Bourse du travail : un congrès vire au clash, la police évacue la salle
CONAKRY – Un rassemblement d’un groupe de syndicalistes a été brusquement interrompu ce mercredi 25 février 2026 à la Bourse du travail. Selon nos informations, il s’agissait de membres de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE), qui auraient été empêchés d’organiser un mini-congrès. (Image d’archive).
Un congrès “illégal”
Selon Salifou Camara, membre de la FSPE exclu de l’organisation, il s’agissait d’un congrès illégal organisé par un groupe au sein de sa structure, avec le soutien de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG).
« C’est un groupe qui voulait organiser un congrès illégal. Avec la manipulation, ils voulaient tenir ce congrès sans convoquer les électeurs éligibles. Ils ont envoyé des représentants fantômes pour remplacer les autres, alors que ma suspension était terminée depuis longtemps. Nous leur avons écrit plusieurs fois pour leur rappeler que la CNTG ne peut pas sanctionner un membre de la FSPE en l’excluant, mais ils ne comprennent pas. Finalement, la base a pris sa décision, et la voix de la base est sacrée. Ils ont donc décidé de venir défendre leurs droits eux-mêmes car ils ne peuvent pas accepter que des tiers parlent à leur place alors qu’ils sont légalement élus pour cinq ans », a expliqué Salifou Camara, joint par Africaguinee.com.

Selon lui, ce mini-congrès était organisé par la CNTG avec certains membres de la FSPE. Pour preuve, selon lui, les prétendants aux postes étaient la trésorière et le secrétaire général adjoint par intérim.
« Ils ont voulu organiser ce congrès malgré la violation des textes et malgré nos alertes répétées à toutes les fédérations et à la CNTG. Selon nos règles, une sanction doit venir de la base, pas d’une décision imposée d’en haut. Ce mini-congrès n’était donc pas reconnu par nos textes et même ceux qui avaient le droit de voter n’ont pas été informés. Certains secrétaires ont été remplacés par des personnes venues de nulle part. C’est pourquoi la base n’a pas accepté de cautionner cette injustice », a-t-il ajouté.
Une intervention pacifique
Salifou Camara affirme qu’il n’y a pas eu d’affrontements entre les protagonistes et que l’intervention de la police a été pacifique. « Nous sommes des enseignants, il n’y a pas eu de violence. La police est intervenue pour évacuer tout le monde de la salle afin d’assurer la paix et la quiétude », a-t-il déclaré.

Versions et contestations
Nous avons tenté en vain d’obtenir la version du camp du syndicaliste Algassimou Barry, secrétaire adjoint par intérim de la FSPE. De même que celle de la CNTG.
Faut-il rappeler qu’en mars 2025, le bureau confédéral de la CNTG, à l’unanimité, avait exclu Salifou Camara de toutes les instances de la confédération, sanction contestée par l’intéressé.
En janvier 2026, lors de la reprise des négociations entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation, l’ancien secrétaire général de la FSPE, après avoir purgé une peine avec sursis suite à une altercation, avait recommencé à marquer sa présence à côté de ses camarades. Malgré tout, Algassimou Barry est resté le représentant de la FSPE lors des pourparlers ayant abouti à un accord sur les revendications syndicales.
Nous y reviendrons.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com









