Colonel Manson Sangala Camara parle: « Je n’ai pas interdit la vente du carburant, mais…»
MALI- Une pénurie de carburant paralyse la commune urbaine de Mali depuis quelques jours. La situation résulte du retard des deux citernes qui approvisionnent l’unique station-service mensuellement, ainsi que de l’arrêt des ventes sur le marché parallèle. De nombreux citoyens accusent le Préfet d’avoir orchestré cette crise en interdisant le marché noir. Joint ce vendredi 21 novembre 2025 par Africaguinee.com, le Préfet, le Colonel Manson Sangala Camara, a rejeté en bloc ces accusations. Il affirme être en guerre contre le trafic et la contrebande et accuse vertement un officier de la Gendarmerie d’être à l’origine de cette polémique, après que celui-ci ait demandé illégalement 10 000 litres de carburant au nom de la préfecture de Mali. Le Préfet invite toutefois l’ensemble de la population à vaquer librement à ses occupations.
« J’assume l’avoir dit à la radio : je ne peux pas laisser le litre de carburant se vendre à 15 000 GNF et plus à Mali. C’est contre l’intérêt de la population. Pour ce qui vient de l’État, j’ai des limites, j’ai des bornes qu’ils ne doivent pas dépasser. Qu’ils se débrouillent avec cinq bidons au maximum au marché noir ; aller au-delà, ça devient du trafic », lance le Préfet.

Il reconnaît lui-même l’utilité du marché noir pour la survie locale : « Je ne fais pas de fouilles dans la cité, parce que moi-même j’ai payé mon carburant au marché noir. Les 20 litres à 260 000 GNF pour aller à Labé. Si je n’avais pas eu le marché noir, comment j’aurais fait ? Je n’interdis donc pas la vente. Nous vivons tous de cela. »
Néanmoins, le Préfet dénonce la « forfaiture » et l’accaparement des ressources : « Le problème est que Mali n’a qu’une seule station. Les gens sont habitués à faire de la surenchère sur le carburant. Une citerne décharge ce matin à Mali, et demain vous ne trouverez plus un seul litre. Les gens viennent racheter tout d’un coup et conservent dans les bidons pour revendre entre 15 000, 16 000 et même 30 000 GNF ! »

Le Colonel Camara affirme que la polémique actuelle est orchestrée par le commandant de la Gendarmerie territoriale, un Colonel, qu’il accuse de manipulation.
« C’est le commandant de Gendarmerie territorial, un Colonel, qui est en train de manipuler les gens. Il a écrit un document ici au nom de l’administration demandant du carburant. C’est à Labé que j’ai découvert son document, je dis ce n’est pas de son ressort. Un officier fait un papier ici au nom de l’administration des forces de défense et de sécurité pour aller demander 10 000 litres à cinq vendeurs de carburant ici.
J’ai été saisi par la SONAP pour ça. Je pense que toutes les autorités sont informées. Je ferai suivre mon rapport afin qu’il nous dise s’il a mandat de questionner des vendeurs de carburant pour importer à Mali illégalement. Je le poursuivrai pour cet acte. La hiérarchie est informée. Il arrête des gens à mon nom pour dire que la vente du carburant est interdite, alors que je ne suis informé de rien. C’est grave de faire porter de tels problèmes à quelqu’un », a-t-il fustigé.
Refus catégorique de légaliser la spéculation
Le Colonel Camara est intraitable sur le prix de vente. Alors que le litre est actuellement vendu entre 18 000 et 20 000 GNF, les spéculateurs exigeraient son autorisation écrite.
« Ils veulent que je fasse un papier pour donner mon accord de vendre le carburant à ces prix. Ce que je ne ferai pas. Il serait mieux pour moi de démissionner. Je n’autorise que 12 000 GNF, c’est le prix partout. Mali ne fera pas exception. Si la citerne arrive, c’est à 12 000 GNF, rien que ça », a-t-il tranché.

Le préfet précise que sa lutte se concentre sur l’accaparement et le trafic : « J’ai interdit qu’un véhicule vienne à Mali charger le carburant pour une autre destination, c’est contre nous, c’est du trafic. C’est tout ça qui fait le bruit ici. C’est le trafic que je vais combattre. Là, je n’abdique pas. Si quelqu’un prend un camion rempli de carburant en direction de Mali, je vais saisir, ou si l’on prend du carburant à Mali pour ailleurs, je vais empêcher. »
Le Préfet a également rappelé avoir déjà sanctionné le gérant de la station pour avoir vendu tout le stock, y compris le stock de sécurité (1 000 litres) destiné aux forces de sécurité et à l’administration en cas d’urgence.
Aux dernières nouvelles, l’officier de gendarmerie indexé est arrivé à Labé.
Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
Tel : (+224) 664 93 45 45
Créé le 21 novembre 2025 20:00Nous vous proposons aussi
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