiques et programme Simandou 2040
La ministre a également rappelé le contexte économique favorable marqué par le démarrage de la production du gisement de fer de Simandou et des premières exportations en début d’année :
- Croissance du PIB réel : Estimée à 8,6 % en 2026, elle devrait atteindre une moyenne de 10,1 % sur la période 2027-2030, soutenue par le secteur minier et les investissements infrastructurels.
- Cadre institutionnel et financier : La Guinée a parachevé son retour à l’ordre constitutionnel en 2026 avec le rétablissement de l’ensemble des institutions, la relance du partenariat avec le FMI et l’obtention d’une notation souveraine B+ avec perspective positive.

L’objectif du gouvernement, à travers le programme Simandou 2040, est de transformer cette rente minière en une prospérité durable, inclusive et diversifiée.
« La croissance à elle seule ne suffit pas. Elle doit se traduire par des emplois, l’amélioration des conditions de vie et des opportunités concrètes pour nos concitoyens », a martelé Mariama Ciré Sylla.
La Banque mondiale appelle à un changement de modèle
De son côté, Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a souligné que la Guinée se trouve à un tournant stratégique. Malgré son potentiel agricole, énergétique et minier exceptionnel, le pays doit répondre aux aspirations de sa jeunesse.

L’enjeu de l’emploi
La Guinée doit créer 1,5 million d’emplois d’ici 2030. Entre 2021 et 2024, le rythme moyen était de 121 000 emplois créés par an. Pour atteindre ces objectifs, Ousmane Diagana préconise de dépasser le modèle où l’emploi est une simple conséquence indirecte de la croissance pour en faire le cœur des politiques publiques.
« La question cruciale n’est pas seulement de savoir combien de minerai la Guinée va exporter, mais combien d’emplois, d’entreprises et de compétences Simandou permettra de créer. C’est cela le véritable dividende de Simandou », a déclaré Ousmane Diagana.
Vers un pacte pour une nouvelle Guinée

La Banque mondiale s’engage à mobiliser ses instruments de réduction des risques, son expertise internationale et ses capacités de soutien au secteur privé. M. Diagana a proposé l’établissement d’un « pacte pour une nouvelle Guinée », scellé par ces premiers accords d’un montant de 320,8 millions USD.

Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 5 octobre 2026 21:13Nous vous proposons aussi
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