Conakry : tension entre le syndicat d’EDG et la Mairie de Ratoma…
CONAKRY – Le ton monte d’un cran entre le syndicat de la société Électricité de Guinée (EDG) et les autorités communales de Ratoma. Au centre de ce bras de fer : une dette “contestée” de plusieurs centaines de millions de francs guinéens, le déploiement des compteurs à prépaiement et la fermeture musclée d’une agence locale d’EDG à Taouyah.
Du côté du syndicat de l’Électricité de Guinée, la colère est palpable. Le syndicat de l’entreprise nationale accuse la municipalité de Ratoma de s’être livrée à des actes de violence “intolérables” et de cumuler des arriérés de paiement “vertigineux”.

Selon Titi Sékou Camara, secrétaire général du syndicat d’EDG, les événements ont basculé vendredi dernier lorsque des agents communaux accompagnés de forces de l’ordre auraient pris d’assaut l’agence de Taouyah.
« Le vendredi passé, nous avons été victimes d’une agression de la part de la Mairie de Ratoma. Ils sont venus fermer nos locaux, bastonner les travailleurs et d’autres sont même aujourd’hui à l’hôpital. Ils ont envoyé les gendarmes, ils ont offensé nos locaux. Donc on ne peut pas laisser ça passer comme ça », dénonce le responsable syndical.
Au-delà de cette altercation, la direction syndicale pointe du doigt le refus de la commune de se conformer à la directive gouvernementale sur les compteurs à prépaiement, tout en accumulant un impayé critique.

« La Mairie de Ratoma ne peut pas refuser qu’on place le compteur à prépaiement, ce n’est pas du tout possible. Ils doivent plus de 600 millions GNF à EDG et il faut qu’ils payent la facture », martèle Titi Sékou Camara, avant de prévenir : « Nous allons porter plainte contre la Mairie par rapport à tout ce qui s’est passé et nous allons suspendre notre alimentation, tant que nos factures ne soient pas payées. »
La réplique de la Mairie

Face à ces accusations, la réplique de la commune de Ratoma ne s’est pas faite attendre. Rejetant catégoriquement le chiffre de 600 millions de francs guinéens, la municipalité dénonce des « contrevérités » et remet les compteurs à zéro.
Boubacar Korboyah Baldé, Directeur des microréalisations de la commune, apporte une tout autre lecture du dossier. Selon lui, la dette globale imputée à la mairie engloberait en réalité plusieurs services sectoriels de l’État.

« Sur cette facture, pour les arriérés, il y a 359 millions GNF. Sur les 359 millions, il y avait les commissariats centraux, la gendarmerie, la maison des jeunes. Et ça, c’est sectoriel. La facture fraîche pour la mairie, c’était 11 797 325 GNF. Sur ce montant-là, nous avons payé 5 millions GNF. On était en pourparlers pour continuer le paiement du reste », précise-t-il.
Le responsable communal explique par ailleurs que la décision d’ordonner la fermeture des locaux d’EDG découlait d’une coupure d’électricité jugée abusive ayant paralysé la mairie pendant trois jours consécutifs.

« Mardi, mercredi, jeudi, nous n’avions pas de courant. Et pour nous, nous sommes un service public, comme les hôpitaux ou les centres de santé. Imaginez une mairie qui ne travaille pas pendant 3 jours. Le maire a fait une réquisition à la gendarmerie et la police d’aller sortir les agents d’EDG et fermer les locaux », justifie Boubacar Korboyah Baldé.

Un apaisement de courte durée ?
Si une médiation d’urgence menée le vendredi avait permis d’obtenir le rétablissement de l’électricité et la réouverture de l’agence de Taouyah, le feu couve toujours. La récente médiatisation de l’affaire et les menaces de poursuites judiciaires formulées par le syndicat risquent de relancer le bras de fer entre la régie d’électricité et la municipalité de Ratoma.
Dossier à suivre!
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 1 septembre 2026 18:53Nous vous proposons aussi
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