Bouba Sampil : « Nos erreurs du passé nous ont rattrapés… »

CONAKRY- Plus d’un an après son élection, l’équipe dirigeante actuelle du football guinéen est confrontée à une série de crises. Cette situation affecte le bon fonctionnement de la Fédération Guinéenne de Football, comme l’a admis Aboubacar Dinah Sampil, qui répondait aux questions d’un groupe de journalistes locaux, ce samedi 5 avril 2025.

Pour le président de la Fédération Guinéenne de Football (Feguifoot), le projet auquel son équipe a succédé a montré ses limites. « Nous avons hérité d’un projet qui existait déjà. Nous avons réalisé de bonnes performances, notamment lors de la CAN 2023. Nous avons participé aux Jeux Olympiques, mais à un moment donné, j’ai fait mon propre constat et suis arrivé à la conclusion que ce projet avait atteint ses limites », a déclaré Bouba Sampil.

Aujourd’hui, pour relancer le football, il faut, selon lui, être honnête avec soi-même et repartir sur de nouvelles bases. « C’est extrêmement difficile de le dire, mais il faut un nouveau projet. Si nous n’avons pas un nouveau projet, nous aurons du mal à avancer. Nous avons des problèmes d’infrastructures que nous sommes en train de résoudre avec le ministre. Par exemple, lorsqu’un tirage au sort a lieu, en théorie, vous êtes quatre équipes, et on estime qu’on doit avoir trois matchs à domicile. On multiplie cela par trois points, en pensant que cela pourrait nous garantir la victoire. Lors de notre dernière qualification, il a fallu que l’on joue un match contre le Malawi ici pour nous qualifier. Nos erreurs du passé nous ont rattrapés, et il faut que tout le monde l’accepte », a avoué le premier dirigeant de la FGF.

L’équipe dirigeante actuelle a été installée en janvier 2024, après une période transitoire gérée par le comité de normalisation. Selon le président de la Feguifoot, ce sont les erreurs du passé qui sont en train de produire leurs conséquences sur le football guinéen.

« Nous avons commis des erreurs et nous attendons des résultats. Mais ces résultats ne peuvent pas venir si nous ne nous asseyons pas pour repartir sur une nouvelle base. Cette nouvelle base, c’est un nouveau projet. Et ce nouveau projet, comment va-t-il se mettre en place ? Aujourd’hui, nous devons commencer par KPC, qui a fait un travail extraordinaire, financé sur ses fonds propres. Il a réalisé des infrastructures à Labé, Kindia et Coléyah. Sans cela, le championnat ne pourrait même pas se jouer », a-t-il admis.

Pour faire face à l’urgence, Bouba Sampil annonce les démarches qu’il compte entreprendre : « Je vais rencontrer le général Mathurin Bangoura pour discuter du football et connaître son point de vue sur les problèmes que nous rencontrons. Je vais également voir Antonio Souaré, et je m’assurerai d’être accompagné par le ministre, qui est un soutien inestimable pour le football guinéen. Ce ministre, que j’appelle l’intrépide, Bogola Haba, joue un rôle crucial dans cette dynamique. Il faut que nous fassions avancer les choses. Il est essentiel que je me rapproche des membres, que je parle avec les ligues techniques, et que je discute avec les clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Nous devons faire un point et revenir au Comex (comité exécutif) pour commencer à établir une projection. Si cette projection est bien menée et si nous travaillons tous ensemble, sans divisions comme par le passé, sans querelles entre clubs, sans journalistes prenant parti pour certains joueurs ou pour d’autres, nous pourrons nous en sortir. Mais si nous partons divisés, ce que nous faisons aujourd’hui, ce sera une erreur fatale », a-t-il fait savoir.

Les changements sont quelquefois douloureux, mais il faut le faire, a-t-il enchaîné. « Nous sommes engagés à aller en profondeur dans les formations et les formateurs à mener des ateliers pour pouvoir former davantage d’autres techniciens. Je me dis que cette refondation est en marche. Et cette refondation est en marche, on continue le développement ».

Un climat délétère règne depuis quelques temps au sein du comité exécutif de la Fédération guinéenne de football. Les divergences entre les membres formant le noyau central de l’instance dirigeante du football guinéen semblent atteindre un niveau inquiétant.

Cette crise est née des dénonciations faites par certains membres du Comex, qui accusent le président de la Fédération de violations des textes réglementaires. Mais pour le président de l’instance dirigeante du football guinéen, le problème réside plutôt dans l’interprétation des textes. Il souligne qu’il s’agit avant tout d’incompréhensions.

Je pense qu’on a hérité de cette situation… On a expérimenté pour la première fois le vote par liste, et l’incompréhension persiste à ce sujet. Je vais vous expliquer. L’organisation de la FIFA fonctionne ainsi : elle distingue plusieurs types d’organes. Il y a les organes stratégiques, l’organe de supervision, l’organe exécutif, l’organe administratif et l’organe opérationnel. La FIFA commence par mettre en place ce qu’on appelle le Conseil de la FIFA, qui est l’équivalent de notre comité exécutif. Et on nous demande de nous conformer aux statuts de la FIFA. Mais cela n’est pas toujours très clair dans les textes qui nous régissent actuellement.

Alors, que se passe-t-il ? Il arrive qu’un membre pense, à tort, qu’une nomination d’un employé doit obligatoirement passer par le Comex. Ce n’est pas le cas. Selon le type de nomination, le secrétaire général peut nommer un employé de son propre chef, car il en a plein pouvoir. Ce sont ces divergences d’interprétation qui créent des tensions. Mais ces divergences ne peuvent pas durer éternellement, car nous en discutons. C’est parfois difficile, je le reconnais. Mais je crois que la FIFA finira par nous aider à clarifier certains aspects des statuts”, a expliqué Aboubacar Dinah Sampil, qui était face à la presse ce samedi 5 avril 2025.

Le président de la Fédération guinéenne de football rassure qu’il n’a rien contre personne. “Nous ne sommes contre personne. Nous voulons simplement que les statuts soient bien compris, qu’ils soient expliqués de manière claire, pour que chacun puisse se les approprier. Mais ce n’est pas facile, surtout quand on passe d’un système de vote individuel à un système de vote par liste. Toutes ces querelles viennent de là. Mais avec un peu d’intelligence, on finira par s’entendre, car on comprendra que même une petite expérience peut être utile. Je pense que ce ne sont que des querelles normales, comme dans une famille. Même dans une famille, il y a des tensions de temps en temps”, a-t-il déclaré.

Nous y reviendrons !

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 6 avril 2025 17:58

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