Boutiques pillées, maisons saccagées : Violents affrontements entre factions rivales à Gongoré…Pita
PITA- Le pire a été évité de justesse à Gongoré et à Maci suite à une bagarre rangée entre des groupes de jeunes dominés par les jeux de hasard au marché de Gongoré. Ces affrontements ont failli opposer des villages entiers relevant des deux localités. Plusieurs boutiques ont été attaquées puis pillées, des maisons saccagées.
Selon des sources locales interrogées par Africaguinee.com, tout est parti de l’hypothèque d’une moto lors d’un jeu de hasard. Il a fallu l’intervention des forces de sécurité pour éviter l’embrasement total. A cause des violences qui ont éclaté ces derniers jours, une peur s’est emparée des populations. (Image d’illustration).
De nombreux citoyens ne se sont pas rendus ce jeudi 7 novembre 2024 au marché de Gongoré. Certains belligérants ont été interpellés, d’autres leaders de factions en cavale restent introuvables. Ils sont donc activement recherchés. Selon des agents de sécurité, interrogés par téléphone, ce sont des jeunes originaires de Maci et de Gongore, établis à Conakry de retour aux villages qui ont formé ces clans rivaux qui s’affrontent.
« Nous avons vécu des jours difficiles à cause d’une moto (…). Finalement, une psychose s’est emparée de tous. Des jeunes se sont affrontés au nom de Gongore et Maci. Les dégâts sont énormes à Gongoré centre. Certains ont profité de la situation pour se livrer à du n’importe quoi. Ce n’est pas la seule incompréhension autour de la moto qui a donné lieu à toutes les violences enregistrées. Plutôt les gens en ont profité pour faire ce qu’ils voulaient ; des actes qu’ils ne pouvaient faire en temps normal. A Thiehel et Kollakoye ils ont endommagé une maison, toutes vitres brisées. Au marché de Gongoré, ils se sont attaqués au commerce. A Djindji dans la sous-préfecture de Gongoré, les uns se réclament de Pita, d’autres de Dalaba mais tout le monde est là ensemble. Pour prévenir les violences, toutes les localités ont été informées que le marché de Gongoré ne devrait pas avoir lieu ce jeudi. Heureusement pour nous, la sécurité a fait son travail sinon on aurait vécu le pire » explique Mariama Ciré Sow ; activiste de la société civile de Gongoré qui plaide pour la paix.
Un officier de sécurité en service à Pita qui a pris part au maintien d’ordre à Gongoré confie que la situation a failli basculer dans une bataille de classes sociales et entre villages sur la base de simples rumeurs. Le bilan fait état de plus de 30 boutiques pillées, des maisons vandalisées. Il confie qu’il y a eu quelques interpellations :
« C’est un problème isolé entre des jeunes incontrôlés originaires de ces villages installés à Conakry qui reviennent perturber le calme dans les zones de Gongoré et Maci. Depuis un moment des jeunes obsédés par les jeux de hasard sont venus créer une base derrière le terrain de Gongoré près du marché. Ils déposent des millions pour parier. Quand l’argent fini avec certains, ils mettent leurs motos en hypothèque contre de l’argent afin de continuer le pari. Mais ce sont des jeunes de Maci et de Pita qui se retrouvent pour se livrer à ces jeux. Il faut préciser encore que ce ne sont pas les jeunes qui vivent au village mais les auteurs des troubles viennent de Conakry.
Qu’est-ce qui a déclenché le problème ? Un jeune conducteur de moto taxi de Maci de par sa mère et de Gongoré de par son père a hypothéqué sa moto contre une somme d’argent, il est revenu plaidé son créancier. Celui-ci lui a rendu la moto avec une promesse de venir rembourser l’argent après. Il part sans jamais revenir. Quelques jours après, il donne sa moto à un autre conducteur pour faire le transport, ce dernier va dans la zone de Gongoré déposer un passager, le créancier et ses amis reconnaissent la moto et la saisissent. C’est resté ainsi. D’extrapolation en en extrapolation ; les rumeurs de vol de moto circulent à la place d’une saisie pour dette non payée. Au même moment, un camion benne vient déverser du sable à Gongore, un homme qui se fait appeler Russie prend un fusil de calibre 12 pour tirer sur le camion. Il brise la vitre pour rien et sans raison, du coup c’est l’embrasement de part et d’autre, ces enfants incontrôlés s’attaquent aux boutiques et vandalisent tout avec des accusations mutuelles.
Une trentaine de boutiques pillées, des habitations saccagées. Ils ont voulu accuser des villages de Maci pour justifier la provocation mais au fond ce sont les enfants qui se réunissent derrière le marché qui sont responsables de tout. Ils ont failli envoyer l’affaire en bataille rangée entre villages et de classes sociales. Ce qui n’était pas le cas. C’est juste des bandits réunis pour semer le trouble et causer des préjudices à des paisibles citoyens. Nous avons pu arrêter certains mais les vrais fauteurs de trouble sont en cavale pour le moment. La BAC (Brigade anti criminalité) de Labé, la CMIS (compagnie mobile d’intervention et de sécurité) de Mamou, la PSIG de Dalaba, tous sont venus pour contenir les mouvements. Les sociétés civiles de Maci et Gongoré se sont retrouvées. Les vrais leaders sont en fuite, les populations locales refusent de coopérer pour leur interpellation, car ce sont leurs enfants. Les interpellations sont moindres par rapport aux dégâts causés. Ceux qui ont commis ces actes de vandalisme et de violence sont activement recherchés », explique cet officier de gendarmerie en service à Pita
Des membres de la société civile des deux sous-préfectures (Gongoré et Maci) et des délégations venues de Conakry ont entamé des négociations ce jeudi 7 novembre pour ramener le calme et prévenir la violence juvénile dans cette zone.
Alpha Ousmane Bah
Pour africaguinee.com
Tel : (+224) 664 93 45 45
Créé le 8 novembre 2024 10:37Nous vous proposons aussi
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