Camp Koundara : « On nous demandait d’aboyer…et de chanter les louanges de Dadis »

CONAKRY-Mamadou Aliou Diallo a séjourné au Camp Koundara, rebaptisé camp Joseph Makambo suite à l’incident tragique survenu le 03 décembre 2009 entre Dadis Camara et son ex aide de Camp Toumba Diakité.

Ce marchand de profession qui était à la barre du tribunal criminel de Dixinn ce mercredi 11 octobre 2023,a témoigné les scènes d’horreur qu’il a vécu dans ce camp militaire suite au massacre du 28 septembre 2009. Avec ses compagnons d’infortunes, il dit avoir été victime de torture. Leurs bourreaux avaient plusieurs manières pour les faire souffrir. Il témoigne que leurs geôliers leur demandaient d’aboyer comme des chiens.

« Quand les incidents ont commencé, j’ai décidé de sortir du stade mais toutes les issues étaient bloquées. Après avoir tenté plusieurs issues, je me suis dirigé vers le stade annexe. En partant, j’ai aperçu une femme qui se tordait de douleur au sol. Elle a demandé mon assistance mais je ne pouvais pas puisque j’étais en train de me sauver la vie.  A la sortie, il y avait une bousculade sans précédent mais j’ai réussi à m’en sortir.  À l’extérieur du stade, c’est là où un policier m’a interpelé et m’a demandé d’ôter mon maillot de corps. Quelques minutes après, des véhicules remplis de militaires sont venus nous embarquer. On a été directement conduit au Camp« , a-t-il déclaré.

Mamadou Aliou Diallo

La victime déclare que les scènes de torture se produisaient sur le goudron tous les jours dans les environs de 15 heures au camp Koundara, géré à l’époque par Begré, mort de torture au camp Alpha Yaya Diallo.

« Arrivée au camp Koundara, on nous a conduit au troisième étage.  On avait un ami qui était attaché, il pleurait. Il voulait que je le détache mais je n’osais pas. Vers 19h, Sergent Paul est venu avec une femme qui a eu pitié de nous, elle a plaidé en notre faveur. On est resté comme ça.

Le lendemain à 14 heures, il y a un militaire qui est venu nous appeler pour aller prendre le café. Je me suis dit Dieu merci nous allons manger enfin.  C’était pire. Quand on est descendu, on a trouvé des fusils placés à côté. Les militaires nous ont demandé de nous allonger sur le goudron.  Sur place, chacun a reçu 50 coups sur le dos. Ensuite on nous a déshabillé avant de nous demander de ramper. En ce moment, Bégré était à l’étage, il observait la scène. Ensuite, ils m’ont dit d’aboyer comme des chiens et de chanter les louanges de Dadis » a-t-il déclaré

Mamadou Aliou Diallo dit avoir été libéré un dimanche suite à l’intervention d’un policier auquel ses parents ont versé une somme de 2 millions 500 mille francs guinéens.

Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 11 octobre 2023 17:58

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