Bogola Haba favorable à la démission du Gouvernement: « Par élégance républicaine il faut… »

CONAKRY- Alors que l’investiture du Président Mamadi Doumbouya marque la fin officielle de la transition guinéenne, l’avenir du gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah est sur toutes les lèvres. Dans ce contexte d’incertitude politique, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Keamou Bogola Haba, affiche une sérénité déconcertante. Loin de craindre un éventuel remaniement, il plaide pour « l’élégance républicaine », estimant que le Chef de l’État doit avoir les mains libres pour composer sa nouvelle équipe à l’aube de ce septennat. Entre devoir de mémoire sur son combat politique et satisfaction du travail accompli, il livre ses vérités.

AFRICAGUINEE.COM : Selon nos informations, la démission du gouvernement Bah Oury est imminente. Le ministre des Sports a-t-il peur d’être remercié si cela intervenait ?

KEAMOU BOGOLO HABA : D’abord, je suis aujourd’hui l’homme le plus heureux au sein de ce gouvernement. Je parle en mon nom propre, sans comparaison avec les autres. Et cela s’explique. Rappelez-vous le 14 juillet 2021. J’avais été emprisonné pour avoir publiquement affirmé que la solution aux problèmes de la Guinée passerait par les Forces de défense et de sécurité. Nous avions appelé l’armée à prendre ses responsabilités, car il devenait difficile de prévoir l’avenir du pays sous le RPG Arc-en-ciel et l’ANAD.

Le 14 juillet, lorsque l’ANAD s’est réunie à Kobaya, on attendait des leaders politiques qu’ils reconnaissent leur incapacité à faire face aux défis du moment. Pour ma part, j’ai assumé cette position devant les juges. Je l’ai dit parce que j’y croyais.

Je pensais alors que ni l’ANAD, ni le RPG Arc-en-ciel, ni la classe politique n’étaient en mesure de répondre aux défis du pays. Il fallait un arbitre, et le seul qui ne soit pas international, c’étaient nos Forces de défense et de sécurité. J’ai passé plus de 52 jours en prison pour cette position.

Les faits m’ont donné raison. Dès lors, j’ai soutenu l’intervention des militaires. C’était un choix important et risqué. Si, au terme des quatre années de transition, cela s’était soldé par un échec, j’aurais peut-être quitté la Guinée, convaincu d’avoir fait un mauvais choix.

Aujourd’hui, je suis heureux parce que non seulement j’ai soutenu cette transition, mais j’ai aussi soutenu l’homme qui l’a incarnée. Dieu a permis que cette transition s’achève par une investiture dans un stade de football, avec un président jouissant d’un fort capital de popularité et un bilan globalement apprécié par les Guinéens.

Autre raison de mon bonheur : j’ai eu l’honneur de participer au troisième gouvernement de cette transition. Je n’avais pas pris part au gouvernement de Mohamed Béavogui ni à celui de Bernard Goumou. En mars 2024, Dieu a voulu que je rejoigne le gouvernement d’Amadou Oury Bah. Je remercie le Président de la République et le Premier ministre pour la confiance placée en moi.

J’ai travaillé avec rigueur, notamment en direction de la jeunesse et du sport, sans rechercher la popularité. J’ai été exigeant dans mes choix, parfois dur, mais toujours responsable. Aujourd’hui, nous sommes satisfaits du travail accompli.

Nous savions tous que la transition allait prendre fin. Et lorsqu’une transition s’achève, l’élégance politique veut que l’on laisse au président la liberté de choisir son équipe pour un mandat de sept ans. Ce n’est plus une transition, mais un mandat constitutionnel, avec un programme clair axé sur l’indépendance économique.

Il y a désormais une Constitution à respecter. Les défis seront plus nombreux. Une transition est une période d’exception ; désormais, nous entrons dans une phase régie par les règles constitutionnelles. Le président doit donc avoir les mains libres pour faire des choix adaptés à ces nouveaux défis.

Même si la loi ne l’impose pas explicitement, l’élégance républicaine commande que le gouvernement permette au chef de l’État d’agir librement. Il ne doit pas être encombré par une équipe dont la mission était liée exclusivement à la transition.

Je profite donc de cette occasion pour remercier le Président de la République, le Premier ministre, les membres du gouvernement, ma famille et la presse pour leur accompagnement durant ces années de lutte afin que cette transition soit la dernière.

Nous estimons que la transition a abouti au meilleur résultat possible. Si nous avons la chance de continuer, ce sera un bonus. Mais l’essentiel, l’objectif pour lequel je suis rentré en Guinée et pour lequel je me suis battu, a été atteint le jour où le Président a prêté serment. Je remercie Dieu d’avoir permis que cela se termine dans un stade de football, fruit de nos efforts.

Quel message adressez-vous à ceux qui estimeraient que vous n’avez pas assez fait pour mériter une reconduction ?

Ceux qui nous critiquent comme ceux qui nous soutiennent ont chacun leur part de vérité. Pour les sept prochaines années, tout est désormais entre les mains du Président Mamadi Doumbouya. Nous souhaitons la bienvenue à ceux qui formeront le nouveau gouvernement et leur apportons notre soutien.

Nous y reviendrons!

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 20 janvier 2026 20:05

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