Cinq ans de prison requis contre Aliou Bah : « Nous sommes très déçus », réagit la défense

CONAKRY-La défense du leader politique Aliou Bah a plaidé cet après-midi la relaxe de son client, jugé en appel pour offense et diffamation contre le Chef de l’Etat. Maître Almamy Samory Traoré qui a ouvert le bal des plaidoiries a demandé à la Cour d’infirmer le jugement rendu en première instance par le tribunal de Kaloum. Réagissant aux réquisitions du ministère public qui demande une peine de cinq ans, l’avocat a exprimé son étonnement et sa déception.

« Nous sommes très surpris, très déçus des réquisitions du parquet général. Nous avions estimé qu’en faisant lui-même appel et en demandant l’aggravation de la peine de M. Aliou Bah, qu’il se serait accroché des faits et des dispositions de la loi », a martelé l’avocat.

Maître Almamy Samory Traoré

Selon Me Traoré, dans tout son argumentaire, le procureur a essayé de développer sur le fait que M. Mamadou Aliou Bah devrait être condamné à cinq ans d’emprisonnement parce qu’il estime que lorsque plusieurs infractions ont été commises (cumul réel d’infractions), la peine qui concerne l’infraction la plus grave devrait s’appliquer.

« Pour lui, la loi spéciale devrait déroger à la loi générale. Sauf que cet argumentaire est tiré par les cheveux parce que les dispositions du Code pénal sont très claires : Une loi spéciale ne s’applique en présence d’une loi générale que lorsque les dispositions de la loi spéciale sont plus favorables à la personne poursuivie (…). Et dans ce cas précis, la loi de 2015 dont il demande l’application, qui prévoit une peine d’emprisonnement de cinq ans, ne peut pas s’appliquer devant le Code pénal, même si les faits étaient constitués », a soutenu le conseil d’Aliou Bah.

Maître Almamy Samory Traoré affirme que son client qui a plaidé « non coupable » n’a jamais tenu un propos qu’on pourrait qualifier de diffamatoire, ou d’outrageant à l’endroit du chef de l’État. « Il ne lui a jamais manqué de respect, il n’a jamais mentionné le nom du chef de l’État », a-t-il martelé, espérant que le juge d’appel plus expérimenté et qui maîtrise plus les textes dira le droit.

« Nous avons demandé aux juges de faire en sorte que leurs décisions n’enterrent pas la liberté d’expression. Que leurs décisions n’empêchent plus les leaders politiques de prendre position. Nous nous acheminons vers une campagne électorale, que ce soit référendaire ou présidentielle ou législative. Les leaders politiques qui sont en compétition avec ceux d’en face seront obligés de critiquer l’action gouvernementale…on a demandé aux juges de faire en sorte que leur décision protège la liberté », a-t-il lancé.

Les plaidoiries se poursuivront demain mercredi 23 avril.

A suivre !

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 22 avril 2025 18:29

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